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4 juillet 2010 7 04 /07 /juillet /2010 14:56

   

  obj1

 

   

Que diriez vous de quelques petits jeux cet été ?

 

L'idée m'en est venue en feuilletant (encore et encore ) mes vieux magazines des années 1870-1880

 

Je suis toujours admirative devant les objets que ces dames confectionnaient elles mêmes à la fin du XIXème siècle.

 

Il s'gissait toujours de joindre l'utile à l'agréable, de favbriquer et de décorer les objets du quotidien.

 

Certains sont complètement oubliés, mais d'autres servent encore aujourd'hui, et parfois nous les fabriquons toujours nous mêmes.

 

Alors voilà, je vous propose deux objets

 à vous de deviner ce que c'est

 

 

Le premier, tout en hauteur que vous voyez en haut de ce billet, mesure environ 4 cm de large sur 8 à 10 cm de hauteur.

Il est recouvert de taffetas brun brodé au point russe avec de la soie brune de nuance claire.

Il s'ouvre en étoile, mais je ne peux pas mettre l'image de l'objet ouvert pour l'instant, son utilisation en serait trop évidente

 

Après l'objet tout long, voici l'objet tout rond (ou presque).

Sa taille n'est pas précisée dans la revue, mais je suppose qu'il fait environ 15cm. 

Comme vous le voyez, le dessus est tricoté ...  en laine rose précise l'article.

 

obj2 p200

 

 

Ce sont deux objets sont tout à fait courants encore aujourd'hui (sous d'autres formes ... mais ils servent).

 

J'espère que ce petit jeu vous amusera

 

Et comme d'habitude avec moi ... y a rien à gagner

 

 

Mercredi 7 juillet 2010  

la réponse est juste après cette petite fille

de 1870 en "tenue de gymnastique" 

 

costume de gymnastique p200 

 

 

 

Et bien vous n'avez pas manqué d'imagination .... ni d'humour

Bravo à tous ceux et celles qui se sont lancés

 

 

Pour le premier objet mystère,

beaucoup d'entre vous avaient effectivement deviné qu'il s'agissait

 

d'un porte-aiguilles

 

 

obj1_2

 

 La Mode illustrée du 8 mai 1870 explique en détail sa fabrication.

 

Je vous résume : un socle formé de 3 cartons de tailles légèrement différentes pour obtenir l'arrondi, et collés les uns aux autres.

Puis 5 branches decarton coupées en pointe et qui seront reliées au socle par un système d'élastiques.

Je vous ai déjà parlé de la décoration extérieure. A l'intérieur de chaque branche on fixe une pelote (garnie de ouate) sur laquelle on aura brodé le numéro des aiguilles

(j'adooooore ce détail  ),

 

On fixe aussi au centre une grosse pelote ronde pour les épingles, avec un trou en son centre pour le mat.

Ce dernier est en bois, on fixe une boule en haut et on recouvre le tout de taffetas brun, puis on orne d'une soutache d'argent.

Enfin, sur une branche, on attache un petite anneau recouvert de soie brune, destiné à maintenir l'étoile fermée.

 

 

 

 

Le deuxième objet mystère

 est ...  tout simplement

 

une éponge !!!!!!

 

 

La même revue explique que cette éponge servira

pour les "bains destinés aux enfants".

 

Elles se compose d'un coussin rond bombé fait avec des bouts de laines de toutes sortes défilés.

On recouvre ce coussin d'une enveloppe tricotée à l'endroit de laine rose, sur laquelle on place une seconde enveloppe pareille faite avec de la laine blanche .

Les deux enveloppes sont assemblées par des mailles simples au crochet, suivies d'un petit picot rose toujours au crochet.

 

Mazette !!!  on fabriquait ses éponges !!!

  

 

Pourquoi ? 

les vraies éponges naturelles sont utilisées depuis très longtemps et devaient être connues.

 Trop chères ?  

Pourquoi leur préférer cette éponge tricotée et bourrée de bouts de laines qui risquait d'être un peu rèche,

et qui devait très mal sécher ?

 

 

 

Et puisqu'on faisait ses éponges, on faisait aussi ses

 

 gants de toilette !!!

 

Gant p200

 

Voici donc un "gant pour savonner", fait d'un carré de flanelle blanche double de 20 cm, arrondi sur les côtés, festonné en laine rouge sur les bords et brodé au point russe.

On fait une boutonnière sur un angle et on pose un bouton sur l'angle opposé.

 

L'usage devait en être nouveau car la revue (10 avril 1870) trouve utile de préciser qu'il faut

 

"fermer le bouton par dessus la main quand celle-ci veut savonner;

on frotte le savon sur la flanelle avant d'employer celle-ci"

 

 

ben vi .... c'est mieux quand c'est dit .... on se pose moins de questions

 

 

 

 

 

  Si ça vous plait, j'ai cherché (et trouvé ) plein d'autres jolis objets mystères que je vous proposerai de deviner cet été.

 

 

 guirlande_fleur.gif

 

 

 

Et enfin, un grand grand grand merci pour tous ces petits mots gentils que vous m'avez laissés pendant cette pause.

Même si je n'ai pas répondu à chacune, cela m'a beaucoup touché.

 

Avec ces petits jeux d'été, je vais essayer de reprendre mes marques sur ce blog oublié .

Je compte bien aussi refaire de "vrais" articles, mais en essayant de garder un rythme plus raisonnable pour moi

 

Papillon et moi même vous souhaitons un Bon été 2010

 

 

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18 avril 2010 7 18 /04 /avril /2010 11:05

 

 

 guirlande_fleur.gif

 

 

 

 

Je suis désolée, mais je mets ce blog en pause

pendant quelques temps

 

A bientôt j'espère

 

 

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11 avril 2010 7 11 /04 /avril /2010 16:00

  Sophie Dorothea femme de Georges I p300

 

 

  

S'il est une histoire que j'ai toujours trouvée touchante, c'est celle de l'Angleterre avec la dentelle.

 

L'Angleterre a aimé la dentelle à la folie

 

passionnément

 

et pourtant, ils n'ont jamais eu d'enfant à la hauteur de cet amour.

 

 

Elle a admiré et acheté sans compter les dentelles du continent, les majestueuses dentelles à l'aiguille italiennes et les douces dentelles flamandes.

