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12 mars 2011 6 12 /03 /mars /2011 15:40

   

Reve-de-dentelle-12

 

 

Nous sommes au XVème siècle et un nouvel élèment fait son entrée dans le costume :

 

 le linge

 

 

Porter du linge sur la peua, c'est agréable

mais ce n'est pas donné à tout le monde, c'est un luxe.

 

Alors, puisque c'est un signe de richesse, il est hors de question de le laisser à sa place, sous le vêtement ,

non, il faut le montrer.

  

Ce linge blanc, immaculé,  va couvrir le cou et  la tête, avec des superpositions de drapés.

Il va magnifiquement éclairer le visage. On le veut parfait, empesé, plat et surtout le plus fin possible.

Regardez le portrait, on voit le front et la coiffe sous le linge .... il est très fin, ça ne peut pas vous échapper.

 

 

Reve-de-dentelle-3

 

 

 

Mais la Renaissance va vite se lasser de cette rigueur quasi monacale.

 

On va élargir le décolleté,

on va donner du mouvement au linge,

on va adoucir,

on va arrondir les lignes.

 

 

Et puis surtout, on va déborder d'imagination ,

on va jouer avec le linge,

on va le froncer, le gonfler, le plisser

 

Reve-de-dentelle-4

 

  

 

 

 

 

 

 

 

 

Le cou ne suffit plus, il faut en rajouter,

il va ressortir aux poignets

 

 

 

 et on va même faire des trous, des "crevées" dans les costumes pour en faire ressortir des bouillonnés gigantesReve-de-dentelle-13ques de linge blanc.

 

 

 

 

  

 

 

 

 

Mais c'est pas tout ça

il faut que la technique suive  

 

Car au bord des encolures et des poignets, il faut consolider la toile, tout en laissant l'impression de légèreté et de transparence.

 

Alors plutôt qu'une simple couture, on va utiliser une technique bien connue depuis longtemps : la broderie

 

  

  

 

 Au départ, ces broderies étaient donc surtout utilitaires.

 

Sur cet homme,  une petite broderie en forme de dents pour l'encolure arrondie.

Et plutôt qu'un simple couture, on a assemblé la manche avec un petit jour décoratif.

.

 

Reve-de-dentelle-10  

 

 

 

 

 

 On trouve ça joli

...

Il est joli ce petit jour, ça donne envie d'en faire plus.

 

 

et cette petite dent en haut,

elle est délicate comme tout,

...

C'est même dommage qu'elle ne soit pas dans l'autre sens, elle se serait détachée sur le col sombre, cela aurait été magnifique.

 

 

 

 

 

 

 

Ajourer et faire des dents

Ajourer et faire des dents

Ajourer et faire des dents

 Ajourer et faire des dents

 

Cela va devenir quasi obsessionnel

 

 

  

 

Reve-de-dentelle-2  

  Pour ajourer, c'est facile, on va broder des jours, ça, on sait faire

 

Ce linge qu'il était si important de montrer,

on va maintenant s'acharner à le faire disparaître sous la broderie.

 

   Les jours vont occuper toute la place.

 

Mais hélas, on ne peut faire que des bandes.

Les jours sont tributaires des fils de trame et de chaîne de la toile.

 

C'est droit

C'est désespérément droit

Pas de dents possibles

 

Car si on coupe le tissu en forme de dents, une petite broderie ne suffira pas à consolider, on aura de la charpie.

 

 

 

 

 

On va avoir une nouvelle idée :  

 

utiliser la broderie comme trompe l'oeil

 

 

On fronce, et on fait une broderie sur le bord qui donne un impression de petites dents

   

Pas bête , hein 

ça fait son p'tit effet, non ?

 

Reve-de-dentelle-9

 

 

Reve-de-dentelle-7

 

 

 

 

 

 

 

 

 

 

On va même accentuer cet effet en brodant en noir.

 

C'est ainsi que la broderie noire devint brusquement à la mode.

 

Le contraste de la broderie noire sur le linge blanc donnait une impression de pleins et de vides, 

d'ajourages

et avec les fronces, on croyait voir des petites dents aux encolures

 

  

 

 

 

 

 

 

 

 

 

 

 

 

  

  Reve-de-dentelle-8

 

 

C'est pas mal, mais c'est pas encore ça.

 

on a réussi à ajourer, mais les dents ....

 

il faut qu'on arrive à avoir des dents !!!!

 

Regardez la à droite, elle est tout prête, elle a adopté la toute nouvelle mode des grands cols relevés, elle rêverait d'un col bordé de dents très longues, très pointues et très ajourées

 

 

viiiiiiite

il y a urgence

 

 

Il faut qu'on trouve une solution

 

 

 

   

   

 


et oui, il ne faut pas croire que la dentelle (*) est un art millénaire,

 c'est une invention de la fin de la Renaissance,

 le fruit de longues recherches techniques .

 
Une quête acharnée de la "dent"  qui donnera bien entendu son nom à cette extraordinaire invention qui est sur le point d'arriver. 

 

 

 

 

 

Les coquettes et les coquets qui ont défilé pour vous sont :

Roger van der Weyden - portrait de femme - 1460-   National Gallery Londres

Ambrosius Benson - Jeune femme lisant -1520 - Musée du Louvre Paris

Agnolo Bronzino - Marie de Medicis - Gallerie desOffices

Raphaël  -Jeanne d'Aragon - musée national du château de Fontainebleau

Hans Memling - portrait de Jacob Obrecht - Kimaball art museum

Agolo Bronzino-  Portrait d'homme - Musée du Louvre

François Clouet-  Charles IX de France -1561  - Kunsthistorisches Museum Vienne

Agnolo Bronzino - Portrait de femme - 1530 - Collection Royale Windsor

  Agolo Bronzino - Lucrece di Cosimo - 1560 - Galerie des Offices Florence

Hans Holbein le jeune - Catherine Howard - 1540 - Toledo museum of Art

   

 

Ce petit diaporama vous permet de les voir "en entier"

...  et d'en voir d'autres.

