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11 novembre 2009 3 11 /11 /novembre /2009 13:00




Et oui, nous sommes le 11 Novembre

quelle meilleure occasion pour vous proposer un petit billet sur la dentelle de la guerre 14-18 ?



Et pour illustrer ce type de dentelle, voici un napperon belge typique de la production de cette période, production à qui l'on va donner un nom :

 War Lace 
( dentelle de guerre )



Nombreux étaient les ouvrages de propagande pendant la première guerre mondiale.
Tout le monde se devait par exemple d'avoir son mouchoir imprimé ou brodé sur un thème patriotique.
La dentelle ne va pas déroger à cette règle.



Bien avant la guerre déjà, en Belgique comme en France, l'industrie dentellière ne devait sa survie qu'à quelques firmes renommées, et surtout à de nombreuses associations et fondations (exemple) dont le but était de trouver de nouveaux débouchés à la production dentellière, de transmettre les techniques en ouvrant de nouvelles écoles, de chercher des créateurs pour proposer des dessins nouveaux, etc.

Ces mêmes associations vont beaucoup aider les dentellières pendant la première guerre mondiale, avec des parrainages prestigieux et des financements d'états, comme par exemple "la Dentelle Belge" fondée par la reine Elisabeth de Belgique, et qui va permettre entre autre d'ouvrir aux dentelles belges le marché américain .

Et les américains vont s'enticher de ces dentelles, de nombreux bienfaiteurs outre atlantique vont aider les dentellières belges, leur procurant les fonds nécessaires pour leur permettre de continuer leur travail, d'acheter leurs fils, mais aussi tout simplement pour leur permettre de survivre, de se procurer de la nourriture.







Pour vendre sur ce marché américain, et aux pays alliés très demandeurs d'iconographie patriotique, les dentellières belges vont fabriquer de nombreux petits "souvenirs" comme ce napperon au point de Paris .

Il représente les symboles des grands pays alliés :

le lion belge,
le coq français,
la licorne anglaise
et l'ours russe

 (ours qui indique que la dentelle est sans doute antérieure à 1917, cet ours ayant été peu représenté sur les dentelles après la révolution russe).






Certaines de ces War Lace furent des pièces exceptionnelles offertes en remerciement à des institutions ou organisations officielles.
Exceptionnelles pour leur qualité technique .... mais pas toujours pour leurs dessins sur lesquels on retrouvait par exemple  souvent l'effigie des différents chefs de gouvernement alliés (en témoigne ce grand napperon à l'aiguille).
 

Mais la plus grande partie de cette production de guerre fut bien sûr une production commerciale bon marché et de piètre qualité, mais qui permettait aux dentellières, et aux écoles aussi, de survivre
 ...n'etait-ce pas là l'essentiel ?






Si le modèle le plus connu est donc ce modèle au point de Paris, à Grammont, ville belge spécialisée dans la dentelle de Chantilly en soie noire, on travaillera aussi beaucoup de war lace.

Ainsi Martine Bruggeman dans son livre "l'Europe en dentelle" raconte  que "le comité de la Croix Rouge commandait des modèles déposés en dentelle, ceux ci étant ensuite vendus au profit des victimes de la guerre. La soie faisant défaut à la fin de la guerre, le Chantilly et la Blonde furent réalisés en coton".














 

Ici, vous pourrez voir un grand carré sur le même thème que le napperon, avec en plus l'aigle américain .




Et pour finir, un petit exercice : avez vous trouvé où se trouve l'aponce sur le napperon ?














Moi je la trouve pas trop mal faite (d'autant qu'elle est beaucoup plus visible sur la photo qu'en vrai !)
 la voici en gros plan, elle est juste au dessus de la ligne bleue.





Et elle se trouve derrière l'ours 



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Published by Meriem - dans Histoire(s)
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6 novembre 2009 5 06 /11 /novembre /2009 19:40


Année 1868

Regardez comme elles sont belles  !
dans leurs ravissantes tenues de bal, en grand décolleté, bras nus

.....  en plein hiver !!!!


Bon, là, ça va, elles sont au bal : une  polka endiablée et  quelques coupettes de champagne, ça fouette le sang et ça réchauffe.

Mais à la maison, tranquilles,  comment faisaient-elles pour ne pas mourir de froid ?

Pour le savoir,  j'ai feuilleté très attentivement ce  magazine de mode de 1868 et je vais vous donner tous leurs "trucs" afin qui vous ayez le temps de bien vous équiper avant que le froid n'arrive.

Ca vous sera bien utile, car je ne sais pas si vous avez remarqué comme moi  que les magasins de vêtements, depuis quelques années, ne proposent plus que des chemisiers ou des petits t shirts légers, même en plein hiver . 
Charge à vous de régler le chauffage sur 30° !
Vive l'écologie !







Tout d'abord, l'incontournable "Damart" de l'époque : la Camisole.

Vous la tricoterez vous même bien sûr, " avec de la laine fine sur de grosses aiguilles de bois. Ce tricot forme un tissu élastique, et n'a besoin ni d'augmentations, ni de diminutions, pour prendre la forme du buste."

 Wahou ! moulante !
et tellement charmante avec son petit  ruban à l'encolure !











Pour compléter, vous pourrez aussi vous tricoter ce délicieux "petit caleçon pour dame".


Voui ....  là, j'ai comme l'impression que je vais pas réussir à vous le faire porter,  non ?
vous m'avez l'air super réticentes !

Bon, tant pis, oublions le caleçon, d'ailleurs l'article précise qu'il est plutôt destiné aux "personnes très frileuses ou de santé délicate".






Alors à la place, je vous propose ce très beau jupon au crochet.
c'est mieux ?
Je  vous explique en 2 mots : "ce jupon à pointe est fait au crochet tunisien, avec de la grosse laine blanche, et de la même laine rouge. Le bord inférieur a une garniture rouge et blanche"




Vous voilà déjà bien protégée du froid.