 

Mais la qualité des productions de dentelles anglaises n'a pas réussi à égaler celle de ces productions étrangères et surtout l'Angleterre n'a jamais réussi à créer SA dentelle comme les autres pays, une dentelle aussi prestigieuse que le Point de Venise, le Point de France ou les dentelles de Bruxelles.

Cet échec n'est pas dû au travail des dentellières, mais bien au manque total d'inspiration des dessinateurs anglais (à quelques rares exceptions près).

 

 

 

Et cependant, l'Angleterre a donné son nom à une magnifique dentelle : le Point d'Angleterre

 mais il s'agissait en fait d'une dentelle belge, ainsi nommée à cause de son succès auprès des anglais.

 

 

Tout avait été fait cependant pour promouvoir la production locale et empêcher l'importation des dentelles étrangères.

 Avant 1700 déjà, les mesures protectionnistes s'étaient succédées mais sans aucun succès.

 

 charlesII p200

 

 

Il faut dire que les plus hautes instances ne donnaient pas l'exemple.

 

Ainsi Charles II fut-il un des premiers à interdire par décret l'importation des dentelles

...

mais il prit la précaution juste avant  de demander à son tailleur de faire venir tout le métrage nécessaire pour lui bien sûr, mais aussi pour son épouse, sa maman, son frère ... bref, pour toute la famille.

 

Si le roi lui même se moque de son édit comme de sa première chemise, pourquoi la noblesse n'en ferait-elle pas autant ?

 

Et effectivement, la cour n'imaginait pas porter autre chose que des dentelles belges, italiennes ou françaises

 

alors on continua d'importer, mais clandestinement, des mètres et des mètres de dentelles.

 

 

 

 

   

C'est ainsi que l'industrie de la dentelle donna du travail à un nouveau corps de métier, très bien rémunéré, même s'il présentait c'est vrai quelques risques :

 

les contrebandiers

 

 

Ils inventaient mille ruses.

Tout était bon pour cacher la dentelle qui traversait la Manche : les caisses à double fond bien sûr, mais aussi des bouteilles, des livres, des pains, etc

Afin qu'ils ne prennent pas froid sur le bateau, sage précaution, les bébés qui voyageaient vers l'Angleterre étaient chaudement emmaillotés .... dans de nombreuses couches de dentelles superposées

 

Les contrebandiers n'étaient pas les seuls à profiter de ce commerce très lucratif.

Ainsi Mme Burry Palisser  (1) raconte que "tous les journaux fourmillaient de relations de saisies faites par les douanes. Tout le monde faisait de la contrebande. Un gentilhomme attaché à l'ambassade d'Espagne est débarrassé à son arrivée à Londres de 36 douzaines de chemises ornées de jabots et de manchettes en dentelle de Dresde, et d'une quantité de pièces de dentelles"

 

 

Charlotte Sophie p350

 

 

Les agents des douanes fouillaient les ports, les navires. Ils faisaient des descentes chez les marchands pour vérifier l'origine des dentelles, et s'il s'avérait qu'elles provenaient de la contrebande, elles étaient brûlées.

 

 

Mme Burry Palisser relate aussi que Georges III exigea que la cour porte uniquement des dentelles anglaises à l'occasion du mariage de sa soeur avec le duc de Brunswick.

 

Et comme la noblesse n'en fit qu'à sa tête,  3 jours avant le mariage, le roi fit enlever toutes les dentelles étrangères. Les magasins furent littéralement vidés, et les douaniers guettaient les belles dames pendant leurs promenades pour leur enlever toute la dentelle qu'elles portaient.

 

Et si l'on regarde le portrait de l'épouse de Georges III à droite,  on voit que les dames de l'époque était bel et bien couvertes de dentelles.

 

 

 

 

 

 

 

 

Mais la technique de contrebande la plus célèbre fut

l'utilisation des cercueils !

 

Ainsi, quand un sujet britannique mourrait sur le continent, on en profitait pour bourrer de dentelles la place libre laissée dans le cercueil qui le ramenait sur son île natale.

Ce fut le cas du cercueil de l'évêque Atterbury qui contenait pour 6000 livres de Point de France.

La technique se révéla si lucrative qu'on en vint même à ne plus ramener le corps qui , à l'évidence, prenait trop de place au détriment des ballots de dentelle.

 

 Georges II p200

 

    Ce fut donc une joyeuse pagaille pendant de nombreuses années, d'autant que les périodes de protectionnisme alternaient avec des périodes pendant lesquelles on autorisait à nouveau les importations, la production locale se révélant insuffisante.

 

C'est bien Venise, la France et Bruxelles qui régnaient sur l'Angleterre !

   

Ainsi, Georges II

(c'est aussi le petit garçon que l'on voit avec sa maman en début d'article)

n'hésite-t-il pas à poser avec un magnifique rabat en gros point de Venise.

 

 

 

 

 

En 1806, c'est Napoléon qui donnera un petit coup de main (involontaire) à l'industrie dentellière britannique, avec un décret qui interdisait tout commerce avec l'Angleterre.

 

C'est à cette même époque, XIXe début XXeque l'on vit se détacher du lot les noms connus de la dentelle anglaise : la Bucks (encore que ...), la Bedforshire ou la Honiton par exemple.

 

 

Mais c'était trop tard

la dentelle mécanique était déjà là.

 

Elle était même là depuis longtemps puisque l'Angleterre fut le berceau de la mécanique.

 

Et oui,  les contrebandiers ne manquaient pas de travail, car en même temps qu'ils ramenaient en Angleterre les dentelles main .... ils rentabilisaient le voyage retour en faisant passer en France les métiers à dentelle mécaniques.

 

 

Une dernière petite photo pour vous montrer que la noblesse anglaise n'a pas changé.

 

Quand la queen veut se mettre sur son 31, vous remarquerez qu'elle porte encore une robe de dentelle, même s'il s'agit ici de dentelle mécanique

 

.... il faut bien vivre avec son temps

 

 queenelizabethii p200

 

 

 

Je profite de ce petit billet pour prendre officiellement la défense de la Queen anglaise.

si si , j'y tiens

 

Dès qu'on la voit, on se fait un devoir de pouffer devant ses tenues.

Et bien je me souviens, lors du congrès OIDFA en Angleterre il y a quelques années, avoir visité une expo sur les robes de la reine.

Je suis entrée dans la salle le front altier et l'air moqueur , comme il se doit ...

 

 et bien .... pan sur mon bec ..... 

elles étaient magnifiques ces robes !

