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29 décembre 2009 2 29 /12 /décembre /2009 20:00

Danse 1 Camargo p350

Après vous avoir présenté la très sage Mme de Sennonnes,
je voulais vous faire découvrir une autre "pensionnaire" du Musée des beaux Arts de Nantes : 

La Camargo

La Camargo !!!
La "Brillante" disait Voltaire

Mais aussi la scandaleuse !!!


Car je suis sûre que vous êtes encore sous le choc !
Et oui, éloignez vite vos enfants, cette image de la Camargo, vous en conviendrez, est d'une impudeur sans nom.

Oui!    Oui oui,  je vous le confirme vous avez bien vu :    
la Camargo nous montre .... ses chevilles !!!!!!!


Vous êtes vous jamais demandé comment était né le costume des danseuses ?
J'avoue ne m'être jamais posé la question jusqu'à ce qu'un jour je tombe sur un très intéressant article du journal des ouvrages de dames , article que je vais essayer de vous résumer.

Tout d'abord, nous passerons sur l'époque lointaine où tous les rôles, qu'ils soient masculins ou féminins, étaient joués par des hommes, que ce soit au  théatre, à  l'opéra ou au ballet.

Ce n'est donc que vers 1680 que l'on commença à permettre aux  femmes monter sur scène .
Au grand plaisir du public d'ailleurs , et les rares danseuses de l'époque étaient extrêmement célèbres.



Danse 2 Subligny p263
Leur costume ? 
Et bien les mêmes que ceux des "grandes dames" .
 Il n'était pas question à ce moment là d'adapter le costume de scène au rôle.

C'était au point qu'une danseuse de l'époque acheta la garde robe de la grande tragédienne Adrienne Lecouvreur et dansa tous les soirs le même rôle ...  en portant alternativement tous les costumes de tous les rôles qu'avaient joué feu Adrienne.

Mis à part cette petite anecdote, l'essentiel pour les danseuses était de conforter leur prestige et leur célébrité en portant  les mêmes costumes que les dames de la cour.
Il n'était donc pas question de montrer un petit bout de jambe : robes longues, corsets et longues manches à engageantes étaient de rigueur.


Guère pratique pour danser tout ça .








Il fallut attendre 1726 pour qu'une jeune danseuse débutante, Marie-Anne Camargo ose raccourcir .... un tout petit peu .... sa robe de danseuse, permettant de faciliter ses mouvements, mais permettant aussi  de voir ses chevilles !

On dit que c'est elle aussi qui, la première, aurait enlevé les talons de ses chaussures, inventant ainsi les chaussons de danse.

En tout cas, ses chevilles dévoilées firent  véritablement scandale et donnèrent  lieu à de nombreux et houleux débats .... mais la jupe "courte" l'emporta malgré tout.


Du coup, les danseuses se crurent tout permis pendant un moment ..... au point qu'il fallut une ordonnance de police pour remettre un peu d'ordre en rappelant  que  le port du caleçon était obligatoire !!
 et tant pis s'il ne facilitait pas les entrechats.





Danse 3 Sallé p250

Après la Camargo, ce fut au tour de
Mlle Sallé

de faire scandale

Marie Sallé, "la ravissante" selon Voltaire

en 1736  au Covent Garden de Londres,
elle  osa danser sans jupe, ni corset, ni jupon ! 

 vêtue d'une simple robe de mousseline drapée à la grecque ..... autant dire qu'elle dansait ...
presque nue .....








Oh   My God !  
et de plus, vous allez à peine le croire, mais ... elle avait osé dénoué ses cheveux !
"échevelée et sans aucun ornement sur la tête"

mais le public anglais fut ravi, et on raconte qu'une pluie d'or tomba sur scène à la fin de la représentation.


Hélas, aucun peintre n'immortalisa cette extravagance, et la seule image de Mlle Sallé que j'ai trouvé est fort sage. Je laisse donc la place à votre imagination pour le reste




Mais cette tentative de Marie Sallé n'eut pas de suite.
Les bonnes moeurs, mais aussi, et peut être surtout,  le goût des danseuses à se montrer parée des plus belles robes à panier l'emportèrent., et elles refusèrent pendant encore plusieurs années de porter  de simples costumes légers .

En 1783, ce fut une cantatrice, la Saint Huberty, qui exigea de jouer le rôle de Didon de Puccini dans un costume antique léger. 

On le lui refusera ...
elle provoquera un énorme scandale ....
une véritable affaire d'état, avec ministres et compagnie ....
...  pour finalement obtenir gain de cause




Danse 4 Marie Taglioni p300


Et cette fois ci, contrairement à la tentative de Mlle Sallé, il n'y aura pas de marche arrière, et malgré les protestations des partisans de l'ancien style, les danseuses vont  progressivement adopter les voiles, la mousseline et le linon

jusqu'à ce que finalement, en
1832,   Marie Taglioni fasse sensation dans le rôle de Sylphide en portant  pour la première fois une jupe courte de mousseline, le premier tutu romantique.