 

 

 

 

   
(*) Le terme dentelle au sens strict désigne des ouvrages réalisés :

A la main (on ne devrait pas dire dentelle mécanique)

Avec des fuseaux ou une aiguille (exit la frivolité, le crochet, etc....)

Sans support permanent (donc pas de broderie qui se fait sur un tissu) 

Ce qu'on voit sur les têtes des jolies dames de l'antiquité, c'est peut être du filet, en tout cas pas de la dentelle.

 

Reve-de-dentelle-1

 

. 

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16 janvier 2011 7 16 /01 /janvier /2011 15:20

 

  armure03 50

 

 

On oublie trop souvent que la dentelle fut aussi une affaire d'hommes.

 

 

Si vous parlez de dentelle aux messieurs d'aujourd'hui,

 

...  bling ...

 

ils vont avoir une petite étincelle dans l'oeil en associant aussitôt cette dentelle à la lingerie de leur compagne.

 

 

Mais non Messieurs,

vous avez oublié,

mais vous avez vous mêmes porté de la dentelle,

 

et sur vos armures en plus !

 

Avouez qu'on peut difficilement trouver tenue plus chargée en testostérone !

 

 

 

 

Resituons nous :  vous êtes contemporains de Louis XIII ou Louis XIV,

et vous aimez vous faire tirer le portrait dans vos plus belles tenues,

pour montrer à tous votre puissance et votre richesse. 

 

 

armure05 red 

   

 

L'armure était parfaite pour montrer qu'on est un homme,

 un vrai,

un costaud,

un puissant,

un guerrier .

 

 

  

Et intelligent en plus !

  puisqu'il va de soi  qu'on est un génie militaire et un fin stratège.

  Ben tiens !

 

   

Et courageux bien sûr !

   en témoigne cette blessure de guerre,

 ce bras en écharpe

(écharpe .... bordée de dentelle )

 

   

 

 

 

Bien évidemment, ce sont des armures de parade, richement ouvragées.

 

Mais sur les portraits du XVIIème, la richesse du modèle se mesurait surtout à la quantité et la qualité des dentelles qu'il pouvait porter,

et donc s'offrir.

 

Alors, en plus de la belle armure,

on rajoute de la dentelle !

 

armure04 50

 

 armure07 50

  

 

Il faut dire que la dentelle du XVIIème faisait de l'effet sur les

sombres armures. 

 

Vers 1640, finies les fines dentelles à l'aiguille  italiennes, ces dentelles arachnéennes au dents pointues qui bordaient les fraises,

 

la mode était maintenant aux douces dentelles flamandes aux fuseaux, aux bords arrondis.

 

 

Ces dentelles blanches très denses tranchaient  magnifiquement sur les lourdes étoffes de soie ou de velours sombres  

... et sur les armures

 

   

 

armure02 50

 

 

 

Il y a une autre dentelle qui faisait beaucoup d'effet sur ces armures, il s'agit du Point de Gênes

 (dentelle aux fuseaux malgré son nom).

 

 

 

armure01 50 

 

 

 

 

 

 

 

 

 

 

 

 

 

 

 

En voyant le gros plan de la dentelle, sans doute pensez vous au Cluny ?

Mais non, mais non, ce n'est pas du Cluny.

 

Le Cluny est une dentelle beaucoup plus tardive

qui a quand même .... il faut l'avouer ....

un petit peu beaucoup copié la dentelle de Gênes

 

 

 

J'ai souvent trouvé étrange qu'on ne voit pas de Gros Point de Venise sur ces portraits en armure.

Peut être en connaissez vous ? 

 

J'ai malgré tout ce portrait d'Henri de la Tour d'Auvergne vers 1669, avec un grand col de dentelle à l'aiguille, qui n'est pas tout à fait ... mais presque, du Gros Point de Venise. 

 

armure06 50

 

 

 

 

 

Dans ce casting exclusivement masculin de cet article,  nous avons pu admirer :

 

1- Les jeunes frères Charles-Louis et Robert de Bavière, 1645 - Antony Van Dyck - Musée du Louvre à Paris

 

2- Christian von Braunschweig-Wolfenbüttel, 1623, peintre anonyme. Collection royale des pays bas. Vous pouvez voir deux autres portraits en armure de Christian dit "le furieux"   ici et  ici

 

3- Le fier Nicolas de l'Hopital, duc de Vitry, au col fleuri (fuseaux) Ecole française du XVIIeme, vers 1645. Musée National de Château de Versailles

 

4- Dentelle de Flandre aux fuseaux, vers 1630. Collection du Victoria & Albert Museum

 

5 - L'échevelé Frédéric Henri, prince d'Orange avec son Point de Gênes, XVIIe, par Michiel van Janszoon, Amsterdam Rijksmuseum

 

6 - Le sévère  Henri de la tour d'Auvergne vers 1669. Gravure d, Masson. Vicotria & Albert Museum 

 

 

 

 

 

 

 

 

 

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2 mars 2010 2 02 /03 /mars /2010 12:00

font2 p300

Des souris sur des palissades ?