Quand on s'active, ça va, mais vous savez c'que c'est, quand on reste sans bouger,
à lire ou broder,
il vaut mieux enfiler un petit "Paletot de maison",
aussi appelé "Veste coin de feu".




Je vous propose deux modèles :



Le premier Paletot de maison est très chic :


"en cachemire violet, il est doublé de lustrine noire, brodé en perles blanches, crayeuses, et en ganse de soie, noire et blanche".




















J'avoue cependant avoir un petit faible pour le deuxième,
peut être moins élégant mais qui me semble plus chaud et douillet.

"Ce paletot est fait en molleton-cachemire blanc, et brodé soit avec plusieurs couleurs vives, soit d'une seule teinte, noire, brune ou Havane clair".







Pour combattre les petits vents coulis, je vous conseille de vous confectionner aussi une petite "Pèlerine", ou un "Fichu".




La Pèlerine est un petit mantelet ne couvrant que le haut du dos et de la poitrine. 



Le Fichu est une pièce de tissu souple (un lainage au crochet comme ici, mais il peut être aussi en dentelle ou  en soie), généralement de forme triangulaire, qui couvre le cou et les épaules (parfois aussi la tête s'il est destiné à être porté à l'extérieur). Il est généralement croisé sur la poitrine et souvent noué ou serré à la taille.


Ça y est, vous avez de plus en plus chaud ?


Ah ben non !  .... j'ai oublié notre point faible ..... nos pieds !
Rien de pire que d'avoir les pieds gelés.


ALors voici des pantoufles !
Bien sûr, même les pantoufles, c'est à vous de les faire : "cette pantoufle est brodée de point russe avec de la soie d'Alger verte, légèrement ouatée, et doublée de lustrine verte piquée; la semelle est en liège; une ruche de ruban vert sert de garniture."





Raffinées, mais pas très chaudes les pantoufles, aussi notre magazine nous propose-t-il  toutes sortes de modèles de chaussons, au tricot, au crochet, ou cousus en grosses toiles .

Vous vous dites que vous allez échanger vos élégantes pantoufles contre ces chaussons ?

Que nenni !

Vous allez vous tricoter ces chaussons que vous enfilerez par dessus vos pantoufles !!!






Je vous conseille de vous en tricoter plusieurs paires car les usages ne manquent pas. La revue précise que vous pouvez les porter aussi par dessus vos chaussures en voiture, en train ou à l'église, ou encore tout simplement au lit.

(heu ... en train ou à l'église, non ... mais au lit ... même 141 ans après .... j'avoue que c'est parfois utile.
Je sais pas si vous pouvez vous endormir les pieds gelés, mais moi, non !). 






Si vous restez longtemps assise, n'oubliez pas de vous équiper d'une petite chancelière.

Regardez ce tabouret-chancelière .... z'avez pas envie de glisser vos petits pieds dedans ?













Voilà, maintenant, vous avez chaud de la tête au pied !

  la tête ! 

Et oui, pour la tête, pensez à mettre votre bonnet de nuit.

Regardez comme il est bien conçu : même vos petites oreilles seront protégées !




Une collègue me racontait l'autre jour que son médecin lui avait conseillé pour ses maux de tête .... de dormir avec un bonnet de nuit !!!!
(et on en fait d'ailleurs porter aux nouveaux nés)



Voilà, j'espère que ce petit retour en arrière vous aura amusé(e)s.

La camisole, le caleçon, le bonnet de nuit ... aujourd'hui on dirait que ce n'est pas "sexy",
et pourtant,
je les trouve charmante nos jolies dames de 1868, non ?



c'est vrai qu'on n'est pas super élégantes dans les  bons gros pulls en tricot,
mais qu'est-ce qu'on est bien !


 






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Published by Meriem - dans Mode et costume
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4 novembre 2009 3 04 /11 /novembre /2009 18:51



Le mardi soir, c'est sacré, je ne rate jamais mon  rendez vous avec les

Desperate Housewives


Ben oui, que voulez vous ...  je suis fan ....
on a tous nos faiblesses .....



Donc hier soir, j'étais tranquillement installée devant ma télé, en feuilletant de ravissants magazines de mode pour préparer mon prochain article, 

quand  la terrible nouvelle que je craignais depuis la semaine dernière a été confirmée :

Oui : Edie nous a quittés, elle est morte, électrocutée !!!!!!

             

J'étais bouleversée,
en larme bien entendu,

et tout d'un coup, que vois-je dans mon magazine ?
hasard extraordinaire !

une photo d'Edie, en maillot de bain , 

ben oui .... en maillot de bain bien sûr ... voyons  ... sinon ce ne serait pas Edie


Alors, à vous toutes qui comme moi regardez la série,
à vous qui allez regretter Edie, sa démarche et ses vacheries,

et surtout aux quelques messieurs qui lisent ce blog et qui n'auront plus aucune raison dorénavant de regardez Desparate Housewives,

je vous offre cette dernière photo de notre belle Edie.









Ben quoi ?

depuis le temps que vous lisez ce blog, vous savez pas encore que quand je parle de magazines de mode , il s'agit bien sûr de magazines de ....  1868  ?   !!!
....

Alors je suis désolée, mais en 1868, même Edie aurait porté .... ça !




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Published by Meriem - dans Mode et costume
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31 octobre 2009 6 31 /10 /octobre /2009 16:50




Ahhhhh  la grande question  :   quelle longueur de fil mettre sur les fuseaux   !!!

Et avant de commencer un modèle, chaque fuseau déjà embobiné issu d'un ouvrage précédent, est soumis à un examen attentif dont il sort rarement vainqueur : est-ce qu'il reste assez de fil dessus ? 