 

Certes, certaines étaient d'une couleur un peu kitsh, mais ce n'était pas du tout la majorité.

Alors bien sûr, cette pauvre reine n'a pas  (comme moi )   la silhouette de Claudia Shiffer,

et surtout les petites photos dans les magasines ne permettent pas de voir les détails, la coupe, les broderies, les perles, etc.

on pense qu'elle est mal fagotée, mais croyez moi .... elle sait se faire plaisir avec ses robes ! 

 

 

 

L'Angleterre n'avait pas le monopole de la contrebande de dentelle, souvenez vous de la technique des chiens entre la France et la Belgique, ici

 guirlande_fleur.gif

 

Comme d'hab',  la liste des acteurs dans l'ordre de leur apparition à l'écran :

 

Sophie Dorothée, épouse de Georges 1er . Portrait attribué à  Jacques Vaillant vers 1691 Bomann-Museum Celle

Charles II par Wright. 1660. Collection de la famille royale britannique. C'est un roi cherà mon coeur puisqu'il donnera son nom au Cavalier King Charles .... et que, avant papillon, c'est une petite rouquine de cette race qui protégeait mes dentelles.

La reine Sophie Charlotte, épouse de Georges III  par  Johann Zoffany 1744 Holburne Museum of Art

Georges II  par Sir Godfrey Kneller 1716

Elisabeth II

 

 

(1) Mme Bury Palisser, Histoire de la dentelle, Librairie Firmin Didot, 1890

Pour cet article, je me suis aussi inspirée du livre de Marine Bruggeman, l'Europe de la dentelle. Stichting Kunstboek 1997

 

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4 avril 2010 7 04 /04 /avril /2010 08:00

 

paq04 p400

 

 

Extrait du numéro du Dimanche 3 Mars 1907 de

  

Broderie Moderne

Journal hebdomadaire des Arts et Travaux féminins

 

 Nous avons pensé être agréable à beaucoup de nos lectrices en leur donnant dans ce numéro une idée pour les cadeaux qu'elles peuvent avoir à faire à l'occasion de Pâques.

Il s'agit d'un oeuf recouvert d'une jolie dentelle de Bruges.

Pour les faciliter, nous pouvons leur fournir cet oeuf qui contient une livre de bonbons de chocolat, ou toute autre friandise, fruits glacés, etc.

Il est en pâte dure, très résistante et incassable , dessus rose ou bleu pâle, garni de galons de même nuance et d'un fermoir de métal.

 

Le dessus en dentelle sera cousu au galon qui entoure les deux côtés de l'oeuf, ce qui permet un montage facile et vite fait.

Vous remarquerez, chères lectrices, que la dentelle comprend trois pinces de chaque côté; ces pinces servent à donner l'ampleur indispensable pour recouvrir l'oeuf qui est fortement bombé.

 

Un gros noeud de ruban de teinte assortie garnira l'extrémité de l'oeuf, qui est munie d'un anneau de métal ce qui permettra de le suspendre lorsqu'il aura été allégé de son contenu.

 

A peu de frais, vous confectionnerez vous même un délicieux objet, d'autant plus apprécié qu'il sera peu commun, ayant été créé spécialement pour vous, chères lectrices.

  

 

Fournitures : Un oeuf bleu ciel ou rose, avec fournitures pour la dentelle, 5fr.50; port 0fr.30. L'oeuf seul 3fr.75;port 0fr.30;   Les fournitures pour la dentelle nécessaire aux deux côtés et le dessin, 1fr.75 franco.

L'oeuf tout monté recouvert de dentelle avec ruban, 11fr.75; port, 0fr.60

 

 

(hi hi, il y avait des petite futées qui l'achetaient tout fait, vous avez remarqué ? )

  

 

paq01 p400

 

 

 

C'est avec cet oeuf splendide que Dentelle et Papillon vous souhaite de passer un très bon dimanche de Pâques

  

paques6 p300

 

 

 

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27 mars 2010 6 27 /03 /mars /2010 15:40

aponce4 9 p400



Et si nous retournions à notre petit atelier d'aponçage ?


Aujourd'hui, place à la couture (et ça, pourtant, c'est pas mon point fort )

D'abord et surtout on s'installe devant la baie vitrée pour être éclairé(e) au maximum.
Ou bien on sort la grosse  loupe-lampe-lumière-du-jour, c'est comme on veut.



Voici  quelques règles de base de l'aponçage.

aponce4 3 p200Quand il y a des passées tordues, dans le pied comme ici, ou par exemple sur les éventails quand il y en a, on fait une petite croix (en rouge sur la photo) pour bien resserrer le point.

Au niveau des points de réseaux, surtout pas de petite croix car on fermerait le point.
Il faut au contraire conserver un trou à l'endroit où il y avait l'épingle, alors on fera deux petits points sur les 4 côtés (en jaune sur la photo)

Et enfin, sur toutes les barrettes, on fait deux points (en bleu sur la photo)


Afin de rendre plus lisibles les dessins qui vont suivre, au lieu de faire ces 8 petits traits autour du réseau Torchon, je ferai un gros point comme le point jaune en bas à droite. 
Le  gros point jaune = les 8 petits traits jaunes.



Je parle de "petite croix", je dis de faire "deux points"
c'est quoi ces "points".
Et bien un point de surjet qui s'enroule autour des deux épaisseurs de dentelle.
Tout simple

aponce4 11


Veillez bien à prendre les deux épaisseurs de dentelle quand vous enroulez
Et quand vous piquez l'épingle au coeur d'un point de Torchon, veillez à ce qu'elle ressorte bien au coeur du point Torchon de l'autre couche de dentelle.


Tout est prêt, on va donc se lancer  dans

l'aponçage du fond Torchon
( Dieppe, Epingle close ou Bruxelles)

Et là, ça se corse, car quand on parle aponçage, chaque dentellière a sa méthode
 .... la meilleure bien entendu
Il y a celles qui aponcent sur 1 rang,
celles qui aponcent sur 2 rangs,
celles qui aponcent entre deux rangs,
etc.


La méthode que l'on rencontre le plus souvent est l'aponce en zigzags croisés.
C'est à coup sûr la meilleure méthode

....
enfin ...
la meilleure pour que l'aponceuse débutante se trucide dès la première minute !


ALors je vous en propose une autre, peut être pas très académique .... mais nettement plus simple.