Danse 5 Alicia-Alonso 1955 p200














Ce tutu romantique aux genoux deviendra progressivement le rigide tutu "plateau " si majestueusement porté ici par Alicia Alonso en 1955









Pour la petite histoire :

Pour arriver progressivement à ce tutu rigide autour de la taille, il manquait une invention ,  invention que certains attribuent au bonnetier de l'Opéra de Paris, un certain Monsieur .... Maillot !
D'autres contestent cette paternité, mais bon, "se non é vero , e ben trovato" disent les italiens, alors j'aime l'imaginer ainsi.

Et oui, pour laisser tomber les voiles, sans pour autant s'afficher en tenue d'Eve, il fallait  inventer le "maillot."
Pour arriver à l'apparence de la nudité, de nombreuses tentatives furent faites avec des caleçons étroits, de couleur rose,  mais tout cela n'était pas pratique, et les plis et les coutures enlevaient tout le charme.

Le maillot permettra de raccourcir à l'extrême les robes qui devinrent tutus (le nom viendrait du mot "tulle" dont il est fait) et envahirent l'Europe.
Même le Pape autorisera ce costume dans ses théâtres
 à condition que le maillot fut bleu pour éviter toute ...  confusion.
Les danseuses avaient donc les jambes bleues !



guirlande_fleur.gif




 Voici les quelques vers de Voltaire dédiés eux deux grandes rivales que furent Marie Anne Camargo et Marie Sallé :

Ah ! Camargo, que vous êtes brillante !
Mais que Sallé grands Dieux, est ravissante !
Que vos pas sont légers et que les siens sont doux !
Elle est inimitable, et vous toujours nouvelle ;
Les Nymphes sautent comme vous,
Et les Grâces dansent comme elle.






Et à propos de Grâces, franchement, entre nous, vers 1500,
Sandro Boticelli n'avait-il pas déjà créé le plus beau des costumes de danseuses  ?



danse 6 boticelli p300


1  -  Détail de La Camargo dansant - Nicola Lancret 1743 - Musée des Beaux Arts de Nantes
2 - Melle Marie Thérèse de Subligny (1666 - 1736) qui brilla dans les opéras de Lully
3 - Mlle Sallé
4 - Marie Tagioni dans Zéphyre et Flore, par 
Alfred-Edward Chalon.
5 - Alicia Alonso (photographe ?)
6 - Détail du Printemps de Sandro Boticelli (1444-1510). Musée des Offices de Florence 



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24 décembre 2009 4 24 /12 /décembre /2009 17:42


noel2008 p350


Un très très très  

Joyeux
et chaleureux Noël 2009

à toutes les visiteuses de ce blog
(et aux quelques visiteurs aussi bien sûr )




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20 décembre 2009 7 20 /12 /décembre /2009 11:45


courbe01 p500


Nous avons vu il y a quelques temps comment faire les virages en épingle à cheveux
avec la technique de l'épingle pivot.



courbe08 p150

Mais dans les courbes  douces, on a souvent
des épingles qui ne sont utilisées que 2 fois.


On voit sur ce petit dessin que les voyageurs se dirigent deux fois vers l'épingle verte.

2 fois ... pas plus .... donc on ne fera pas d'épingle pivot.


A oui ?  
et alors ?  on fait quoi ?



Et bien il y a plusieurs possibilités.
Laquelle est la meilleure ?

J'ai l'habitude de dire que la meilleure ...  ce sera celle que vous réussirez le mieux !
Donc la meilleure pour moi ne sera peut être pas la meilleure pour vous.

En plus, il faut choisir en fonction de la dentelle qu'on fait :

Vous voyez sur la photo du haut qu'une des technique implique que le lacet aura des petits ajours (en bas à gauche de la photo) : très joli mais pas toujours approprié.
Pour certaines on fait un changement de voyageurs : donc pas toujours adapté au dentelles en couleurs.

D'où l'importance d'avoir un petit catalogue des différentes façons de faire, pour pouvoir choisir.



Dans ce premier épisode, nous allons voir les deux techniques les plus faciles, celles qu'on ne peut pas rater.

Les schémas sont faits sur un modèle de petit lacet, mais cette technique est adaptable dans beaucoup de cas de figure. Vous la trouverez souvent dans des motifs figuratifs, parfois associés d'ailleurs à des épingles pivots.


Dans cette très classique fleur en Fleuri de Bruges par exemple, toutes les épingles à l'intérieur des pétales sont des épingles utilisées 2 fois.

courbe10 p400







Première méthode
(méthode du Fleuri de Bruges)




courbe05 p400

A gauche, le dessin du premier passage sur l'épingle utilisée 2 fois (point vert)

Le voyageur traverse la paire lisière en passée tordue (CTCT)
On pose l'épingle (épingle verte).
Puis,  plutôt que de revenir avec une passée tordue, on fait une passée (CTC) + 1 torsion sur les voyageurs uniquement.
La paire lisière n'est donc pas tordue (*)


A droite, on voit le deuxième passage sur  l'épingle utilisée 2 fois

Le voyageur passe par dessus la paire lisière , je dis bien par dessus, sans la travailler .

Dans le cercle, on voit bien que le deux lignes ne se croisent pas. C'est ainsi qu'on dit dans un dessin technique que les paire ne sont pas travaillées ensemble, qu'il y en a une qui passe par dessus l'autre.