Combien de fuseaux écartés injustement !!!
c'est un scandale dont on ne parle pas assez dans les médias je trouve



Résultat ?
on est envahi(e)s de fuseaux avec un petit peu (un petit peu-beaucoup souvent) de fil, qu'on n'ose jamais utiliser.


Alors  quand on me pose la question : combien de fil ?     est-ce qu'il y en a assez ?      etc
je répond toujours : mais on s'en fiche !
on s'arrangera, on a en réserve des tas de ruses !


Voici un exemple de ruse qui va peut être vous inciter à donner du travail aux pôv' fuseaux toujours rejetés par leur employeur car  jugés trop justes en fil.


Si vous voulez faire un petit modèle de Cluny avec beaucoup de cordes ... allez y, mettez tous vos restes de fils :

 les cordes, c'est une bénédiction quand il s'agit de changer de fuseau
.





Quand vous êtes au milieu d'une corde et que vous voyez qu'un fuseau commence à se vider dangereusement, profitez en pour le changer tout de suite, au milieu de la corde, avant que le fuseau  ne se lance par exemple dans un mat où le changement de fil se remarquera plus.



Il reste encore du fil sur mon troisième fuseau, mais imaginons qu'après cette corde, j'ai de grands motifs en mat, grille, ou des points d'esprit.



Alors j'anticipe ... je profite de cette corde pour changer de fuseau

Sur cette photo, vous voyez que tout à côté de la corde, sur une épingle provisoire, j'ai accroché un nouveau fuseau plein.





J'arrête ma corde en plein milieu, je mets le fuseau vide à l'arrière et je le remplacez par le nouveau fuseau.

Et je recommence à travailler ma corde comme si de rien n'était, en serrant bien fermement cependant, surtout au départ.

Mais de toutes les façons, les cordes ne sont belles que si elles sont bien serrées tout le temps !

Quand j'aurai un peu avancé ma dentelle, je vais couper le fil pour récupérer le fuseau abandonné.
Inutile pour l'instant de couper le fil au ras de la corde, d'ailleurs on ne le peut pas à cause des épingles qui nous en empêchent à ce stade.


On peut  aussi enlever l'épingle provisoire si elle gêne.







Quand les épingles auront été enlevées et que la corde sera bien dégagée, alors on pourra prendre les deux petits bouts de fils, les tendre et couper au ras,
 mais alors vraiment au ras,  de la corde.

Pas de noeud, rien ... c'est hyper solide ...   et invisible.









Dans la photo du début, mon fuseau jugé vide avait encore quelques tours de fils.
Mais quand il y en a peu sur le fuseau, ça tient mal, ça glisse.

Souvenez vous de la "sous couche" dont on a déjà parlé.

Si vos fuseaux sont embobinés sur une sous couche, ça vous permet de gagner un peu de fil,.
Ça vous permettra de terminer un mat par exemple, sachant que juste après il y aura des cordes qui vous permettront de le faire disparaître.






Regardez sur cette photo, le 3ème fuseau est embobiné avec une sous couche de fil bleu clair, sur lequel est attaché par un noeud le bout du fil de la dentelle.



Là ...  on peut dire que je ne vais pas perdre beaucoup de fil  !!!! 
à peine 2 cm
Ben quoi .... on est radin on on ne l'est pas, c'est tout !





J'oubliais de dire que ce truc marche aussi très bien quand un fil casse au niveau d'une corde.
On ne fait surtout pas de noeud !!!
Même s'il a cassé au ras de la corde, tant pis, on ne défait rien !!!!

On laisse le petit bout de fil cassé où il est, on attache le fuseau sur une épingle provisoire à côté du lieu de la "catastrophe" ....  et on reprend la corde comme si de rien n'était !

Ahhhhhh  qul bonheur de casser son fil dans une corde !




Comme je suis une grande sadique, quand mes élèves apprenaient la corde ..... 
j'allais couper un fil exprès avec une paire de ciseaux  !


je vous dis pas la tête de la pauvre dentellière se demandant quelle mouche m'avait piquée !
.... et les rigolades des "anciennes" à qui j'avais déjà fait le coup à leurs débuts.

tout ça pour avoir l'occasion de lui montrer comment faire quand le fil cassait




Radin .... Sadique ....
heu, j'ai beaucoup de défauts je trouve !
va p't'être falloir que j'fasse quelque chose

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Published by Meriem - dans Techniques
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24 octobre 2009 6 24 /10 /octobre /2009 13:49

J





Aujourd'hui, j'avais envie de mettre une jolie lettre à broder :

Un J
 
J   comme Jeannette



La Mode Illustrée 1893

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Published by Meriem - dans Mélange
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21 octobre 2009 3 21 /10 /octobre /2009 15:10

 


Gros point de Venise
dentelle italienne à l'aiguille,  XVIIème siècle.

Le gros point de Venise, c'est une explosion, une révolution, un coup de tonnerre dans toute l'Europe.

Finis les dessins géométriques imposés par les contraintes techniques des premières dentelles à l'aiguille.
Le gros point de Venise est libre de ses mouvements, et il en profite pleinement,  il multiplie les arabesques, les interminables volutes fleuries qui courent de façon désordonnées,  les feuilles d'acanthes, les grenades, les fleurs de pivoines richement travaillées.

Et les dentellières rivalisent de prouesses techniques, de raffinement, de points différents, d'invention, jouant avec les creux et les reliefs..... oui,  surtout les reliefs !

Le résultat ?
Une riche et somptueuse dentelle sculpturale.

Les éléments décoratifs, inspirés de l'orient sont disposés de façon libre, au moins dans les productions italiennes d'origine.
Plus tard, les copies françaises auront tendance à organiser les éléments décoratifs de façon symétrique autour d'un axe central.

Jusque vers 1650, les motifs sont simplement cousus entre eux.
Dans la deuxième partie du XVIIème siècle, ils seront reliés par des brides picotées qui deviendront de plus en plus nombreuses et ordonnées, présageant de ce que seront les réseaux dans les points à l'aiguille du XVIIIème.