De quoi vais-je bien pouvoir parler avec un titre pareil ?

et bien ....  de coiffure, et plus exactement,

de coiffure  à la Fontanges


Imaginez la charmante scène que je vais vous conter :

lors d'une partie de chasse, Marie Angélique, duchesse de Fontanges, la ravissante favorite de Louis XIV, se trouve soudain décoiffée par un malencontreux coup de vent ... 
ou une branche d'arbre ... on ne sait plus très bien ....
...  et puis on s'en fiche, là n'est pas le sujet.  

Bref, pour ne pas être gênée, elle prend alors un ruban
(certains disent même qu'il s'agissait en fait d'une  jarretière )  
pour nouer ses cheveux en haut de sa tête.

Le roi trouve cette coiffure improvisée si charmante qu'il lui demanda de la garder
 et du coup ... toutes les dames de la cour vont se coiffer de la sorte.



font5 p300C'est ainsi que naquit vers 1675 la coiffure à la Fontanges, mode qui dura plus d'une vingtaine d'années.

Alors non, n'imaginez pas que toutes les dames se promenaient avec une jarretière sur la tête


J'imagine que la coiffure improvisée et naturelle d'origine devait un peu ressembler au portrait que j'ai mis en début d'article (même s'il est beaucoup plus tardif)

Mais tout le monde chercha à rivaliser, c'était à qui mettrait le plus de rubans, de dentelles ou de bijoux dans ses cheveux, cheveux que l'on se mit à coiffer de plus en plus en hauteur.


La coiffure à la Fontanges consiste donc à dresser sur la tête une véritable pyramide de boucles et de tortillons

on rivalisait d'inventions, et chaque façon de mettre une mèche de cheveux avait un nom :
Les choux pour les cheveux noués en chignon,
la passagère , touffe bouclée près des tempes, devenait une favorite si elle pendait sur la joue.
Une cruche était une petite boucle sur le front, la même petite boucle plus près des oreilles devenait une confidente, ou un crève coeur si elle était plaquée sur la nuque ,
ou encore un berger si, tournée vers le haut, elle formait une houppette.

Les rubans, les épingles et autres colifichets que l'on mélangeait avec les boucles avaient aussi leurs noms :
souris (voilà la souris du titre ), duchesse, firmaments, guêpes, papillons,  etc



font3 p200
Bien sûr, il va sans dire que les cheveux de ces dames n'y suffisaient pas, et que nombre de ces mèches étaient des postiches.

Les coiffures devenant de plus en plus hautes, et les rubans et autres dentelles de plus en plus nombreux, il fallut consolider ces édifices avec des armatures de laiton.

Pour simplifier, on peut dire qu'il y aura, alternativement,
deux types de coiffures à la Fontanges

Une en cheveux

et l'autre ...  en fil de fer


La coiffure à la Fontanges
devint progressivement une sorte de

bonnet à la Fontanges :

une véritable palissade dressée sur la tête et constituée de plusieurs étages de dentelle (sans doute beaucoup de Point de France à l'aiguille)

La hauteur devint telle que les dames durent se courber pour passer les portes.



eng04_p200.jpg
Cet édifice savant de fer et de dentelle se composait de plusieurs éléments qui portèrent eux aussi des noms délicieux :
la palissade (et voilà la palissade ), le monte-là-haut, la commode, la culbute, etc....

On y fixait aussi parfois une ou deux  longues bandes de dentelles dites les cornettes  
(ou la jardinière s'il n'y en avait qu'une),
ces deux bandes de dentelles pouvaient flotter dans le dos, ou bien elles étaient ramenées sur le devant, dans le cou, telle une mèche de cheveux .... en dentelle.


Il va sans dire que ces coiffures devenaient vraiment risibles au fur et à mesure qu'elle prenaient de la hauteur, et de nombreux contemporains s'en agacèrent et s'en moquèrent, on fit même des pièces de théâtre qui les tournaient en ridicule.

Même Louis XIV n'aimait plus, et il tenta maintes fois d'interdire le port de ces coiffures surdimensionnées.



Alors, sous la pression, ces dames revenaient pour un moment à des coiffures plus basses, à l'idée des cheveux noués par un simple ruban,

mais très vite ...
hop .... hop .... hop ....
la Fontange remontait encore un petit peu plus haut sur la tête.



Et oui, même le grand Louis XIV ne faisait pas ce qu'il voulait en son royaume !

Et qui réussit là ou le roi soleil échoua ?

Une anglaise !

Oui, une anglaise qui se pointa un jour de 1714 à la cour avec une coiffure plate qui fit fureur et mit à terre d'un seul coup toutes les Fontanges de France


Le roi fut vexé parait-il, qu'une "guenille d'Angleterre, avec une petite coiffe basse" ait réussi là où il avait échoué. 


font1 p200



Évidemment bien sûr ....  je n'ai rien inventé et rien découvert, j'ai butiné mes infos entre autre dans les ouvrages suivants :

Histoire de la mode et du costume - James Laver
Histoire du costume en France - de Monsieur Quicherat, si précis (c'est chez lui que j'ai trouvé tous les petits noms des mèches de cheveux) et au langage si délicieux.
Le costume français - ouvrage collectif chez Flammarion




Les différentes coiffures vous ont été présentées par :

La duchesse de Beaufort, 1714. par Nicolas de Largillière. Paris, musée Cognac-Jay
Une inconnue, dont le portrait a été fait par Nicolas de Largillière vers 1710
2 dames Par Nicolas Bonnart
et enfin la petite Marie Thérèse Sturat, Par Nicolas de Largillière encore. National portrait Gallery de Londres

et pour les impatientes de l'aponçage .... le prochain article, promis, on s'y remet  

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14 février 2010 7 14 /02 /février /2010 15:20

 

Chemise02 p500





Dans les anciennes revues de

 jours sur toile

nombreuses sont les pages nous proposant différentes façons d'utiliser ces jours pour orner les chemises, le linge, les dessous.