Puis on fait 2 torsions sur les voyageurs, et on leur fait faire le tour de l'épingle verte.
Au retour, les voyageurs traversent la paire lisière en passée tordue, et on continue à travailler le lacet comme d'habitude.


(*) si jamais au premier passage vous avez fait une passée tordue au retour au lieu de la passée conseillée .... c'est pas grave

Au  deuxième passage, si vous y pensez, détordez la paire lisière.
Et si vous n'y pensez pas, c'est pas dramatique, c'est seulement plus joli (à peine perceptible ... mais plus joli) de ne pas avoir de torsion sur la paire lisière car ainsi les deux passages sur l'épingle verte sont mieux "soudés" l'un à l'autre, c'est tout.
.
courbe methode 1 p300



Voici le résultat dans une courbe avec 3 épingles utilisées 2 fois (marquées par un point vert)

Méthode propre, sans surprise et inratable.






Je vous propose sur ce second schéma la première méthode appliquée à une lisière droite (bord lisse).

courbe06 p400





Deuxième méthode
Méthode "trichée"

C'est une petite triche car en fait, vous n'utiliserez qu'une seule fois l'épingle normalement utilisée 2 fois.

courbe09 p250


Donc, au premier passage sur cette épingle (verte), vous faites tout comme d'habitude : passée tordue, pose de l'épingle "verte" et passée tordue.

Au deuxième passage, vous faites une passée tordue avec la paire lisière, 
Puis vous posez une épingle à quatre (**) (épingle en rouge sur le schéma) entre l'épingle verte  et l'épingle suivante.
Vous la décalez un peu vers l'intérieure pour que la paire tordue de lisière reste bien dans son alignement.

C'est une épingle que vous rajoutez, et qui n'est normalement pas dessinée sur votre carton (à moins que la créatrice du modèle ait prévu d'utiliser cette méthode).






Vous remarquerez qu'avec cette méthode, il y a un échange de voyageurs (comme d'habitude avec les épingles à 4 : vos voyageurs deviennent paire lisière et la paire lisière devient les voyageurs.



courbe methode 3 p300
Voici la même courbe que tout à l'heure, avec les mêmes 3 épingles en vert, sauf que ces épingles vertes n'ont finalement été utilisées qu'une seule fois.

Par contre on voit les 3 épingles intermédiaires rajoutées (en rouge).


Là aussi, méthode toujours bien nette et inratable





(**) épingle à 4, aussi appelée "paire derrière l'épingle" : au lieu de poser l'épingle entre la dentelle et les deux derniers fuseaux (les voyageurs) , on la pose entre la dentelle et les 4 derniers fuseaux (les voyageurs + la paire lisière)





Pourquoi ces deux méthodes sont elles les plus simples ?

Parce qu'on a des passées tordues et des poses d'épingles .... on peut donc serrer et tirer sur les fuseaux avec vigueur .... sans rien déformer, au contraire, la dentelle n'en sera que plus nette.

Ce sont donc des méthodes conseillées aux dentellière françaises ... car notre apprentissage de la dentelle via le Cluny nous donne la fâcheuse habitude de tirer comme des malades sur nos fuseaux.



Les méthodes que nous verrons la prochaines fois demandent plus de douceur, de retenue, de doigté  .... faudra plus tirer ! 
 

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16 décembre 2009 3 16 /12 /décembre /2009 17:09




chouette3 p350


Hier soir, en faisant mes paquets de Noël, j'ai retrouvé un vieux bout de papier cadeau que j'avais gardé ....

parce que quoi ?

ben parce que y a de la dentelle, voyons  !




Je ne résiste pas à faire ce petit billet pour vous les montrer .

Voici donc les trois charmantes chouettes, faites avec des petits morceaux de dentelles chimiques (*)
+ quelques points de broderie et un peu de feutrine pour les yeux


chouette2 p350


Je me suis dit que ça pouvait vous donner  des idées de cartes, de petits cadres .... et vous permettre d'utiliser  vos échantillons de dentelles, vos chutes d'aponçage, ou comme ici, des petits bouts de dentelles chimiques ou mécaniques dont vous ne savez que faire.



chouette1 p350



Alors Wali, elles te plaisent mes chouettes ?
pas aussi belles que celles de ton
eau forte, mais bon ....





(*) c'est, en simplifiant, une sorte de dentelle mécanique, mais faite avec des machines à coudre plutôt que des métiers à tisser. Un jour nous aurons l'occasion d'en parler en détail.

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13 décembre 2009 7 13 /12 /décembre /2009 20:30




Oui, c'est vrai ....  je ne suis pas très présente sur mon blog en ce moment

mais, comme pour tout le monde je crois, le mois de décembre est un peu bousculé.

Et puis l'article que je préparais cet après midi a été victime d'un problème technique    qui m'as bien mis la rate au court bouillon, et que je n'ai pas le courage de résoudre ce soir.


Alors pour me faire pardonner et vous faire patienter, je vous propose une petite idée de cadeau de Noël
.... quoi que, si vous voulez le faire pour l'offrir le 25 décembre.... va falloir être rapide





Vous vous souvenez du petit nécessaire à Frivolité ?

Dans le même style, voici un délicieux

petit nécessaire à ouvrage


paru dans la Mode Illustrée du 7 mai 1871.