Après avoir lu cet article, mon rêve serait que vous sachiez reconnaître
immédiatement un Gros Point de Venise (1)

..... même si ça n'en est pas !


Un gros point (2) de Venise se reconnaît au premier coup d'oeil :

une dentelle à l'aiguille dense, lourde, très riche;

des volutes et des arabesques interminables et désordonnées;

des fleurs extraordinaires, travaillées avec des points de fantaisie très variés (marqués par des points jaunes sur la photo) : chevrons, pavés diamantés, grilles, etc;

le tout bordé d'un relief  très accentuées (flèches rouges) obtenu en posant sur le bord une mèche de fils plus ou moins épaisse, fixée par des points de boutonnières.

Ces reliefs sur le bord des motifs sont appelés des"brodes", et le gros point de Venise se reconnaît entre autre  à l'extravagante grosseur de ses brodes.

Les motifs peuvent être reliés entre eux par des prides disposées de façon plus ou moins régulière (flèches bleues)







Dans un premier temps, quand vous voyez ça, vous devez tout de suite dire :
Gros point de Venise  !


C'est effectivement un magnifique et très rare col en gros point de Venise.
Pour être honnête, des vrais points de Venise XVIIème siècle, vous avez peu de chance d'en trouver dans vos greniers !
Et même dans les musées, il est  rare de voir des pièces entières comme celle ci, car souvent, la dentelle a été découpée et réutilisée au cours des siècles pour être adaptés aux différentes modes successives.




Quand vous voyez ça, vous devez aussi dire :  
Gros point de Venise



Et pourtant, ça n'est pas du Gros Point de Venise, c'est une imitation, mais ça ne fait rien : c'est une imitation parfaite, travaillée exactement de la même manière, avec les mêmes motifs .... mis plus tardive.
Il faut d'abord savoir reconnaître le Gros Point .... tout en gardant dans un coin de sa tête que c'est peut être une imitation, et là, ça devient une affaire de spécialistes.

Il faut bien se rappeler que cette dentelle a eu tellement de succès pendant plusieurs siècles, qu'elle a été beaucoup imitée, à toutes les époques, dans tous les pays, et dans toutes les techniques.

Le VRAI gros point de Venise du XVII ... il est vieux... souvent abîmé,  sans doute jauni (3), luxuriant mais un peu fouilli, somptueux mais parfois maladroit.
Cette photo vous montre une dentelle trop sagement composée, trop nette, trop parfaite, trop propre, trop blanche, autant d'indices qui font penser à une imitation plus tardive (XVIIIème)
C'est une imitation irlandaise.

En France, au XIXème siècle, la célèbre maison Lefébure d'Alençon s'était fait une spécialité de ce qu'elle appelait le "Point Colbert" et qui était une parfaite imitation de gros point de Venise, travaillé dans les règles de l'art, c'est à dire à la main et à l'aiguille.



Devant ces feuilles d'acanthe et ces brodes très accentuées,
pensez tout de suite au  Gros point de Venise




 même s'il s'agit en fait  ...  d'une dentelle aux fuseaux.


Et oui, quand vous êtes une dentellière aux fuseaux, à une période où le gros point de Venise est à la mode et se vend comme des petits pains, que vous reste-t-il à faire pour survivre ?

Apprendre la dentelle à l'aiguille ? pas possible.

Alors il ne restait plus qu'à l'imiter le mieux possible.

Et il faut dire que l'imitation est quasi parfaite.

 Les toilés ajourés aux fuseaux imitent à merveille les points de remplissage à l'aiguille.

Puis le relief (la brode) était rajouté au bord des lacets et travaillée de façon classique à l'aiguille.









Riche branche fleurie, fleurs de pivoines avec grosses brodes accentuées ?
Gros point de Venise bien sûr !







Mais en fait, il s'agit là d'un gros point de Venise mécanique

 (chimique exactement ... un jour on parlera de la différence entre mécanique et chimique).


Mais belle  imitation !












Et là aussi, même si la photo n'est pas très bonne, aucun doute possible :
 Gros point de Venise !




et pourtant il s'agit dune broderie.

Oui, aussi extraordinaire que ça puisse paraître, ce n'est ni de la dentelle aux fuseaux, ni de la dentelle à l'aiguille, c'est brodé !

Cette imitation me laisse baba !

j'aurais mis ma main à couper .... mais bon, puisque les conservateurs des Musées Royaux d'art et d'histoire de Bruxelles disent que c'est de la broderie, je leur fais entière confiance !

Je crois que j'admire presque plus cette broderie, ainsi que l'imitation aux fuseaux précédente : quel art, quelle maîtrise pour arriver ainsi à faire aussi bien, sinon mieux, que l'original !






Une petite touche d'histoire pour conclure ?


Née en Italie, à Venise, au XVIIème siècle, le Gros Point de Venise  va avoir un succès considérable dans toutes les cours d'Europe et bien sûr en France ou Louis XIV ne pouvait trouver dentelle plus adaptée au Roi Soleil, plus spectaculaire et plus majestueuse.



Quand je disais que c'était une dentelle "sculpturale".
Je ne pense pas qu'il y ait beaucoup de dentelles qui puissent être représentée set aussi reconnaissables taillées dans la pierre !


Sur cette photo d'un buste de Louis XIV, on voit une des utilisations très courante du gros point de Venise à l'époque : en cravate.

Mais on en portait partout sur les vêtements, et elle servait même dans l'ameublement.
















 La noblesse va se ruiner (parfois  au vrai sens du mot !) pour ce Point;
 on cherchera alors par des décrets à en limiter l'importation, mais ces interdits sont sans effet, et le ministre des finances, Jean Baptiste Colbert, se livrera à un véritable espionnage industriel, créera des Manufactures Royales (à Alençon entre autre) et fera venir des dentellières vénitiennes pour qu'elles y enseignent leurs techniques.