Mais généralement, on a acheté cette vieille revue pour avoir des modèles de jours, pour la sacro sainte  technique,
alors on survole ces pages désuètes d'un oeil distrait, ces "parures élégantes" n'existent plus.


Et puis un jour,  on a peut être la chance de retrouver au fond d'une armoire une de
ces vieilles "chemises de jour" de nos grand mères ,

et tout d'un coup,

 la "parure élégante" devient réalité 

Chemise05 p450


oui, une femme a pris le temps de faire tous ces petits jours échelles, sur une toile dont la finesse n'est hélas pas perceptible sur la photo.

Elle a pris le temps de  broder ces petits pois en broderie blanche ,  pour qu'ils soient aussi ronds que possibles, en veillant bien à ne pas tirer les fils si fins de la toile.

Et quel joli travail que le montage de la petite dentelle,
avec un minuscule ourlet roulotté et  bordé d'un petit jour échelle.

Alors, en ce froid dimanche de février,
rien que pour le plaisir des yeux,
 je vous propose d'en admirer les détails.


Chemise10 p200


Qui aurait le courage aujourd'hui de consacrer autant de travail, de minutie, de finesse pour des "dessous" ...  donc par définition pour un vêtement
qu'on ne voit pas ?


Qui aurait le courage de laver ce linge blanc à la main, car je ne suis pas sûre que le montage de la dentelle avec son délicat jour échelle résiste longtemps au lave linge .... et encore pire au sèche linge ?

Qui prendrait le temps de l'amidonner avec soin, de le repasser délicatement, de le parfumer légèrement ?


Et pourtant .... quel bonheur ce devait être que d'enfiler cette chemise légère









Chemise06 p400




Chemise09 p200
Il existe plusieurs façons de faire les petits pois en broderie blanche, vous pouvez commencer par regarder ICI


et pour les jours échelles,   c'est LA


Mais pour découvrir une multitude de jours tous aussi jolis les uns qujours-clech.jpge les autres, et très bien expliqués, je ne saurais que vous recommander à nouveau le livre de Jacqueline Clechaux éditions Carpentier
 "Les jours brodés sur toile"





Bon dimanche


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29 décembre 2009 2 29 /12 /décembre /2009 20:00

Danse 1 Camargo p350

Après vous avoir présenté la très sage Mme de Sennonnes,
je voulais vous faire découvrir une autre "pensionnaire" du Musée des beaux Arts de Nantes : 

La Camargo

La Camargo !!!
La "Brillante" disait Voltaire

Mais aussi la scandaleuse !!!


Car je suis sûre que vous êtes encore sous le choc !
Et oui, éloignez vite vos enfants, cette image de la Camargo, vous en conviendrez, est d'une impudeur sans nom.

Oui!    Oui oui,  je vous le confirme vous avez bien vu :    
la Camargo nous montre .... ses chevilles !!!!!!!


Vous êtes vous jamais demandé comment était né le costume des danseuses ?
J'avoue ne m'être jamais posé la question jusqu'à ce qu'un jour je tombe sur un très intéressant article du journal des ouvrages de dames , article que je vais essayer de vous résumer.

Tout d'abord, nous passerons sur l'époque lointaine où tous les rôles, qu'ils soient masculins ou féminins, étaient joués par des hommes, que ce soit au  théatre, à  l'opéra ou au ballet.

Ce n'est donc que vers 1680 que l'on commença à permettre aux  femmes monter sur scène .
Au grand plaisir du public d'ailleurs , et les rares danseuses de l'époque étaient extrêmement célèbres.



Danse 2 Subligny p263
Leur costume ? 
Et bien les mêmes que ceux des "grandes dames" .
 Il n'était pas question à ce moment là d'adapter le costume de scène au rôle.

C'était au point qu'une danseuse de l'époque acheta la garde robe de la grande tragédienne Adrienne Lecouvreur et dansa tous les soirs le même rôle ...  en portant alternativement tous les costumes de tous les rôles qu'avaient joué feu Adrienne.

Mis à part cette petite anecdote, l'essentiel pour les danseuses était de conforter leur prestige et leur célébrité en portant  les mêmes costumes que les dames de la cour.
Il n'était donc pas question de montrer un petit bout de jambe : robes longues, corsets et longues manches à engageantes étaient de rigueur.


Guère pratique pour danser tout ça .








Il fallut attendre 1726 pour qu'une jeune danseuse débutante, Marie-Anne Camargo ose raccourcir .... un tout petit peu .... sa robe de danseuse, permettant de faciliter ses mouvements, mais permettant aussi  de voir ses chevilles !

On dit que c'est elle aussi qui, la première, aurait enlevé les talons de ses chaussures, inventant ainsi les chaussons de danse.

En tout cas, ses chevilles dévoilées firent  véritablement scandale et donnèrent  lieu à de nombreux et houleux débats .... mais la jupe "courte" l'emporta malgré tout.


Du coup, les danseuses se crurent tout permis pendant un moment ..... au point qu'il fallut une ordonnance de police pour remettre un peu d'ordre en rappelant  que  le port du caleçon était obligatoire !!
 et tant pis s'il ne facilitait pas les entrechats.





Danse 3 Sallé p250

Après la Camargo, ce fut au tour de
Mlle Sallé

de faire scandale

Marie Sallé, "la ravissante" selon Voltaire

en 1736  au Covent Garden de Londres,
elle  osa danser sans jupe, ni corset, ni jupon ! 

 vêtue d'une simple robe de mousseline drapée à la grecque ..... autant dire qu'elle dansait ...
presque nue .....