Pour aponcer, on va partir du pied, et on va coudre en suivant un premier rang de fond Torchon  (en rouge sur la photo), puis on va revenir jusqu'au pied en aponçant sur un deuxième rang de fond Torchon (en jaune sur la photo)

aponce4 4 p400


Pour démarrer, vous ne faites pas de noeud sur le fil: vous commencez  tout de suite à enrouler sur la lisière, en laissant environ 10cm de fil au départ.
Vous faites donc les 2 ou 3 enroulements de départ pour remonter jusqu'à  l'endroit où il y avait l'épingle lisière, et là  vous enroulez sur 2 côtés.
Puis vous ferez deux enroulements en croix à l'endroit de la passée tordue du pied .

Ensuite 2 enroulements sur la barrette pour atteindre le premier point de réseau sur lequel  vous ferez 2 enroulements sur chaque côté comme on l'a vu précédemment.
Ne pas oublier de faire un enroulement sur la barrette qui se situe entre les deux rangs d'aponce .

Et ainsi de suite jusqu'au pied, où on fera des croix au niveau de la paire lisière en passées tordues.

Puis vous aponcerez le deuxième rang en suivant le même principe que le premier .
De retour au pied de la dentelle, on fera éventuellement un petit point d'arrêt final, et on laissera une dizaine de cm sur le fil avant de le couper.

Oufffff .... c'est fini !!!

c'était pas la mer à boire quand même, non ?


Attention : il faut bien veiller à ne rater aucun point, à bien aponcer sur tous les point du réseau.

Par contre, si à certains moments vous n'êtes pas dans le bon sens pour continuer votre chemin, et qu'il vous faut faire un enroulement supplémentaire à un endroit pour retrouver votre route .... et ben c'est pas grave ..... y a des endroits où vous aurez trois enroulements, c'est tout
 si votre fil d'aponce est bien fin, ça ne se verra pas,
ne vous mettez pas la rate au court bouillon pour ça.



aponce4 1 p300



Maintenant vous étalez votre travail

et d'abord vous l'admirez fièrement : c'est votre première aponce
   

et vous respirez à fond avant de commencer la dernière étape qui n'est pas la plus difficile, mais qui est de loin la plus dangereuse.


Il faut couper les deux petits bouts de dentelle supplémentaires, les deux petites "ailettes" de chaque côté.

Vous soulevez et vous tirez la petite ailette comme sur la photo,
et vous coupez la base de l'ailette bien au ras de l'aponce avec des ciseaux fins.

Coupez tout de suite bien au ras, ne vous avisez pas de vous laisser une marge de sécurité en vous disant que vous rognerez après : c'est pas possible de recouper bien proprement après, croyez moi.

Voui ...  mais vous avez peur de couper au ras because j'ai dit que c'était dangereux.

Ce n'est pas couper au ras qui est dangereux, ne vous inquiétez pas, l'aponce est très solide.

Le danger, c'est de ne pas couper au bon endroit : 
vérifiez bien que vous êtes en train de couper l'ailette
... et non la dentelle !

Que toutes celles qui ont vécu cette triste mésaventure un jour lèvent le doigt




Et une fois les deux ailettes coupées, vous obtenez
ça

aponce4 7 p300



c'est à dire un aponcage solide et invisible

heu .... invisible ... 
c'est p'têtre pas un bon exemple ça 

en tout cas, c'est bien la preuve que la grosseur et la couleur du fil d'aponce sont deux éléments super importants !



Alors là c'est mieux, non ?

aponce4 6 p300



Et  oui, c'est mieux mais on le voit ... et pourtant je le trouve très réussi.

Une aponce, quand on sait où elle est, quand on l'a trouvée
ON    LA    VOIT

c'est normal,  c'est inévitable.

Alors pourquoi ai-je dit que cet aponce était réussie ?
parce que pour vous faire la photo, j'ai été obligée de la CHERCHER
J'ai été obligée de faire plusieurs fois le tour de ma nappe à thé des yeux pour trouver l'endroit de l'aponce.


Vous ne pouvez pas être bon juge de votre propre aponce.
Il faut que vous mettiez votre napperon sous le nez d'une copine dentellière ....  et vous fixez ses yeux ....
si vous voyez que son regard  fait plusieurs fois le tour de votre napperon avant de trouver l'aponce
C'est gagné  


Ah oui, j'oubliais : les deux petits bouts de fil d'aponce, quoi qu'on en fait ?
et bien si c'est un napperon, vous les cacherez quand vous mettrez le tissu au  centre.
S'il n'y a pas de tissu à mettre, vous enfilez chaque bout de fil sur une aiguille et vous le "tissez" sur 1 cm dans votre dentelle.

Et les deux petite ailettes ?
Vous les mettez précieusement dans votre cahier secret s'il s'agit d'un fil et d'un pas que vous n'avez pas encore référencé.
Où bien vous les utiliser dans la confection de jolies cartes de voeux par exemple, mélangées à du tissu, des boutons .... bref, je laisse parler votre imagination.



heu.jpg
j'ai été claire sur ce coup là ?
pas sûr
...
donc  si vous zavez  des questions, vous zézitez pas,
les com', c'est aussi fait pour ça




Et voilà, c'en est fini de mes articles consacrés aux bases de l'aponçage.

On y a vu l'aponçage d'un fond Torchon
mais il y a tout le reste


Alors de temps en temps, je vous mettrai une courte "fiche" pour des exercices d'aponçage dans le mat, la grille, les cordes, et tous les autres réseaux : mariage, à la rose, fond clair, Flandre, Paris, etc






guirlande_fleur.gif

Vous pouvez faire un petit point d'arret à certains endroits que vous voulez bien consolider, mais n'en abusez pas, c'est inutile.
Dans l'aponce que je vous ai montrée, je l'ai utilisé par exemple pour les deux petites croix sur la lisière extérieure, des deux côtés du picot.

aponce4 10





Et enfin, pour le plaisir, je vous montre le circuit qu'il aurait fallu suivre si je vous avais demandé de faire l'aponçage en zigzags croisés

en rouge l'aller, en jaune le retour

aponce4 5 p300


hé hé .... ça fait peur hein ? 

vous voyez qu'on passe deux fois à certains endroits.

Alors à ces endroits là, il faudra penser à ne faire qu'un seul enroulement à l'aller, puisque le deuxième sera fait au retour

un p'tit poil casse tête je trouve 

Et son seul vrai avantage par rapport à ma méthode simplifiée, c'est que les  barrettes entre les rangs d'aponce sont mieux soudées ... c'est vrai .... mais bon, tant pis : c'est pas énormément visible et c'est tout aussi solide.