Il faut savoir que Venise menaçait ses dentellières de représailles si elles partaient enseigner leur art à l'étranger.
Elles risquaient, sinon la mort, tout au moins de voir toute leur famille emprisonnée si on s'apercevait qu'elles étaient parties en France .... où elles étaient d'ailleurs fort mal accueillies par les dentellières locales (4)

Les différentes manufactures de Colbert eurent un destin inégal, mais celle d'Alençon en tout cas va remplir sa mission à la perfection, jusqu'à égaler les fabrications vénitiennes ... et même les détrôner en créant une nouvelle dentelle : le Point de France .... mais ceci est une autre histoire.










A ne pas manquer

Je vous envoie sur le site du Musée de Retournac qui a comme projet d'organiser un colloque en 2010 sur le gros point de Venise.
A la fin de l'article, vous trouverez plusieurs documents PDF que je vous conseille d'ouvrir : de magnifiques photos, des gros plans superbes, vous permettent de voir plein de détails.
c'est    ICI






(1)attention, bien dire "Gros Point de Venise", ne pas se contenter de dire "Venise", car il existe plusieurs autres dentelles avec Venise dans leur nom.

(2)"Point" s'emploie généralement pour désigner une dentelle à l'aiguille (je dis "généralement", car bien sur il y a des exceptions comme le Point de Paris qui est aux fuseaux .... ben oui, pourquoi faire simple, hein ?)

(3) les dentelles à l'aiguille ont plus tendance à jaunir. En effet, la dentellière à l'aiguille touche beaucoup le fil avec ses doigts, et l'acidité de la peau, de la sueur, aura tendance à faire jaunir le fil.
Les marchands autrefois connaissaient leurs dentellières et savaient celles dont les dentelles auraient plus ou moins tendance à jaunir.
Aux fuseaux au contraire, on ne touche pas son fil avec les doigts et la dentelle restera plus blanche avec le temps. (j'insiste sur le fait qu'on ne DOIT JAMAIS toucher son fil avec les doigts .... même pour rembobiner, débobiner, tirer, etc.... attention ....  je surveille )

(4) Quand j'ai commencé la dentelle, j'ai lu avec avidité un roman de Janine Montupet : la dentellière d'Alencon  (suivi de Judith Rose).
C'est un roman, mais qui permet de découvrir les débuts de la dentelle d'Alençon, l'arrivée des dentellières vénitiennes, le partage du travail (sorte de travail à la chaîne, pour qu'aucune dentellière ne connaisse toutes les étapes de la fabrication .... et ne parte ensuite l'enseigner ailleurs).

Je n'ai jamais relu ces livres depuis, peut être serais je plus critique aujourd'hui ... mais bof, tant pis, ne boudons pas notre plaisir : si vous les trouvez, achetez les et dévorez les (je ne sais pas s'ils sont encore en librairie, mais ils  sont souvent en vente à petit prix sur ebay ou sur le bon coin)





Les stars, dans leur ordre d'apparition à l'écran

1 - Gros Point de Venise XVIIème,Musées Royaux d'Art et d'Histoire Bruxelles
2 - Col en Gros Point de Venise, vers 1660. Musée d'Ecouen
3 -  gros plan d'un Gros Point de Venise, vers 1660
4 -  imitation à l'aiguille du gros Point de Venise, Irlande vers 1886;  Victoria & Albert Museum
5 -  Imitation du Gros Point de Venise aux fuseaux. Flandre, vers 1670
6 - Imitation du gros Point de Venise en dentelle chimique
7 -  col brodé imitant le gros point de Venise. Musées Royaux d'art et d'histoire de Bruxelles
8 - Buste de Louis XIV par Antoine Coysevox - Musée de Beaux Arts de Dijon
9 - Jean Murat - La duchesse d'Orléans et ses enfants (détail). 1680.  Musée du Château de Versailles

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17 octobre 2009 6 17 /10 /octobre /2009 18:00

 





Voilà, je vais me mettre dans un nouvel article .... dont je n'ai pas encore choisi le sujet
j'suis mal partie ....

 alors pour vous faire patienter, je vous propose d'admirer ce
petit bijou


Et voilà, j'en étais sûre !!!
vous faites la grimace !!!


Vous savez pourtant que je vous vois,
et que ça me fait de la peine 

Elle vous plait pas ma dentelle ?


hé hé ....  parce que vous ne la voyez pas "en situation",
mais moi je vous dis que c'est un petit bijou


Je vous laisse un peu cogiter et imaginer la façon dont elle a été utilisée pour passer de

"dentelle aux fuseaux maladroite et pas géniale"
 à
 "petit trésor à faire fondre"



A demain







Dimanche 18 Octobre



j'ai un peu triché hier : la dentelle parait grosse et rustique,
en vérité elle est très fine (2cm de large)



et





et


 



et elle orne une ravissante ancienne petite robe de bébé


Hauteur 38cm



Je suis toujours songeuse devant ce travail, cette finesse du tissu, de la dentelle, des petits plis religieuses, de tous les petits détails de ce travail d'une infinie délicatesse.






j'espère que vous n'êtes pas
déçu(e)s  par ce que je trouve être un véritable petit bijou de blancheur et de finesse


Bon dimanche


et si vous aimez, il y en a
d'autres chez  Marie









(et n'oubliez pas qu'autrefois, ces robes étaient portées par les petites filles ET les petits garçons)

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Published by Meriem - dans Mode et costume
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14 octobre 2009 3 14 /10 /octobre /2009 17:10






Dans "l'Europe de la Dentelle", Martine Bruggeman fait allusion à la dentelle de Monóvar en quelques lignes :

"Certaines petites villes des provinces de Valence et d'Alicante avaient une industrie dentellière non négligeable: Monóvar, Alcoy et Novelda ... .... ...La spécialité de Monóvar était la dentelle d'incrustation pour le linge de maison".