Oh   My God !  
et de plus, vous allez à peine le croire, mais ... elle avait osé dénoué ses cheveux !
"échevelée et sans aucun ornement sur la tête"

mais le public anglais fut ravi, et on raconte qu'une pluie d'or tomba sur scène à la fin de la représentation.


Hélas, aucun peintre n'immortalisa cette extravagance, et la seule image de Mlle Sallé que j'ai trouvé est fort sage. Je laisse donc la place à votre imagination pour le reste




Mais cette tentative de Marie Sallé n'eut pas de suite.
Les bonnes moeurs, mais aussi, et peut être surtout,  le goût des danseuses à se montrer parée des plus belles robes à panier l'emportèrent., et elles refusèrent pendant encore plusieurs années de porter  de simples costumes légers .

En 1783, ce fut une cantatrice, la Saint Huberty, qui exigea de jouer le rôle de Didon de Puccini dans un costume antique léger. 

On le lui refusera ...
elle provoquera un énorme scandale ....
une véritable affaire d'état, avec ministres et compagnie ....
...  pour finalement obtenir gain de cause




Danse 4 Marie Taglioni p300


Et cette fois ci, contrairement à la tentative de Mlle Sallé, il n'y aura pas de marche arrière, et malgré les protestations des partisans de l'ancien style, les danseuses vont  progressivement adopter les voiles, la mousseline et le linon

jusqu'à ce que finalement, en
1832,   Marie Taglioni fasse sensation dans le rôle de Sylphide en portant  pour la première fois une jupe courte de mousseline, le premier tutu romantique.



Danse 5 Alicia-Alonso 1955 p200














Ce tutu romantique aux genoux deviendra progressivement le rigide tutu "plateau " si majestueusement porté ici par Alicia Alonso en 1955









Pour la petite histoire :

Pour arriver progressivement à ce tutu rigide autour de la taille, il manquait une invention ,  invention que certains attribuent au bonnetier de l'Opéra de Paris, un certain Monsieur .... Maillot !
D'autres contestent cette paternité, mais bon, "se non é vero , e ben trovato" disent les italiens, alors j'aime l'imaginer ainsi.

Et oui, pour laisser tomber les voiles, sans pour autant s'afficher en tenue d'Eve, il fallait  inventer le "maillot."
Pour arriver à l'apparence de la nudité, de nombreuses tentatives furent faites avec des caleçons étroits, de couleur rose,  mais tout cela n'était pas pratique, et les plis et les coutures enlevaient tout le charme.

Le maillot permettra de raccourcir à l'extrême les robes qui devinrent tutus (le nom viendrait du mot "tulle" dont il est fait) et envahirent l'Europe.
Même le Pape autorisera ce costume dans ses théâtres
 à condition que le maillot fut bleu pour éviter toute ...  confusion.
Les danseuses avaient donc les jambes bleues !



guirlande_fleur.gif




 Voici les quelques vers de Voltaire dédiés eux deux grandes rivales que furent Marie Anne Camargo et Marie Sallé :

Ah ! Camargo, que vous êtes brillante !
Mais que Sallé grands Dieux, est ravissante !
Que vos pas sont légers et que les siens sont doux !
Elle est inimitable, et vous toujours nouvelle ;
Les Nymphes sautent comme vous,
Et les Grâces dansent comme elle.






Et à propos de Grâces, franchement, entre nous, vers 1500,
Sandro Boticelli n'avait-il pas déjà créé le plus beau des costumes de danseuses  ?



danse 6 boticelli p300


1  -  Détail de La Camargo dansant - Nicola Lancret 1743 - Musée des Beaux Arts de Nantes
2 - Melle Marie Thérèse de Subligny (1666 - 1736) qui brilla dans les opéras de Lully
3 - Mlle Sallé
4 - Marie Tagioni dans Zéphyre et Flore, par 
Alfred-Edward Chalon.
5 - Alicia Alonso (photographe ?)
6 - Détail du Printemps de Sandro Boticelli (1444-1510). Musée des Offices de Florence 



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6 novembre 2009 5 06 /11 /novembre /2009 19:40


Année 1868

Regardez comme elles sont belles  !
dans leurs ravissantes tenues de bal, en grand décolleté, bras nus

.....  en plein hiver !!!!


Bon, là, ça va, elles sont au bal : une  polka endiablée et  quelques coupettes de champagne, ça fouette le sang et ça réchauffe.

Mais à la maison, tranquilles,  comment faisaient-elles pour ne pas mourir de froid ?

Pour le savoir,  j'ai feuilleté très attentivement ce  magazine de mode de 1868 et je vais vous donner tous leurs "trucs" afin qui vous ayez le temps de bien vous équiper avant que le froid n'arrive.

Ca vous sera bien utile, car je ne sais pas si vous avez remarqué comme moi  que les magasins de vêtements, depuis quelques années, ne proposent plus que des chemisiers ou des petits t shirts légers, même en plein hiver . 
Charge à vous de régler le chauffage sur 30° !
Vive l'écologie !







Tout d'abord, l'incontournable "Damart" de l'époque : la Camisole.

Vous la tricoterez vous même bien sûr, " avec de la laine fine sur de grosses aiguilles de bois. Ce tricot forme un tissu élastique, et n'a besoin ni d'augmentations, ni de diminutions, pour prendre la forme du buste."

 Wahou ! moulante !
et tellement charmante avec son petit  ruban à l'encolure !