POUR VOIR LE DEBUT DE L'APONCAGE, CLIQUEZ  ICI

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Published by Meriem - dans Techniques
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18 mars 2010 4 18 /03 /mars /2010 21:45


cottier01 p500

































Les collectionneurs de timbres ou les numismates par exemple sont à l'affût de la pièce rare : le timbre édité en toute petite série ou le tirage d'un billet comportant une erreur.

Et bien les dentellières-collectionneuses de fuseaux ont aussi leurs pièces rares, leurs petites séries, leurs séries "ratées"

Vous devriez voir le sourire ravi de la collectionneuse de fuseaux quand elle tient dans sa main ....

un fuseau Cottier

cottier06 p300
ah ben oui ... on voit mal .... je sais ....
because au moment où j'ai voulu prendre la photo du fuseau dans la main de la dentellière
...
il a été odieusement 'rapté' par Papillon

Une image insoutenable ....
La police est sur l'affaire
Je vous tiendrai au courant


Tant pis, vous l'avez vu sur la photo du haut, en début d'article.

Bon alors, pourquoi dit-on fuseau  "Cottier"   ?




Et bien ce fuseau a été inventé par un certain
  Monsieur Jacques Cottier
 de Craponne.

cottier08 p500


Et pourquoi ce Monsieur Cottier était-il si fier de ses fuseaux ?

Car pour être honnête, ils sont plutôt moches,
z'ont une drôle de forme de tonneau avec un long cou maigre
Sont même pas joliement décorés

Alors ?


Et bien  Monsieur Jacques Cottier, comme tous les fabricants de dentelle,  tenait à ce que les dentellières lui remettent
des dentelles propres.

En effet les dentelles étaient vendues sans être lavées au préalable, pour éviter de les déformer.
Et pour avoir une belle dentelle immaculée, il faut travailler avec un beau fil immaculé.

Mais ces mêmes marchands ne voulaient pas fournir le fil aux dentellières (de peur qu'elles ne fassent des dentelles qu'elles vendraient pour leur propre compte), 
Ils  leur demandaient donc d'acheter leur fil.

C'était une grosse mise de fond, alors elles avaient tendance à acheter le fil le moins cher au dépend de la qualité et elles cherchaient à ne pas en perdre un seul centimètre, même s'il était un peu abîmé ou sali.  

Il y avait aussi les dentellières moins soigneuses qui touchaient leur fil avec les mains ....
mains qui venaient juste de touiller la soupe ....
forcément.... ça salit.

De plus, elles travaillaient près des cheminées, des cuisinières à charbon, à la lumière des bougies, des lampes à huile ou à pétrole, autant de choses qui n'aidaient pas à garder le fil blanc.


Alors Monsieur Cottier s'est dit que plutôt que d'enrouler le fil autour du fuseau,
à l'air libre, sans protection,
peut être pourrait-t-on le protéger
DANS le fuseau.


cottier07 p300

Il inventa donc ce fuseau creux qu'on pouvait dévisser pour y loger une toute petite bobine de lin.

Un petit trou dans le fuseau pour sortir le fil, deux morceaux de caoutchouc pour le coincer jusqu'à la tête, et enfin un autre petit trou dans la tête du fuseau pour y passer le fil, comme dans le chas d'une aiguille.

cottier03 p500


Ce système avait un autre avantage, celui d'éviter la corvée de l'embobinage des fuseaux.
Jacques Cottier va proposer deux tailles différentes (je pense que celle que je vous présente est la petite, mais je n'en suis pas sûre)

L'idée était excellente et fut de nombreuses fois primée, notamment à l'exposition universelle de Paris en 1900 !
c'est pas rien quand même  !


Mais si le fuseau Cottier plaisait beaucoup au jury dans les expositions, ce n'était pas du tout la même chose avec les dentellières qui ne l'ont jamais vraiment adopté.


cottier05 p200
Parce que bien sûr, si on avait des fuseaux Cottier,
il fallait acheter le fil en petites bobines faites exprès,
vendues dans la ravissante petite boîte que vous voyez sur la première photo

....  charmant tout ça, mais horriblement cher !

dans son comm', Thomas m'a appris que ces fuseaux n'étaient pas vendus mais loués, et restaient la propriété de Cottier (merci pour l'info)



De plus, ces fuseaux qu'on dévisse et qu'on revisse sont fragiles.

Et puis, bien que je n'ai jamais essayé de travailler avec, vous ne m'enlèverez pas de l'idée qu'ils ne devaient pas être très pratiques.

Je ne suis pas sûre que le fil était vraiment bien tenu par ces deux petits bouts de caoutchouc.
N'avait il pas tendance à se dérouler plus vite que prévu dès qu'on tirait un peu trop dessus ?
et quand le fil était trop long, pour le raccourcir, pas possible de le re-enrouler en le faisant rentrer à nouveau dans le coeur de la petite bobine
(Dans sa notice Jacques Cottier dit qu'il faut pincer le surplus entre les deux caoutchoucs ... bof ...)



Beaucoup d'honneurs et très peu de ventes,

la production des fuseaux Cottier fut donc très limitée dans le temps

.... c'est ce qui fait tout son succès aujourd'hui



cottier04 p200
Fuseau " Cottier "
C'est comme le Port Salut  ...  c'est écrit d'ssus


Si vous voulez vous amuser à lire toute la notice du fuseau Cottier,
c'est ici, chez Sophie



Lisez aussi les comm' de thomas sur cet article, entre autre sur l'utilité du fuseau Cottier comme barrière contre les microbes  

A la lumière de ce comm', je pense que mes Cottier sont le petit modèle pour amateur (étant donné le joli carreau chic qui les accompagnait)





Et ne manquez pas aussi de lire ici le comm' de Thomas sur l'article des fers à coque,  expliquant comment une repasseuse peut s'y prendre pour juger de la chaleur du fer. Super !