Je vous résume les explications données dans la revue :

On le fait en maroquin noir et flanelle rouge.

L'intérieur est garni de pattes destinées à maintenir les ciseaux et autres ustensiles de couture. Sur le côté opposé se trouvent des feuilles de flanelle destinées aux aiguilles.

Au centre, on fixe une boîte devant contenir le fil, la soie, etc; le couvercle de cette boîte est garni d'une pelote dont le milieu, creusé, contient le dé à coudre.

A l'extérieur et à l'intérieur, on orne le nécessaire d'une broderie au point russe.
(Qu'est-ce qu'ils appelaient "point russe" à l'époque ????)




Ça me fait toujours rêver ce genre de p'tites choses,  pas vous ?



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9 décembre 2009 3 09 /12 /décembre /2009 11:58




Vous souvenez vous de mon petit gondolier orphelin qui cherchait des dentellières pour lui faire voir la vie en couleur ?


Et bien, deux d'entre elles m'ont envoyé la photo de l'ouvrage finalisé .... à 1 jour d'intervalle !
Des interprétations différentes, des couleurs différentes... ça m'a fait super plaisir de le voir fait ... et bien fait !


Et en plus elles m'ont gentiment permis de publier la photo de leur dentelle.


Alors,
Mesdames et Messieurs,

dans l'ordre d'arrivée des photos finales,
j'ai le grand plaisir de vous présenter
 .....



Le gondolier de  Marie France, de Nancy
(aussi connue sous le nom de Francette pour celles qui fréquentent le forum dentelle)

Marie France a fait ce petit gondolier pour l'offrir .... à une amie vénitienne.
Je vous dis pas la joie du gondolier de retrouver une compatriote   









Et voici celui de Maryse Van de Wynckel



Maryse m'avait envoyé des photos du gondolier en cours de travail.
Je me serais cru chez moi sur ces photos :  on avait l'impression qu'elle travaillait sur mon carreau : même organisation, même matériel, mêmes fuseaux et surtout ... surtout ....
même boite de pastilles de Flavigny pour mettre les  épingles !

Combien sommes nous à utiliser les boites de ces fameuses pastilles pour nos épingles ?
à mon avis un bon nombre


Alors pour celles qui voudraient se lancer dans une aventure avec un beau vénitien 
(en tout bien tout honneur ... allons ,allons ... à quoi pensiez vous ?
nous sommes sur un blog correct !)
     

 le carton est dispo dans la rubrique "les cadeaux du papillon"

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6 décembre 2009 7 06 /12 /décembre /2009 19:00



Dans ma série "Les animaux celtes" (dont vous avez déjà vu le petit cheval) ,

 j'avais fait ce taureau inspiré d'un dessin celte

un taureau en dentelle

En fait ... il rendait beaucoup mieux en dessin .... qu'en dentelle


J'ai fait l'erreur de choisir des couleurs trop "réalistes.
Le noir et le gris, c'est galère !

Quel fond choisir pour mettre la dentelle en valeur ?

Une couleur sombre "mange" le noir
et une couleur claire absorbe le gris clair


et de toutes les manières, le noir et le gris se tuent entre eux, alors, j'avais aucune chance
  


Mais quelle idée j'ai eu ?
Je faisais des animaux imaginaires, fantastiques!
J'avais qu'à  oser un taureau noir et rouge par exemple, ou violet et vert, fushia et or ....
bref n'importe quoi sauf le gris, le noir ou le marron !

C'est un taureau de dentelle que diable , il avait tous les droits !!!!


Mais bon, voilà, c'est fait c'est fait
C'est, et ça restera, mon taureau noir et gris (because j'ai horreur de refaire deux fois la même dentelle)
C'est en faisant des erreurs qu'on apprend le plus, n'est-ce pas ?


   



Bon, profitons du taureau pour voir un petit  ajour très élégant que je fais souvent dans les mats, dans les lacets surtout .
C'est un ajour emprunté au Fleuri de Bruges.
C'est lui que j'ai  fait dans les volutes noires des épaules du taureau.



Pour faire un jour au milieu d'une feuille par exemple, on peut tordre la paire de voyageurs à l'endroit de l'ajour.
On commence par une torsion, on augmente le nombre de torsions au fur et à mesure, puis on les diminue progressivement.
Résultat  : faut réfléchir, faut compter ses torsions ... et c'est pas super super beau (c'est ce qui a été fait sur la petite feuille de gauche)








Par contre,
regardez comme l'ajour en zig zag de droite est joli




















Il est fait en travaillant tout simplement la paire pendante du milieu du mat en demi passée (CT) au lieu de la passée(CTC)  habituelle du mat .

Y a pas à réfléchir, à compter le nombre de torsions, ça s'étale au milieu et ça diminue à la fin tout naturellement.








Comme je suis paresseuse, parfois quand le lacet s'élargit momentanément, et qu'il faudrait rajouter 1 ou 2 paires, pour les enlever quelques centimètres plus loin, je fais ce petit jour
il prend de la place et m'évite de rajouter des paires, et en plus ça fait une fantaisie !





Voilà voilà,  sur ce, mon (gentil)   taureau vous souhaite une bonne semaine !