Voilà tout ce que je savais de Monóvar il y a un mois, et puis un jour, mon amie Claudia qui habite dans ce  village, à 40 km d'Alicante, me dit dans un mail qu'à l'occasion d'une fête locale elle venait de faire de la dentelle toute la journée avec d'autres dentellières sur "le balcon" .... 

Le balcon ?  quel balcon ? qui sont ces dentellières ?   une association ?
Je lui ai donc demandé de me "raconter" la dentelle de chez elle.



Elle m'a raconté ...

j'ai beaucoup aimé ...

et je lui ai demandé la permission de vous faire partager l'histoire de la dentelle, et de l'école de dentelle de Monóvar.

J'insiste donc sur le fait que cet article est à 99% signé CLAUDIA, j'ai repris ses mails tels quels, sa façon de raconter est tellement vivante , j'ai juste fait la mise en page et rajouté 2ou 3 mots par ci par là.




La mairie de Monóvar essaie de reprendre les anciennes traditions de quartiers, et pour la fête locale, les dentellières se sont réunies pour travailler exactement là où se réunissaient leurs grands mères il y a 100 ans.
C'est un endroit très pittoresque qui s'appelle "El Balcon". C'est magnifiquement fleuri, devant des "grottes" qui sont encore habitées, il y a des figuiers de barbarie partout et on peut contempler tout le village .


Faire de la dentelle avec ce paysage sous les yeux !!!! vous imaginez ?




En 1949 s'ouvre à Monóvar une école pour les fillettes de 6 à 12 ans. Elles y apprennent les bases de la dentelle Torchon .
La plupart de ces fillettes ont une soixantaine d'années maintenant, et aucune n'a plus jamais fait de dentelle (Randa). Il faut dire que c'était un apprentissage obligatoire ... et donc cela n'incitait pas à retenir grand chose, et encore moins à aimer !



Elles y apprenaient d'abord une petite dentelle coquille, c'est la Peladilla (dragée en français).
En deuxième année elles y ajoutaient des grains d'orge (milano) et des points à la vierge (Punto de la virgen).
Elles n'apprenaient ni à commencer ni à terminer leur dentelle.
Elles savaient cependant "remonter" leur dentelle quand elles étaient arrivées en bas du carton : elles mettaient tous les fuseaux dans un petit sac bien serré, et repiquaient ensuite les épingles dans les trous en haut du coussin.

Pour leur communion, ces fillettes faisaient un petit mouchoir, mais c'est leur professeur qui tournait les angles, et une autre dame aponçait et cousait le tissu.



Bien sûr, les fuseaux étaient tournés par des artisans du village (on voit des fuseaux de Monóvar  sur la photo du coussin de Claudia un peu plus bas). 
Ces fuseaux on entre 15 et 17 cm, ils sont bruyants, d'où leur charme.
Il y a une dizaine d'années, quand on passait dans la rue, on entendait encore le bruit des fuseaux  maniés par les fillettes de l'école . Le "chant" des fuseaux de Monovar  avait même un nom : le "rebolica", et les fillettes chantaient en travaillant.

Maintenant il n'y a plus de petites filles dans cette école, mais il y avait encore 6 personnes adultes il y a encore deux  ans.... dont Claudia.
Et oui, Claudia a appris les bases de la dentelle dans la seule école officielle qu'il reste en Espagne (le professeur était payée par l'état).






A Monóvar , on travaille sur un coussin (bolillero ou mundillo) en paille bien serrée ,et recouvert d'un tissu.

On ne tient pas les fuseaux par dessous. Ils sont posés sur le coussin, et glissent sur un morceau de bristol.

Un petit morceau de tissu, accroché en haut du coussin est rejeté à l'arrière quand on travaille, et sert à protéger la dentelle quand on arrête.
En épinglant bien ce petit drap, cela permet de maintenir les fuseaux pendant le transport.


Il y a une petite vidéo qui permet de voir tout ça.
cliquez

Le fond Torchón se travaille en passées tordues ( CTCT.CTCT au lieu de CT.CT), c'est à dire qu'il correspond à ce qu'on appelle fond épingle close du Velay ou fond Bruxelles.










L'école était aussi un atelier qui donnait du travail à de nombreuses dentellières.

L'école fournissait les fils, les patrons sans dessins (seulement les trous) et les dentellières travaillaient chez elles pour l'école-atelier.

Elles étaient payées au mètre, mails il y avait aussi les chevronnées qui faisaient des napperons, des mantilles, des mouchoirs pour Santa Bárbara , la patronne de l'Ermitage (photo du début de l'article), et qui travaillaient même pour les rois d'Espagne (oui oui !!! Don Juan Carlos et Dona Sofia !!!).
Certaines ont même reçu des prix de "Meilleure Dentellière d'Espagne"




Les dentellières travaillaient dans les rues, face au mur contre lequel elles appuyaient leur coussin.
Il pouvait aussi être appuyé au dos d'une chaise ou sur un pied  .







Le mari de Claudia lui a raconté que les rues de Monóvar étant très escarpées, les dentellières d'antan avaient des chaises adaptées à leur coin de mur, c'est à dire des chaises avec des pieds plus courts d'un côté que de l'autre ! 



Claudia dit "Randa", moi je croyais que dentelle se disait "Encaje" en espagnol.
Elle m'a donc expliqué qu'on disait effectivement Encaje en Espagnol (ou plus exactement en Castillan) et Randa en dialecte local de Valence.
A Madrid, on dira donc Encaje.
A Valance, Alicante et Monovar, on dit Randa.

L'origine du mot Randa est d'ailleurs la même que celui du mot Dentelle.
Dentelle vient du mot "dent" (en référence au bord dentelé) et sa traduction exacte serait "Puntilla" .
Punta veut dire "bord dentelé" , si le bord est droit on dit "entredós", entre-deux en français.