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13 mars 2010 6 13 /03 /mars /2010 19:10

 

MasqueR 003 p500




Dans la même série que le   Masque de Venise  (clic)  que je vous montrais l'année dernière à peu près à la même époque,

j'avais fait aussi

un Masque en Dentelle Russe

MasqueR 006 p300






Il est fait dans un mélange de lin 60/2, de fil métallisé et de coton perlé


C'est un bon petit exercice de quelques techniques particulières à la dentelle russe :

le lacet avec une façon de travailler le coton perlé au milieu qui donne l'impression qu'on a fait du point de chainette

et puis les fameuses petits araignées russes.








russe01


Pour les "point de chainette", le principe est simple. Vous placez deux paires de fils fantaisie au milieu de votre lacet.  Dans le masque, il s'agit de 2 paires de coton perlé, une argentée et l'autre verte.

Sur mon dessin, j'ai une paire noire et l'autre jaune.

Imaginons que nous soyons en train de travailler le dernier rang (signalé par la flèche bleue).
On travaille le lacet normalement, et, arrivé au milieu, on soulève la paire jaune et on passe les voyageurs au milieu des 2 paires de coton perlé : au DESSUS de la paire noire et au DESSOUS de la paire jaune.



Avant le prochain passage des voyageurs, il vous faudra inverser la position des deux paires de coton perlé,
 c'est à dire dans notre cas passer vos fils jaunes à l'extérieur 
( Torsion à gauche et Croisement à droite )

Ce sont donc vos fils noirs qui seront au milieu lors du prochain passage des voyageurs.

C'est simple comme tout, et ça fait un effet spectaculaire .... que vous pouvez utiliser au milieu de n'importe quel lacet, même si vous n'êtes pas en train de faire du russe
 


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7 mars 2010 7 07 /03 /mars /2010 10:58

aponce3 5 p400



Alors, où en sommes nous ?

Et bien, comme vous le voyez,  j'ai continué mon petit carré.

Pour ne pas être gênée par le gros noeud de fils et par les épingles du démarrage (qui se situaient au niveau du trait bleu sur la photo),  
j'enlève les épingles au fur et à mesure que j'avance
même celles du début
(contrairement au crochetage où on doit les laisser).

Je peux donc denteler tranquillement, en continuant à enlever mes épingles au fur et à mesure, la place est ainsi toujours libre autour de moi.
Avec cette technique, si je travaille une grande dentelle sur une galette à cubes, je peux déplacer les cubes comme je veux puisque je n'ai pas à garder le démarrage en place.

J'ai donc toujours la dentelle au milieu de la galette, bien en face.

Et si je n'ai pas une galette à cube, et bien une dentelle, ça se déplace (vi vi ... on en reparlera un jour).

Rien de tel pour faire de la vilaine dentelle que de se tortiller pour denteler tout au bord du carreau, voire même d'avoir ses fuseaux ... en dehors du carreau.


aponce3 6 p200
Après bien des effort et de loooooongues heures de travail

je me retrouve enfin au niveau de ma ligne d'aponçage idéale (en rouge sur la photo).
Youpi  c'est fini !


Ben non ... et ça, c'est le gros inconvénient de l'aponçage : il faut encore continuer sur 3 cm environ.


Ah bon ?
ça c'est vache !

aponce3 8 p200






a-y-est ... c'est terminé, j'ai réalisé mes 3 cm supplémentaires.


Je ne fais pas de noeuds, rien du tout, j'abandonne mes fils comme ça

je noue la botte de fils sur une grosse épingle,
 et je coupe les fils à mi chemin entre le noeud et la dentelle
(petits traits rouges sur la photo).

J'enlève toutes mes épingles pour retirer la dentelle de la galette.


aponce3 1 p200







Comme vous le voyez, il y a donc toute une partie en double, plus ou moins longue selon le temps qu'il m'aura fallu au départ pour me mettre au point.






L'essentiel est que, sur la ligne d'aponce, si on les met l'une sur l'autre,
les deux "couches" de dentelle doivent coïncider PARFAITEMENT




Je vais aponcer sur la ligne de réseau juste à gauche des tirets rouges, et comme vous le voyez,  on ne se rend pas compte qu'il y a deux couches de dentelle, elles se chevauchent parfaitement.

aponce3 4 p400

Pour me faciliter un peu le travail d'aponçage, j'ai faufilé des deux côtés de mon aponce pour que les deux morceaux restent bien soudés à la bonne place, quand je vais coudre.
Plus tard, quand j'aurai l'habitude, je pourrai me passer de faufiler, mais au départ, c'est plutôt conseillé.

Comme on ne voyait pas trop mon fil à faufiler bleu clair sur la photo, j'ai mis des points bleus sur mes lignes de faufilage qui encadrent donc ma ligne d'aponce (en rouge)



Une petite chose .... toute bête  ... mais très importante à faire quand vous avez fini la préparation.
Mettez votre dentelle à plat avant de commencer à aponcer.

Pourquoi ?


Et bien on est tellement obnubilé(e) par ces deux petits morceaux de dentelle qu'on doit bien appliquer l'un contre l'autre
....qu'on ne fait pas attention au fait que la dentelle s'est tournée

aponce3 2 p200comme ça, sur la photo de gauche


Bien sûr, sur un tout petit carré comme celui ci, on le voit  tout de suite.
Mais sur une grande dentelle, un tour de nappe à thé par exemple, je vous assure que ça peut arriver très facilement sans qu'on s'en rende compte (vi vi , c'est du vécu)
Et vaut mieux s'en apercevoir maintenant qu'une fois toute la couture faite !








Bon, et maintenant, j'aponce avec quoi ?

avec une aiguille plus ou moins fine selon la grosseur de ma dentelle.

Et avec du fil ... et le fil .... c'est le big problème de l'aponçage ! 


AVANT même de commencer la dentelle,
vérifiez que vous aurez le bon fil pour aponcer


Pour aponcer, il faut un fil de coton en général,
un fil beaucoup plus fin que celui de la dentelle,
et de la même couleur exactement
(ou un tout petit peu plus clair .... mais vraiment un tout p'tit peu)

Ne pas utiliser de synthétique : ça ne réagit pas de la même façon au lavage et ça ne vieillit pas de la même façon non plus.
Même si votre dentelle est en lin, 'n'utilisez pas un lin plus fin.
Même très fin, le lin n'est pas assez souple.

Alors si votre fil de dentelle est blanc ou noir, vous ne devriez pas avoir trop de problèmes à trouver un fil de coton plus fin (attention quand même aux différentes intensité de blanc : blanc, blanc optique, 1/2 blanchi, etc)

Si votre fil  dentelle est grège, déjà ça se complique, car il y a plein de teintes de grèges différentes.

Et si votre fil à dentelle est bleu, rouge, vert ou n'importe quelle autre couleur ... là, ça va être galère de trouver le fil d'aponçage !