Regardez, dans le cou, j'ai fait la première méthode d'ajour, avec les torsions, au lieu de faire un ajour zig zag qui aurait été plus joli.
....
pffff  quand je vous dis que j'étais pas bien inspirée sur ce coup là



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29 novembre 2009 7 29 /11 /novembre /2009 19:30



J'ai envie de vous faire découvrir  une dentelle particulièrement chère à mon coeur,

une dentelle tunisienne à l'aiguille qu'on appelle

Chebka.




De la Chebka telle qu'elle était avant le protectorat français, on ne sait pas grand chose  hélas ...



à part que c'était une dentelle uniquement  linéaire, du type entre-deux.

Et qu'elle était utilisée pour orner les vêtements et  le linge des belles citadines : chemises, cols, mouchoirs, etc

Sur ce costume de Monastir, on voit la chemise blanche ornée d'un plastron en chebka
(les manches par contre sont en tulle brodé).













Les femmes travaillaient cette dentelle sur un métier en forme de coussin allongé, sur lequel elles fixaient les deux pièces d'étoffes qui devaient être jointes,  
et elles travaillaient directement l'entre deux en s'accrochant aux deux lisières. 



En Tunisie comme ailleurs, à la fin XIXème, début XXème, les prix tellement attractifs des dentelles mécaniques vont entraîner le déclin de la dentelle locale.

Mais sous le protectorat français, dès le début du XXème, à l'instar de ce qui se faisait en France et en Belgique  pour sauver l'industrie dentellière, en Tunisie aussi des groupes de femmes et des institutions religieuses vont essayer de faire revivre cet art.

C'est ainsi que vont naître des écoles et des ouvroirs, notamment à Bizerte, à Tunis et Carthage.



Dans ces ouvroirs, on va essayer de retrouver les techniques ancestrales transmises oralement de mère en fille,
on va réapprendre les motifs traditionnels,
mais on va aussi faire évoluer cette dentelle, tant en ce qui concerne la technique que les motifs.

En effet, cette dentelle très décorative, et extrêmement solide, était très prisée en France.
Nombreuses étaient les expositions coloniales qui mettaient en valeur "l'art indigène" et montraient les bienfaits de ces institutions religieuses et caritatives qui permettaient la survie d'un artisanat local.

Mais il n'était plus possible de la travailler comme autrefois directement sur la pièce à laquelle elle était destinée.

Il fallait arriver à travailler la dentelle séparément afin qu'elle soit envoyée chez les marchands de dentelle parisiens qui pourraient ensuite les assembler ou les utiliser en incrustation pour l'habillement, mais aussi et surtout pour en faire des tours de napperons, de mouchoirs, des dessus de piano, etc.




On eu alors l'idée de monter sur le coussin deux petites chaînettes, et la dentelle sera travaillée entre ces deux chaînettes comme elle était travaillée entre les deux lisières des tissus autrefois.














Sur le dessin de droite, vous voyez le principe de la Chebka:
on réalise un premier rang entre les deux lisières, puis un deuxième rang qui vient s'accrocher au premier par des boucles, et ainsi de suite.
En "sautant" plusieurs boucles, on peut ainsi réaliser des ajours.






La Chebka était donc pratiquement toujours travaillée en bandes,

mais il est possible de travailler plusieurs bandes en même temps comme le montre cet échantillon.


















L'examen attentif d'un napperon en Chebka permet de distinguer les différentes bandes, travaillées dans des points de fantaisie différents.
Parfois ces bandes étaient travaillées ensemble, mais , pour obtenir un plus grande largeur, elles pouvaient aussi être cousues.
Pour les angles aussi, vous remarquez que les bandes sont tout simplement coupées et cousues à angle droit.

(Sur la photo en tête de l'article, vous voyez par contre un angle cousu en diagonale)





Sur cet autre exemple, volontairement photographié à l'envers, vous voyez bien la couture toute droite aux angles.

Une dentelle à l'aiguille,
aux motifs généralement assez denses
Des motifs géométriques, des zigzags, des carrés, des losanges...
Et surtout cette successions de bandes contiguës, plus ou moins larges

Autant de signes distinctifs de la dentelle Chebka traditionnelle
.




Mais pour répondre à la demande grandissante de la clientèle française,  les ouvroirs tunisiens devront se mettre à faire des bords dentelés et non plus droits, des petits motifs d'incrustation parfois figuratifs, ou bien réaliser des cols,  des bavoirs, des angles de mouchoirs aux angles composés et non plus cousus ....

bref, il va falloir renoncer à faire uniquement des entre deux,
 fini la petite chaînette toute droite !

Les enseignantes de ces ouvroirs vont alors introduire les méthodes de la dentelle à l'aiguille européenne

On va remplacer la chaînette par un simple point de bâti cousu sur du papier kraft.
La dentellière s'accrochera à ce point de bâti comme elle le faisait sur la chaînette.
L'avantage étant que ce point de bâti peut être droit, mais peut aussi très facilement épouser les contours de forme variées







Sur cet exemple, on voit un tour de mouchoir encore fixé à son papier kraft par son point de bâti.

La dentelle est toujours à base de bandes juxtaposées aux motifs variés, mais les angles sont travaillés en même temps, en intégrant ce motif d'étoile qu'on trouve souvent dans la dentelle Chebka.

