Pour compléter, vous pourrez aussi vous tricoter ce délicieux "petit caleçon pour dame".


Voui ....  là, j'ai comme l'impression que je vais pas réussir à vous le faire porter,  non ?
vous m'avez l'air super réticentes !

Bon, tant pis, oublions le caleçon, d'ailleurs l'article précise qu'il est plutôt destiné aux "personnes très frileuses ou de santé délicate".






Alors à la place, je vous propose ce très beau jupon au crochet.
c'est mieux ?
Je  vous explique en 2 mots : "ce jupon à pointe est fait au crochet tunisien, avec de la grosse laine blanche, et de la même laine rouge. Le bord inférieur a une garniture rouge et blanche"




Vous voilà déjà bien protégée du froid.

Quand on s'active, ça va, mais vous savez c'que c'est, quand on reste sans bouger,
à lire ou broder,
il vaut mieux enfiler un petit "Paletot de maison",
aussi appelé "Veste coin de feu".




Je vous propose deux modèles :



Le premier Paletot de maison est très chic :


"en cachemire violet, il est doublé de lustrine noire, brodé en perles blanches, crayeuses, et en ganse de soie, noire et blanche".




















J'avoue cependant avoir un petit faible pour le deuxième,
peut être moins élégant mais qui me semble plus chaud et douillet.

"Ce paletot est fait en molleton-cachemire blanc, et brodé soit avec plusieurs couleurs vives, soit d'une seule teinte, noire, brune ou Havane clair".







Pour combattre les petits vents coulis, je vous conseille de vous confectionner aussi une petite "Pèlerine", ou un "Fichu".




La Pèlerine est un petit mantelet ne couvrant que le haut du dos et de la poitrine. 



Le Fichu est une pièce de tissu souple (un lainage au crochet comme ici, mais il peut être aussi en dentelle ou  en soie), généralement de forme triangulaire, qui couvre le cou et les épaules (parfois aussi la tête s'il est destiné à être porté à l'extérieur). Il est généralement croisé sur la poitrine et souvent noué ou serré à la taille.


Ça y est, vous avez de plus en plus chaud ?


Ah ben non !  .... j'ai oublié notre point faible ..... nos pieds !
Rien de pire que d'avoir les pieds gelés.


ALors voici des pantoufles !
Bien sûr, même les pantoufles, c'est à vous de les faire : "cette pantoufle est brodée de point russe avec de la soie d'Alger verte, légèrement ouatée, et doublée de lustrine verte piquée; la semelle est en liège; une ruche de ruban vert sert de garniture."





Raffinées, mais pas très chaudes les pantoufles, aussi notre magazine nous propose-t-il  toutes sortes de modèles de chaussons, au tricot, au crochet, ou cousus en grosses toiles .

Vous vous dites que vous allez échanger vos élégantes pantoufles contre ces chaussons ?

Que nenni !

Vous allez vous tricoter ces chaussons que vous enfilerez par dessus vos pantoufles !!!






Je vous conseille de vous en tricoter plusieurs paires car les usages ne manquent pas. La revue précise que vous pouvez les porter aussi par dessus vos chaussures en voiture, en train ou à l'église, ou encore tout simplement au lit.

(heu ... en train ou à l'église, non ... mais au lit ... même 141 ans après .... j'avoue que c'est parfois utile.
Je sais pas si vous pouvez vous endormir les pieds gelés, mais moi, non !). 






Si vous restez longtemps assise, n'oubliez pas de vous équiper d'une petite chancelière.

Regardez ce tabouret-chancelière .... z'avez pas envie de glisser vos petits pieds dedans ?













Voilà, maintenant, vous avez chaud de la tête au pied !

  la tête ! 

Et oui, pour la tête, pensez à mettre votre bonnet de nuit.

Regardez comme il est bien conçu : même vos petites oreilles seront protégées !




Une collègue me racontait l'autre jour que son médecin lui avait conseillé pour ses maux de tête .... de dormir avec un bonnet de nuit !!!!
(et on en fait d'ailleurs porter aux nouveaux nés)



Voilà, j'espère que ce petit retour en arrière vous aura amusé(e)s.

La camisole, le caleçon, le bonnet de nuit ... aujourd'hui on dirait que ce n'est pas "sexy",
et pourtant,
je les trouve charmante nos jolies dames de 1868, non ?



c'est vrai qu'on n'est pas super élégantes dans les  bons gros pulls en tricot,
mais qu'est-ce qu'on est bien !


 






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4 novembre 2009 3 04 /11 /novembre /2009 18:51



Le mardi soir, c'est sacré, je ne rate jamais mon  rendez vous avec les

Desperate Housewives


Ben oui, que voulez vous ...  je suis fan ....
on a tous nos faiblesses .....



Donc hier soir, j'étais tranquillement installée devant ma télé, en feuilletant de ravissants magazines de mode pour préparer mon prochain article, 

quand  la terrible nouvelle que je craignais depuis la semaine dernière a été confirmée :

Oui : Edie nous a quittés, elle est morte, électrocutée !!!!!!

             

J'étais bouleversée,
en larme bien entendu,

et tout d'un coup, que vois-je dans mon magazine ?
hasard extraordinaire !

une photo d'Edie, en maillot de bain , 

ben oui .... en maillot de bain bien sûr ... voyons  ... sinon ce ne serait pas Edie


Alors, à vous toutes qui comme moi regardez la série,
à vous qui allez regretter Edie, sa démarche et ses vacheries,

et surtout aux quelques messieurs qui lisent ce blog et qui n'auront plus aucune raison dorénavant de regardez Desparate Housewives,

je vous offre cette dernière photo de notre belle Edie.