Enfin si votre dentelle est polychrome, en général, il vaut mieux oublier l'aponçage et crocheter.

Si vous n'avez pas le bon fil, oubliez le démarrage avec la botte de fils, démarrez avec les paires à cheval et crochetez


Et maintenant, vous enfilez une aiguillée,
et là commence le véritable travail d'aponçage

..... qu'on verra la prochaine fois !

   

Sadique !   je suis sadique, je sais ... 
Pffff et ça m'amuse en plus : je devrais avoir honte.


guirlande_fleur.gif





Pour nouer la botte de fil en fin de travail :

aponce3 7




Alongez éventuellement un peu vos fuseaux pour avoir une dizaine de cm de fil environ entre la dentelle et les fuseaux.

Pincez toute la botte de fil entre vos doigts, et passez l'épingle comme indiqué sur le schéma A :
par le haut et par la gauche,
et vous la tournez dans le sens des aiguilles d'une montre.

Vous mettez votre épingle bien à l'horizontale, et vous la faites éventuellement glisser plus près des fuseaux afin d'avoir une longueur de fil suffisante au dessus.

Tandis que vous tenez toujours votre épingle de la main droite, vous prenez la botte de fil au dessus de l'épingle avec la main gauche, et vous formez une boucle (voir dessin B)

Vous enfilez la pointe de l'épingle dans cette boucle (en passant par dessous)

Et voilà, c'est solide



Pour suivre le fil des articles sur l'aponçage, cliquez ici
Et pour retourner au premier article sur le sujet, cliquez ici

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2 mars 2010 2 02 /03 /mars /2010 12:00

font2 p300

Des souris sur des palissades ?


De quoi vais-je bien pouvoir parler avec un titre pareil ?

et bien ....  de coiffure, et plus exactement,

de coiffure  à la Fontanges


Imaginez la charmante scène que je vais vous conter :

lors d'une partie de chasse, Marie Angélique, duchesse de Fontanges, la ravissante favorite de Louis XIV, se trouve soudain décoiffée par un malencontreux coup de vent ... 
ou une branche d'arbre ... on ne sait plus très bien ....
...  et puis on s'en fiche, là n'est pas le sujet.  

Bref, pour ne pas être gênée, elle prend alors un ruban
(certains disent même qu'il s'agissait en fait d'une  jarretière )  
pour nouer ses cheveux en haut de sa tête.

Le roi trouve cette coiffure improvisée si charmante qu'il lui demanda de la garder
 et du coup ... toutes les dames de la cour vont se coiffer de la sorte.



font5 p300C'est ainsi que naquit vers 1675 la coiffure à la Fontanges, mode qui dura plus d'une vingtaine d'années.

Alors non, n'imaginez pas que toutes les dames se promenaient avec une jarretière sur la tête


J'imagine que la coiffure improvisée et naturelle d'origine devait un peu ressembler au portrait que j'ai mis en début d'article (même s'il est beaucoup plus tardif)

Mais tout le monde chercha à rivaliser, c'était à qui mettrait le plus de rubans, de dentelles ou de bijoux dans ses cheveux, cheveux que l'on se mit à coiffer de plus en plus en hauteur.


La coiffure à la Fontanges consiste donc à dresser sur la tête une véritable pyramide de boucles et de tortillons

on rivalisait d'inventions, et chaque façon de mettre une mèche de cheveux avait un nom :
Les choux pour les cheveux noués en chignon,
la passagère , touffe bouclée près des tempes, devenait une favorite si elle pendait sur la joue.
Une cruche était une petite boucle sur le front, la même petite boucle plus près des oreilles devenait une confidente, ou un crève coeur si elle était plaquée sur la nuque ,
ou encore un berger si, tournée vers le haut, elle formait une houppette.

Les rubans, les épingles et autres colifichets que l'on mélangeait avec les boucles avaient aussi leurs noms :
souris (voilà la souris du titre ), duchesse, firmaments, guêpes, papillons,  etc



font3 p200
Bien sûr, il va sans dire que les cheveux de ces dames n'y suffisaient pas, et que nombre de ces mèches étaient des postiches.

Les coiffures devenant de plus en plus hautes, et les rubans et autres dentelles de plus en plus nombreux, il fallut consolider ces édifices avec des armatures de laiton.

Pour simplifier, on peut dire qu'il y aura, alternativement,
deux types de coiffures à la Fontanges

Une en cheveux

et l'autre ...  en fil de fer


La coiffure à la Fontanges
devint progressivement une sorte de

bonnet à la Fontanges :

une véritable palissade dressée sur la tête et constituée de plusieurs étages de dentelle (sans doute beaucoup de Point de France à l'aiguille)

La hauteur devint telle que les dames durent se courber pour passer les portes.



eng04_p200.jpg
Cet édifice savant de fer et de dentelle se composait de plusieurs éléments qui portèrent eux aussi des noms délicieux :
la palissade (et voilà la palissade ), le monte-là-haut, la commode, la culbute, etc....

On y fixait aussi parfois une ou deux  longues bandes de dentelles dites les cornettes  
(ou la jardinière s'il n'y en avait qu'une),
ces deux bandes de dentelles pouvaient flotter dans le dos, ou bien elles étaient ramenées sur le devant, dans le cou, telle une mèche de cheveux .... en dentelle.


Il va sans dire que ces coiffures devenaient vraiment risibles au fur et à mesure qu'elle prenaient de la hauteur, et de nombreux contemporains s'en agacèrent et s'en moquèrent, on fit même des pièces de théâtre qui les tournaient en ridicule.

Même Louis XIV n'aimait plus, et il tenta maintes fois d'interdire le port de ces coiffures surdimensionnées.



Alors, sous la pression, ces dames revenaient pour un moment à des coiffures plus basses, à l'idée des cheveux noués par un simple ruban,

mais très vite ...
hop .... hop .... hop ....
la Fontange remontait encore un petit peu plus haut sur la tête.



Et oui, même le grand Louis XIV ne faisait pas ce qu'il voulait en son royaume !

Et qui réussit là ou le roi soleil échoua ?

Une anglaise !