Même pour continuer à faire des bandes, les dentellières vont souvent abandonner le coussin pour  ce système du papier kraft .
Su la carte postale ancienne de la maison Lavigerie à Carthage que je vous ai montrée plus haut, vous aviez peut être remarqué que les petites filles n'ont plus de coussins,
 elles ont généralement un carré de papier kraft comme celui du mouchoir ci dessus.

Par contre la petite fille en robe claire au centre travaille une dentelle au mètre sur un long papier kraft enroulé comme celui que je vous montre







Un gros plan permet de voir le travail en cours, et le mélange amusant des techniques :
On a trois bandes contiguës
La bande centrale s'accroche sur deux traits en point de bâti, alors qu'aux extrémités, on retrouve la chaînette.







Sur la photo du bas, on voit un coussin traditionnel ....
mais la dentellière travaille sur du papier kraft avec des points de bâti.

Peut importe la technique pourvu que la dentelle soit belle, n'est-ce pas ?




A noter que cette dentelle a été aussi réalisée dans d'autres pays, comme le Maroc et l'Algérie bien sûr, mais les soeurs missionnaires ont aussi enseigné la technique dans plusieurs pays d'Afrique noire par exemple.










Photo1= L'illustration du costume de Monastir est tiré de magnifique ouvrage "Les costumes traditionnels féminins de Tunisie" édité par la Maison tunisienne de l'édition.

Photo 2 : détail d'un tableau ("Chebka") du peintre tunisien Abdelaziz GORGI
Sur un  numéro (je vais rechercher lequel) de la revue "La dentelle" publiée par le centre d'enseignement du Puy, vous verrez une autre dentellière travaillant la chebka.

Les photos 3 et 4 ont été prises dans le petit livret "Chebka dentelle arabe" écrit par les Soeurs Blanches de Notre Dame d'Afrique. Collection Cartier Bresson

L'illustration 5 est extraite de l'ouvrage "dentelles algériennes et marocaines" par Prosper Ricard.

Les dentelles photographiées font partie de la collection de Sylvie.
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23 novembre 2009 1 23 /11 /novembre /2009 21:20



Il y a quelques années, dans une brocante, j'ai trouvé
le classeur de "Michèle G...."

C'était son classeur de cours de couture de classe de 4ème, en l'année scolaire 1956-1957.

La plus grande partie du classeur est consacrée aux exercices classiques de couture, ourlets, boutonnières, reprises;  mais aussi points de broderie, montage des dentelles, smocks, etc.
Ils sont très bien présentés, même si côté réalisation .... je ne pense pas que Michèle ait fait une grande carrière à l'aiguille par la suite   mais le travail n'en est que plus charmant


Aujourd'hui, je voulais vous faire découvrir le dernier chapitre de ce classeur,
 la cerise sur le gâteau ,
plusieurs pages consacrées

au Pliage du linge de maison.







Il y a par exemple toute une page consacrée au différentes façons de plier les mouchoirs,


il y a plusieurs pages (dont celle ci à gauche) consacrées aux torchons et au linge de table, au taies d'oreillers.

Et il y a même cette page que vous voyez en bas, pour les draps !

Le pliage du drap a été fait trois fois,pour bien montrer les différentes étapes.

























Michèle a dessiné sur du papier de soie des mouchoirs, des nappes, des serviettes, des torchons et des draps.

Elle a dessiné aussi avec application les rayures des torchons, les jours et les broderies sur les mouchoirs, le linge de table, les taies d'oreiller, elle a même découpé les bords de certaines pièces pour matérialiser des franges.

Chaque petit morceau de papier de soie a ensuite été découpé, plié avec soin comme on le ferait avec la véritable pièce de linge, puis collé sur les feuilles cartonnées du classeur.

Mais il est possible de tirer légèrement sur chaque petit modèle collé pour qu'il s'ouvre, nous permettant ainsi de voir la technique du pliage.




Les petits poissons d'argent sans doute ont un peu grignoté certains modèles, mais la grande majorité est en bon état,
et inutile de vous dire le plaisir qu'on a à tirer délicatement sur le papier pour voir s'ouvrir les pliages.


Je vous propose de le faire ensemble sur quelques pliages du classeur,

et d'abord sur ce simple torchon à rayures.










Ici un petit mouchoir dont j'ai cru d'abord naïvement qu'il était juste plié en quatre ....




que nenni,

 











il s'agit d'un grand mouchoir d'autrefois et il est plié en 16 !


En haut un peu à droite, vous apercevez aussi un petit mouchoir de dame, plié spécialement pour bien mettre en valeur l'angle brodé.
























Là, je vous montre d'abord la pièce de linge dépliée.

Serviette de table ou taie d'oreiller ?
je ne sais pas très bien, mais quoi qu'il en soit, il s'agit comme vous le voyer d'une pièce entourée d'un grand ourlet avec un jour échelle.

Si vous la pliez par exemple tout simplement en 4, vous ne verrez le jour échelle que sur un angle

.... dommage .











Alors regardez comme le pliage a été étudié pour mettre en valeur la broderie,
et surtout pour que l'ourlet à jours soit visible sur les 4 côtés!!!





Il y a parmi tous ces exercices les pliages pour ranger le linge,

mais aussi ceux pour le mettre en valeur.