Ben quoi ?

depuis le temps que vous lisez ce blog, vous savez pas encore que quand je parle de magazines de mode , il s'agit bien sûr de magazines de ....  1868  ?   !!!
....

Alors je suis désolée, mais en 1868, même Edie aurait porté .... ça !




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17 octobre 2009 6 17 /10 /octobre /2009 18:00

 





Voilà, je vais me mettre dans un nouvel article .... dont je n'ai pas encore choisi le sujet
j'suis mal partie ....

 alors pour vous faire patienter, je vous propose d'admirer ce
petit bijou


Et voilà, j'en étais sûre !!!
vous faites la grimace !!!


Vous savez pourtant que je vous vois,
et que ça me fait de la peine 

Elle vous plait pas ma dentelle ?


hé hé ....  parce que vous ne la voyez pas "en situation",
mais moi je vous dis que c'est un petit bijou


Je vous laisse un peu cogiter et imaginer la façon dont elle a été utilisée pour passer de

"dentelle aux fuseaux maladroite et pas géniale"
 à
 "petit trésor à faire fondre"



A demain







Dimanche 18 Octobre



j'ai un peu triché hier : la dentelle parait grosse et rustique,
en vérité elle est très fine (2cm de large)



et





et


 



et elle orne une ravissante ancienne petite robe de bébé


Hauteur 38cm



Je suis toujours songeuse devant ce travail, cette finesse du tissu, de la dentelle, des petits plis religieuses, de tous les petits détails de ce travail d'une infinie délicatesse.






j'espère que vous n'êtes pas
déçu(e)s  par ce que je trouve être un véritable petit bijou de blancheur et de finesse


Bon dimanche


et si vous aimez, il y en a
d'autres chez  Marie









(et n'oubliez pas qu'autrefois, ces robes étaient portées par les petites filles ET les petits garçons)

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9 septembre 2009 3 09 /09 /septembre /2009 16:25



A une période ou on ne parle que de mouchoirs jetables, j'ai eu envie de revisiter l'époque où 

le mouchoir
était "roi".



D'abord, pas de mouchoirs au moyen age !   on utilisait... ses doigts !



Ce n'est qu'au XIVème siècle que l'on commence à en trouver trace dans les inventaires. Ils étaient alors appelés

"mouchoirs" ou "pleuroirs",

 et sur les images de l'époque, on voit effectivement les nobles dame essuyer leurs jolis yeux.

J'ai bien dit les "nobles dames" car réserver ne serait-ce qu'un tout petit bout d'étoffe à ce seul usage était un véritable luxe.

Mais même s'il était signe de richesse, le mouchoir restait malgré tout un objet utilitaire, qui devait surtout être doux et confortable.







Les 3 siècles suivants vont voir le mouchoir se généraliser, mais c'est toujours un objet réservé aux plus fortunés,
et les moralistes qui essayent de persuader le peuple de son utilité vont se contenter finalement de conseiller de se moucher .... avec les doigts de la main gauche, car c'est celle qui ne touche pas les aliments !

ou bien de se moucher dans sa manche

(et je vous fait remarquer qu'aujourd'hui à nouveau, on nous conseille d'utiliser notre manche pour éternuer !  )






Progressivement, le mouchoir ne va plus être utilitaire mais va devenir un véritable accessoire de mode, au fur et à mesure qu'il va s'orner de broderies, de dentelles d'or et d'argent, de riche Point à l'aiguille, et plus il sera beau, plus on va vouloir le montrer,  au point qu'il fera même partie intégrante du costume de cour en Espagne , excusez du peu !


Et oui, c'était un accessoire royal, en témoignent  ces 3 portraits de reines en noir :



en 1617, à droite, notre Marie de Médicis, reine de France, avec bien sûr un mouchoir en dentelle à l'aiguille .... sinon, ce ne serait pas Marie de Médicis !

Vers 1650, en haut, vous avez Marie Anne d'Autriche, Reine d'Espagne (et maman de notre petite infante du début) avec un mouchoir peu orné ....mais à l'échelle de sa robe !

Enfin, à gauche, à la fin du XIXèmes siècle, Victoria, Reine d'Angleterre posait encore avec un mouchoir.






Ces messieurs aussi avaient leurs mouchoirs, même s'ils le portaient plus discrètement, roulés dans la main ou à la ceinture.
Ainsi, tous les matins, présentait-on à Louis XIV trois "mouchoirs de point" (c'est à dire en dentelle à l'aiguille) pour qu'il puisse choisir.

Savez vous que jusqu'au XVIIIème siècle, le mouchoir avait toutes les tailles et les formes possibles : carré, rectangulaire, rond .... et c'est Louis XVI qui va ordonner par lettre patente que le mouchoir soit toujours carré (sur les conseils de Marie Antoinette parait-il qui trouvait cette forme plus pratique et élégante).



A partir de là, le mouchoir ne va plus être un accessoire "royal", il va se généraliser, se colorer ... puis se jeter ... mais c'est une autre histoire ...


Je vous propose de découvrir ICI  quelques mouchoirs de cette grande époque,
et LA
 , vous avez quantité de "portraits au mouchoir".
Bonne visite.





 

 
Avec dans les rôles principaux, et dans leur ordre d'apparition à l'écran :

L'infante Marguerite-Thérèse (1651-1673) par Jaun Bautista Martinez del Mazo - Le Prado
Guenievre , Tristan de Léonois, Vers 1470 (BNF Paris)
Marie Anne d'Autriche (1634 1696) par Diego Velasquez - Musée du Louvre
La reine Victoria par Lady Julia Abercromby - National Portrait Gallery
Marie de Médicis par Frans Pourbus II le jeune - Château de Versailles 16177
et enfin, le mouchoir d'Isabelle de Bourbon 1621 - Peint par Rodrigo de Villandrando - musée ?