Voilà, Claudia et moi esperons que ce petit voyage vous a plu !





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Published by Meriem - dans Découvertes
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7 octobre 2009 3 07 /10 /octobre /2009 09:06





Voici une délicieuse petite dentellière brodée, que j'ai trouvée dans une vieille revue.

N'est-elle pas  mignonne comme tout ?


son petit coussin à épingle joliment brodé, avec un pompon décoratif .... tout ce qu'on aime, nous les dentellières.
On voit bien son carreau, avec une dentelle au mètre commencée.
On voit les fuseaux ... bref, une scène charmante !


mais .... quand on fait de la dentelle, on n'est pas aussi penchée que ça sur le haut de son carreau ?
et que tient-elle à la main ?


moi je dirais que c'est un crochet .... mais pourquoi a-t-elle besoin d'un crochet ?
pas utile le crochet quand on fait une bande toute droite .....


j'ai un affreux pressentiment .... j'ose pas le dire, mais j'ai l'horrible impression qu'elle ...

et bien oui,  ....  qu'elle   bidouille


Qu'est-ce qui se passe ?
y a un truc qui colle pas dans sa dentelle ?

elle s'aide peut être d'un crochet ou d'une grande épingle pour compter quelque chose et chercher où est l'erreur ?

Elle est peut être en train de gratter sur son mat qu'elle trouve mal fait, pour essayer de répartir les paires plus régulièrement ?

Ou bien elle fait un petit accrochage, ni vu ni connu, pour remplacer plus ou moins habilement un point oublié, remettre une paire dans le droit chemin ?

Ou alors elle vient de casser son fil et elle cherche à rattraper le petit bout pour faire un noeud ?

en tout cas .... elle   bidouille

et là, voyez vous, je trouve que dans les coups durs, on doit respecter l'intimité des dentellières,

 je trouve ça pas très sympa de la part de la brodeuse d'avoir choisi de la représenter juste au moment ou elle a des ennuis.

pffff j'suis dégoûtée

et dire que je croyais que les brodeuses étaient nos amies !



surtout que c'est injuste car ça  nous arrive vraiment rarement,
 trèèèèès rarement  de bidouiller ....

non ... c'est vrai .... j'vous assure ....

toutes les dentellières vous l'diront !







Jeudi 8 Octobre


Elle ne vous a pas fait penser à quelqu'un notre petite dentellière  brodée ?

A mon avis, la personne qui a dessiné le modèle de broderie avait eu l'occasion d'aller au Louvre admirer la dentellière de Vermeer.

exactement la même pose, le même geste
exactement la même table, le même carreau à dentelle bleu.
Même l'idée du coussin décoré avec un pompon à gauche.
Un grand col autour du cou, même forme mais couleur différente.

étrange, non ?

Sauf que Vermeer avait peint le bon geste : elle tient ses fuseaux de la main gauche pour bien piquer son épingle de la main droite (et oui .... elle est droitière finalement !)

Notre brodeuse n'a pas compris le geste, ou bien elle ne s'est pas souvenu de ce qu'elle tenait dans la main .... alors elle a fait une sorte de longue épingle-crochet...




Conclusion ?

Notre petite dentellière n'a jamais bidouillé, elle a toujours eu le bon geste qu'on répète toutes tellement souvent sur notre dentelle !


alors c'est qui qu'a bidouillé ?

C'est  la  bro - deu - se ........ na na na na nè-re ........

   

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Published by Meriem - dans Mélange
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3 octobre 2009 6 03 /10 /octobre /2009 19:10



Et si on se faisait un petit article rien que sur les
Araignées

(aussi appelées Grains d'orge)

C'est un point qu'on ne trouve pratiquement que dans la dentelle Torchon.
On le trouve soit isolé au milieu d'un fond torchon, parfois groupé par 2 ou 3, on peut aussi le trouver au milieu d'un motif en mat ou en grille, et il existe même des fonds uniquement à base d'araignées.




Tout d'abord un petit mode d'emploi pour celles qui n'ont jamais fait d'araignées.


Quand vous commencez une araignée, vous avez au minimum 4 paires de fuseaux devant vous, 2 paires à gauche et 2 paires à droite.
J'ai l'habitude dans ce cas de parler d'araignée à 4 pattes.

Pour notre exemple, nous allons utiliser une araignée à 6 pattes, c'est à dire travaillée avec 6 paires, sachant que le principe est le même quel que soit le nombre de pattes.

Une araignée classique (comme celle qui figure en photo en haut de l'article) se travaille en passées (CTC) dessinées en violet sur les dessins techniques.

La première paire de gauche (a) traverse les 3 paires de droite en passées.

Puis la deuxième paire de gauche (b) traverse les 3 paires de droite en passées (attention, traversez 3 paires seulement, ne retravaillez pas la paire 'a' qui vient de traverser).

Et enfin la troisième paire (c) traverse aussi les 3 paires de droite en passées.

On pose l'épingle au milieu (on est souvent obligé pour cela de soulever un peu le travail avec l'épingle ... c'est normal, ça n'est pas grave).

Puis, on refait exactement la même chose qu'au début, c'est à dire que chacune des 3 paires de gauche (d, puis e et f) va traverser les 3 paires de droite en passées.



L'araignée est terminée .... mais elle ne ressemble pas à grand chose    c'est à vous de la former en tirant légèrement sur chaque paire pour que le mat qui forme le corps de l'araignée s'aplatisse et prenne une jolie forme ovale.
Ne tirez pas trop pour ne pas la ratatiner autour de l'épingle !  pauv' bête !