Oui, une anglaise qui se pointa un jour de 1714 à la cour avec une coiffure plate qui fit fureur et mit à terre d'un seul coup toutes les Fontanges de France


Le roi fut vexé parait-il, qu'une "guenille d'Angleterre, avec une petite coiffe basse" ait réussi là où il avait échoué. 


font1 p200



Évidemment bien sûr ....  je n'ai rien inventé et rien découvert, j'ai butiné mes infos entre autre dans les ouvrages suivants :

Histoire de la mode et du costume - James Laver
Histoire du costume en France - de Monsieur Quicherat, si précis (c'est chez lui que j'ai trouvé tous les petits noms des mèches de cheveux) et au langage si délicieux.
Le costume français - ouvrage collectif chez Flammarion




Les différentes coiffures vous ont été présentées par :

La duchesse de Beaufort, 1714. par Nicolas de Largillière. Paris, musée Cognac-Jay
Une inconnue, dont le portrait a été fait par Nicolas de Largillière vers 1710
2 dames Par Nicolas Bonnart
et enfin la petite Marie Thérèse Sturat, Par Nicolas de Largillière encore. National portrait Gallery de Londres

et pour les impatientes de l'aponçage .... le prochain article, promis, on s'y remet  

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25 février 2010 4 25 /02 /février /2010 12:00


coque01 p500



Voici un   

fer à coque



   vouiiiiii .....  et j'en fais quoi , moi, de ce fer à coque ?  


et bien vous allez vous en servir pour gonfler les coques de vos rubans bien sûr !
comment avez vous pu vous en passer jusqu'à maintenant  ?


Bon, allez, soyons sérieux : il s'agit donc d'un petit instrument de repassage avec une tête en fer en forme d'oeuf, et un long manche terminé par une poignée en bois qui permettait de ne pas se brûler quand on retirait le fer de la braise.

Celui que je vous montre fait 30 cm de long par exemple, mais il en existe de toutes les tailles, avec des têtes parfois énormes ou minuscules.

coque02 p200

Leur nom vient du fait qu'ils servaient beaucoup à mettre en forme
les "coques" des rubans
c'est à dire les boucles des noeuds faits avec des rubans

Et oui, les noeuds et les rubans ont longtemps été un élément très apprécié pour orner les toilettes, on en mettait partout, on s'en couvrait parfois de la tête au pied

Ainsi donc, selon la taille du ruban, il fallait bien sûr un fer à coque plus ou moins gros pour donner du gonflant aux boucles.




On trouve souvent ce type de fer dans les brocantes, mais rarement le petit socle en bois qui va avec.

Il  s'agit généralement d'un petit socle rond avec un trou au milieu dans lequel on piquait le manche en bois, après avoir fait chauffer le fer sur la braise.
Ainsi le fer était-il à la verticale, et la repasseuse n'avait pas besoin de le tenir : elle avait les mains libres pour manipuler les rubans et se servir de la boule pour les repasser et les mettre en forme.

Ce fer ne servait pas qu'aux rubans, il servait aussi beaucoup à donner du gonflant aux manches ballon, aux bonnets de dentelle, tous ces éléments si difficiles à repasser avec un fer plat qui écrase tout.

On les appelaient aussi parfois fers à bouillonner


coque03 p400
Pour l'avoir essayé, je puis vous assurer que c'est vraiment magique pour donner du volume aux petites manches des anciennes robes d'enfants par exemple, aux dentelles froncées, aux coiffes ...

Non, non, je n'ai pas mis mon fer coque sur la braise .... j'ai investi dans un fer ultra moderne

" le fer à coque électrique universel "
le Coq Babeth "



"Ultra moderne" est peut être un peu exagéré, dans la mesure où ce fer date des années 1950.

C'est à la fois très loin et très proche : dire que dans les années 50, on avait encore besoin de fer à coque, au point d'en créer une version électrique !


Il est donc électrique, plus besoin de braises, et en plus vous avez vu :  il se tient droit tout seul !





En position droite, le mode d'emploi dit qu'il est parfait pour "les velours, tissus gaufrés, nids d'abeille, smocks, voilettes, manches ballon, bouillonnés large"



Mais en plus, le coq Babeth est équipé d'une astuce technique révolutionnaire :
une béquille


Vous êtes abasourdi(e)s  n'est-ce pas ?

C'est normal, car imaginez que cette béquille, qui tourne autour de l'axe, vous permet de le pencher de tous les côtés!

coque04 p300coque08 p100





Ainsi, la pointe en l'air comme sur la photo , il convient pour "toutes les fronces, volants de rideaux et autres, petites dentelle type Valenciennes".


En position 3, pointe en bas, il servira aux 'hauts des manches, bouillonnées étroits, fronces entre les smocks, soutien-gorge, casquettes, mise en forme du feutre".



En position 4, position couchée, il servira à "certains bouillonnés et les bords roulés des chapeaux".


Enfin en position 5, à l'envers, on le prendra à pleine main pour "les pointes de col et l'ouverture des coutures"





Ce fer a remporté  un "gros succès aux salons des arts ménagers" précise la notice
et il fut médaillé d'or à Paris en 1950 et Bruxelles en 1953
non mais .....


mon fer coq  nécessite aujourd'hui un petit transformateur (merci Eric ) car il marche au 210.
Mais j'ai vu qu'il en existait qui fonctionnaient au 220v , et je sais même qu'il s'en est fait avec thermostat  !
 oui madame !
hyper pratique le thermostat (because le mien, je suis obligée de le débrancher  régulièrement pour ne pas qu'il chauffe trop et brûle les dentelles)

coque05 p200


La notice du Coq Babeth parle de chapeau
 et il semble effectivement que les fers à coque aient aussi servi aux chapeliers pour
coquer
c'est à dire à "donner une forme arrondie aux bords d'un chapeau"

Dans leur "dictionnaire des textiles", M Baum et C Boyeldieu parlent du 
coq 
"petit fer à repasser à manche, il est terminé par une pièce sphérique ou oblongue, servant à tirer à chaud le tissu ou le feutre dans la fabrication des chapeaux"

Je n'ai jamais su s'il s'agissait vraiment  du même fer que les fers à coques des repasseuses ?
Si certain(e)s ont des infos plus pointues à ce sujet .....


Si vous voulez vous régaler et voir toutes sortes de fers à repasser aux forme très inattendues parfois, vous pouvez vous plonger dans le petit ouvrage de F. Crestin-Billet : "La folie des fers à repasser" , vous y verrez entre autre bien sûr plusieurs modèles de fers à coque dont certains avec leur petit socle de blois.
On trouve encore ce petit livre : 9,40€ , c'est pas une ruine.

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