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17 juin 2009 3 17 /06 /juin /2009 08:00



Je ne sais pas si l'accessoire de mode le plus adapté à la dentelle n'aura pas été  les engageantes, ces volants de dentelles ou de fines broderies blanches , parfois ornés de rubans, qui prolongèrent les manches mi longues des robes pendant un peu plus d'un siècle, de 1670 environ, sous Louis XIV, jusqu'à la fin du XVIIIème siècle, jusqu'à la révolution.

Voyez sur cette photo combien ces engageantes sont faites pour mettre magnifiquement en valeur la dentelle, mais aussi ... et surtout....  la grace et la féminité de cette main.







Les engageantes apparaissent sur les robes somptueuses du règne de Louis XIV, ces robes surchargées de noeuds, de rubans, de broderies d'or, d'incrustations de dentelles.

Les manches de la robe s'arrêtaient légèrement au dessous du coude et étaient bordées de deux, trois ou parfois même quatre  couches de dentelles.

Ces flots de dentelles, ces rangs de linon mousseux accompagnaient à merveille les gestes élégants et gracieux de ces bras à la peau si blanche, comme le voulait la mode à l'époque.






Par contre ... l'hiver ...comme le montre ce dessin de Nicolas Bonnard, le manchon n'était pas superflu !










Les portraitistes du XVIIIème siècle nous permettent enore  aujourd'hui d'admirer les engageantes les plus spectaculaires, notamment celles de Mme de Pompadour ci dessus.

A ce moment là, les robes se sont allégées (bien que toujours très richement ornées malgré tout). On porte la robe dite "à la française" avec ses manches à double ou parfois triple pagode : 2 ou 3 volants du même tissu que la robe sont fixés à la manche par une large bande froncée.

Comme les engageantes dont ils sont l'écrin, ces volants sont étroits à la saignée du bras et beaucoup plus longs à l'arrière.
C'est ce type de manche que l'on voit sur le détail du portrait de Mme de Pompadour , ainsi que sur la photo en tout début de l'article, photo en noir et blanc d'une robe présentée lors d'une exposition du Musée de la Mode et du Costume de la ville de Paris, avec des engageantes en Valenciennes.




Par la suite, même si les larges robes à la française seront toujours portées à la cour jusqu'à la révolution pratiquement, les engageantes vont nettement se simplifier et même disparaître progressivement avec l'arrivée des "polonaises" et des "robes  à l'anglaises", comme le montre la photo ci contre ou le simple petit volant de dentelle ne rappelle que de très loin les spectaculaires engageantes passées.








Les engageantes étaient  constituées de plusieurs  volants superposés ,volants de dentelle ou volants de broderie blanche sur du linon léger, de la mousseline.

Comme l'explique Anne Kraatz dans son ouvrage "Dentelles", il était rare de voir des dentelles fabriquées spécialement pour les engageantes.
En effet, ces dentelles devaient alors  être étroites aux extrémités et très  larges au milieu .
Des engageantes faites "en forme" coûtaient donc extrêmement cher.
Comme de plus, une grande partie des volants étaient cachée par les volant supérieurs, les engageantes étaient très souvent fabriquées à l'économie :  en cousant une dentelle droite au bord  d'un large  tulle simple sans motif (le marli).
Seule la bande de dentelle était donc visible, le marli étant caché par les volants  supérieurs.



Qu'ils soient entièrement en dentelle, en dentelle et marli, en broderie, ou en simple mousseline légère, ces volants étaient froncés et fixés sur une bande de tissu, bande qui était ensuite cousue au bord des manches de la robe, à grands points, afin de pouvoir être facilement décousus et lavés.



La photo de droite vous montre un exemple d'engageante en broderie de Dresde.
 Ce type de broderie blanche a beaucoup concurrencé la dentelle au XVIIIème siècle, pour les engageantes, mais aussi pour les fichus et les tabliers (qui étaient à cette époque un accessoire de mode très richement travaillé et pas du tout utilitaire !).








Si vous voulez voir ces dames "en entier ":
Vous pouvez voir le portrait de Mme de Pompadour par Maurice Quentin de la Tour ici.
Pour voir d'autres tenues et d'autres engageantes de la même dame, vous pouvez aussi cliquer ici et ou encore  où vous remarquerez aussi la largeur de la dentelle en bas de la robe.
Marie Antoinette par Vigée le Brun est ici.
Et pour le plaisir de voir d'autres belles dames aux belles engageantes : ici Marie Leczibnska par Jean Marc Nattier, ici Dorothy Quincy par J Singleton Copley, et  Davig Garrick et sa femme par William Hogart





Et si nous nous remettions à porter des engageantes ?

Pas en dentelle ou en broderie blanche, non.

Mais pourquoi pas  des chemisiers  ou même des  t shirt aux manches mi longues, avec des engageantes en tissus de fantaisie,  de matières et de couleurs différentes, ornés de broderies, breloques, boutons.....
Il y a quelques créatrices dont je visite souvent les blogues ... et qui j'en suis sûre, feraient ça très bien ....





Une partie de la bibliographie utilisée pour cet article :
Le costume Français - Jacques Ruppert
Dentelle - Anne Kraatz
Histoire de la mode et du costume - James Laver
Catalogue de l'exposition Mode en dentelle - Musée de la mode et du costume de la Ville de Paris.1983
Embroidered with white by Heather Toomer

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