Ainsi ce petit tas de papier tout replié
...









...
est une serviette qui s'ouvre comme un éventail qu'on va pouvoir déposer dans les assiettes des invités.



Il y a plusieurs pliages décoratifs de serviettes, mais beaucoup ne seraient plus utilisables aujourd'hui

c'est fou ce que la taille des serviettes de table a diminué en 50 ans !










Encore un petit peu ?




Admirez aussi ce petit triangle qui semble tout simple.

Je n'ai pas osé le déplier jusqu'au bout de peur ne pas savoir le replier proprement par la suite, mais regardez ce que ça donne si je tire un peu ....

Je me demande quelle est la pièce de linge assez longue pour permettre ce type de pliage ?




Enfin, un dernier pliage décoratif pour serviette de table :il est tellement bien fait que je n'ose pas le défaire non plus, de peur encore de ne pouvoir le replier sans l'abîmer.










Entre ce tableau de  Pieter de Hooch  de 1663 et le classeur de Michèle, il s'est passé 300 ans,

 mais il y a le même amour du linge propre, le plaisir sensuel qu'on a à le toucher, à le plier, à le sentir, à le ranger dans les armoires.




Et en tout juste 50 ans .... pouf .... un petit coup de fer rapide, un pliage vite fait, au petit bonheur la chance, et c'est fini!



Tout un art qu'on apprenait encore il y a  50 ans et qui se perd ....
sauf chez les amateurs de beau linge ancien.

Et je sais qu'il y en a beaucoup parmi vous,
et que nous aimerions toutes pouvoir réapprendre ces gestes
... et surtout avoir le temps de les mettre en pratique







Est-ce que Michèle se souvient aujourd'hui de ce qu'elle avait appris en 4ème ?

Est-ce qu'elle plie toujours son linge comme elle l'a fait avec ses petits morceaux de papier de soie ?

qui sait ?

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Published by Meriem - dans Mélange
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18 novembre 2009 3 18 /11 /novembre /2009 18:30






Quand une dentellière travaille un modèle de Cluny ou un modèle en fils coupés par exemple,
si elle se fige tout à coup comme une statue de cire,
sourcils froncés,
yeux écarquillés
.... 

 

il y a de grande chance qu'elle soit devant ce type de situation :




1 : croisement de 3 paires (fond malin)
2 : croisement de 4 points d'esprit
3 : croisement d'une corde et de 2 roulottés (ou 2 ganses par exemple)
4 : croisement de 2 paires et un roulotté en entrée, qui donnent 2 point d'esprit et une corde en sortie
5 : Croisement d'une corde, une paire, un roulotté et un point d'esprit en entrée, qui donnent 2 points d'esprit, une corde et 2 paires en sortie.
Et on pourrait multiplier les exemples à l'infini


Et  oui, une dentellière normalement constituée sait parfaitement bien croiser 2 éléments
(2 paires, 2 cordes, 2 points d'esprit, 1 point d'esprit et une corde, etc)

Mais dès qu'on lui demande de croiser plus de deux éléments, c'est un peu la panique ....

Alors si ça vous arrive,  reprenez vite vos esprits avant que votre entourage n'éclate de rire devant votre mine déconfite, et souvenez vous que vous avec une arme magique pour ce type de situation : 

le croisement en étoile


A partir du moment où vous avez plus de deux éléments (paires, cordes, points d'esprits, roulottés ....) qui se croisent au même endroit

et/ou à  partir du moment où vous n'avez pas la même chose en entrée et en sortie (cas 4 et 5 par exemple)

pensez au
croisement en étoile





Je vous avais déjà fait un schéma d'un croisement en étoile de 3 paires dans l'article sur le fond malin.

Là, je vous propose de décortiquer ensemble un cas "tordu"
J'avais pensé faire un exemple simple, suivi d'un autre plus compliqué, mais est-ce vraiment utile ?
Si jamais ma démo directe sur le compliqué est ratée    vous me le dites, et on la refera sur un cas plus raisonnable.


Donc voilà, on prend direct le dessin n° 5

Voui voui !    même pas peur !




Avant de commencer, petite précision : les dessins qui suivent sont faits fil à fil.
Selon le code des couleurs, je devrais dessiner tous les fils en jaune.
Pour plus de lisibilité j'ai mis d'autres couleurs .... mais c'est juste pour la bôôôté.

J'ai donc 4 éléments en entrée : 
une corde de 4,
une simple paire tordue,
un roulotté de 8 fuseaux
et un point d'esprit.

En sortie, j'aurai 5 éléments :
2 points d'esprit,
une corde de 6,
et deux paires .


Pour faire un croisement en étoile, il y a deux étapes, avec deux manipulations et deux raisonnements  tout à fait différents :
AVANT l'épingle ou on travaille de gauche à droite
et APRES l'épingle où on travaille de droite à gauche

Avant de commencer un croisement en étoile, il faut commencer par faire le ménage sur son coussin et n'avoir devant soi que  les éléments qui vont faire partie de la fête.
C'est tout bête ... mais essentiel quand on apprend ce point.




1er partie : AVANT l'épingle


Je prend d'abord uniquement les 2 premiers éléments de gauche : la corde de 4 et la paire tordue.
J'écarte les reste .