Une chose très importante aussi est de bien freiner son ardeur quand on reprend le travail du fond Torchon après avoir travaillé une araignée.
En effet, vous allez  travailler le fond en biais comme d'habitude,  vers la gauche ou vers la droite, peu importe.
Si vous tirez trop fort sur vos paires, vous allez déformer votre araignée qui sera toute aplatie d'un côté et dodue de l'autre.
Après les araignées, veillez donc à travailler votre fond d'une main de fer .... mais dans un gant de velours .



Le principe des torsions au début et à la fin des araignées.


Toutes les pattes des araignées n'ont pas la même longueur : celles du haut sont courtes, et celles de côté sont beaucoup plus longue, encore plus longues s'il s'agit d'araignées à 6, à 8 pattes ou plus.

Quand elles sont au milieu d'un fond Torchon par exemple, les petites pattes ne nécessitent souvent pas de torsions supplémentaires (elles ont 1 torsion naturelle issue du fond Torchon).
Par contre, il faudra en rajouter sur les grandes pattes. Il n'y a pas de règle absolue, c'est à vous de juger sur quelles pattes vous allez en rajouter et combien.

Par contre, ce que vous avez fait en haut de l'araignée, il faudra le reproduire à l'identique en bas, ça c'est une règle absolue !

Prenons l'exemple de droite : on n'a pas rajouté de torsions sur les 2 premières paires, elles ne sont donc tordues qu'une seule fois (torsion naturelle en sortie du fond Torchon).
Par contre on a rajouté une torsion sur la 3ème paire (de chaque côté) : elle est donc tordue 2 fois.

L'araignée étant travaillée en passée (CTC), les paires ne sont pas tordues à la fin de l'araignée.
Pour que les grandes pattes de chaque côté soit aussi tordues 2 fois, il va falloir rajouter 2 torsions (et non 1 comme au début).
De même, sur les petites pattes, il va falloir rajouter une torsion pour qu'elles soient tordues une fois.



Prenons maintenant cette araignée au milieu d'un Dieppe.

J'ai décidé, comme précédemment de ne pas rajouter de torsions sur les 2 premières pattes, et d'en rajouter une seule sur la 3ème patte de chaque côté.

Mais ... le Dieppe se termine par 2 torsions naturelles (CT.CTT).
Cela veut dire que mes petites pattes sont tordues naturellement 2 fois et la grande patte aura donc 3 torsions en tout.

C'est pourquoi, afin d'avoir des torsions identiques à la fin de mon araignée, je suis obligée de rajouter 3 torsions sur la grande patte, et 2 torsions sur les petites pattes.






Si vous n'êtes pas familiarisées avec les dessins en couleur et la logique des torsions, vous pouvez vous référer aux articles précédents sur le sujet, ici, ici et .






il y a plein de façons différentes de travailler les araignées, elles ne sont pas toutes travaillées en passées, et pas toutes travaillées avec une seule épingle au milieu non plus.

Pour celles qui ne sont pas très habituées à la lecture des dessins techniques, nous allons déchiffrer ensemble un dessin un peu plus complexe .
Vous pourrez ainsi suivre plus facilement peut être les autres dessins proposés dans le document proposé plus bas.

L'araignée que nous allons "décortiquer" est  en passées au centre, mais cernée d'un rang en passée tordue.




J'ai schématisé le fond torchon par des petits traits verts pour alléger le dessin, sur un "vrai" dessin technique, il doit être dessiné comme sur les schémas précédents bien sûr.

C'est une araignée à 6 pattes. Le dessin me dit de rajouter une torsion sur chacune des pattes avant de commencer mon araignée.

La première paire de gauche traverse les 3 paires de droite en passées tordues (CTCT   en rouge sur le dessin technique)
La deuxième paire de gauche traverse la première paire de droite en passée tordue (rouge), puis les deux suivantes en passées (violet).
La troisième paire de gauche fait comme la précédente.

Je met l'épingle au milieu.
Et, dans ce cas, comme il y a des passées tordues qui rendent la dentelle plus "dure", je commence déjà à tirer sur chaque paire pour commencer à bien lui donner sa forme.

Ensuite ma première paire de gauche traverse 2 paires de droite en passées, puis je fais une torsion avant de traverser la dernière paire de droite en passée tordue
Je fais la même chose avec le deuxième paire de gauche.
Je fais une torsion sur mes deux premières paires de droite
Et enfin ma dernière paire de gauche traverse les 3 paires de droite en passées tordues.
Puis je rajoute une torsion sur toutes mes paires avant de recommencer le fond Torchon.

Pourquoi ces torsions bizarres qu'on rajoute dans la deuxième partie ?

On voit bien sur la photo qu'il y a une torsion au milieu de l'araignée, torsion qui permet de bien séparer le petit corps en mat et la paire de ceinture en passées tordues.
Cette torsion était "naturelle" dans la première partie, elle venait naturellement des passées tordues puisqu'on faisait le rang de  passées tordues avant le mat.
Dans la deuxième partie, on fait le mat avant le rang de passées tordues : comme en sortie du mat on n'a pas de torsion naturelle, il faut donc la rajouter.



Voli voilou pour les araignées.

Si vous avez envie d'en essayer d'autres, vous cliquez sur Papillon qui vous offre toute une famille d'araignées de toutes sortes, en passées, passées tordues, demi passées, avec 1, 2 ou 4 épingles.
Et ce n'est pas un catalogue exhaustif, sachez qu'il en existe plein d'autre .... et que rien ne vous empêche d'en inventer.

Excusez la piètre qualité des couleurs des schémas : j'arrive pas à avoir de bonnes couleurs tout en gardant une taille de fichier raisonnable....j'en ai marre de chercher cet après midi, je verrai si je peux arranger cela demain.



 




Toutes ces araignées sont  interchangeables.
Rien de tel pour personnaliser un modèle que de travailler les araignées d'une façon différente de celle qui vous est proposée, rien ne vous empêche même de mélanger les types d'araignées sur une même dentelle.

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