Je sépare chaque élément en 2 paquets de fuseaux égaux.
La corde va me donner deux paquets de 2 fuseaux, que je travaillerai ensemble, comme s'ils ne faisaient qu'un
La paire me donne deux "paquets" de 1 seul fuseau.

Je fais  Croiser  Tordre



Je regroupe le tout  en 2 paquets de 3 fuseaux qui seront travaillés ensemble comme s'il s'agissait d'un seul fuseau.

Je ramène l'élément suivant, le roulotté, que je sépare en 2 paquets égaux de 4 fuseaux.

Je fais  Croiser  Tordre  avec mes 4 paquets de fuseaux



Je regroupe l'ensemble en 2 paquets de 7 fuseaux

Je récupère mon dernier élément, le point d'esprit, que je sépare en 2 paquets de 2 fuseaux.


Je fais encore Croiser Tordre avec mes deux paquets de 7 et mes deux paquets de 2. (*)

(si j'avais d'autres éléments, je les ramènerais ainsi un à un.  Il n'y a pas de limites à un croisement en étoile !)






On est bien d'accord avec le raisonnement de la première partie ?
Je fais CT avec les 2 premiers éléments de gauche,
Puis je ramène un à un chaque élément supplémentaire et je fais CT.

Bon, maintenant, Je pose l'épingle au milieu.

J'ai donc, de part et d'autre de l'épingle 2 paquets de 9 fuseaux




2ème partie : APRES l'épingle


Et maintenant je regarde le dessin et je me pose la question suivante :

de quoi ai-je besoin en sortie, à l'extrême droite du croisement ?

une paire ? c'est à dire 2 fuseaux.

J'écarte donc 1 seul fuseau du paquet de droite
et je prend 1 fuseau du paquet de gauche qui va Croiser tous les autres pour se mettre à côté de son petit camarade.
ça y est, ma paire est constituée (je peux déjà la torde si je veux).


Ensuite, de quoi ai-je besoin ? 

une autre paire ?
Donc à nouveau j'écarte un fuseau du paquet de droite, et je ramène à côté un fuseau du paquet de gauche


Ensuite, de quoi ai-je besoin ? 

  une corde de 6 ? donc 6 fuseaux.
J'écarte 3 fuseaux du paquet de droite, et je ramène à côté 3 fuseaux du paquet de gauche (*)


et ensuite ?  un point d'esprit ? donc 4 fuseaux
J'écarte 2 fuseaux du paquet de droite, et je ramène à côté 2 fuseaux du paquet de gauche

et enfin ?
un point d'esprit ? donc 4 fuseaux.
ça tombe bien :  il me reste justement 2 fuseaux dans le paquet de droite et 2 fuseaux dans le paquet de gauche, j'ai donc tout ce qu'il faut pour mon point d'esprit.
 La vie est bien faite quand même ! 


Je tend légèrement tous mes fils, et hop, j'attaque ma corde de 6 et mes points d'esprit (en serrant bien au démarrage pour que mon croisement soit bien net.






Vous avez remarqué ? 

les fuseaux bleus de ma corde de gauche en entrée sont tout à droite maintenant.

Et inversement, les fuseaux verts de mon point d'esprit de droite en entrée .... sont bien dans mon point d'esprit tout à  gauche en sortie.

Normal .... c'est pour ça qu'on appelle ça un croisement en étoile !




(*)  vous avez des paquets de fuseaux qui doivent croiser ou Tordre d'autres paquets de fuseaux.
SURTOUT ne les prenez pas en vrac dans la main  
il faut que chaque fuseau reste à SA place au sein du paquet dont il faut partie, ceci afin qu'ils se croisent bien en étoile.

Donc quand vous devez croiser 7 fuseaux comme s'ils n'en faisaient qu'un ,
vous devrez vous y prendre en plusieurs fois,
ou les prendre bien à plat avec les deux mains,
et les reposer bien à plat.








On pense spontanément au croisement en étoile quand il s'agit du coeur d'une rosace, mais il s'applique à plein d'autres cas de figure (et pas seulement dans le Cluny d'ailleurs).

Regardez par exemple le dessin juste au dessus : deux point d'esprit viennent s'accrocher sur une épingle du pied.
Y a un truc pour faire ça .... mais imaginons que  vous ne vous en souveniez plus.

Soit vous allez fouiller dans vos livres et cahiers, soit vous attendez le prochain cours de dentelle pour demander,

soit .... vous vous dites la chose suivante :

J'ai ma paire de voyageurs et 2 points d'esprit, donc 3 éléments qui se croisent au même point ....
Alors pourquoi ne pas faire un croisement en étoile ?


Mais oui, vous pouvez aussi appliquer le principe du croisement en étoile à ce cas de figure.

je le dis et je le répète, tant pis : quand vous êtes embêtées, demandez vous toujours si vous n'êtes pas dans le cas d'un croisement en étoile.

(seul petit bémol : attention, ce ne sera pas toujours possible si vous faites de la dentelle polychrome puisque dans ce cas par exemple, la paire de voyageurs du pied va repartir dans un point d'esprit et une paire de l'autre point d'esprit va devenir le nouveau voyageur du pied)



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