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14 janvier 2010 4 14 /01 /janvier /2010 19:55

chebka50 p250


Je me permet de vous "infliger" une petite suite à mon article sur la Chebka pour vous parler d'une dame dont je ne connais rien d'autre que ses modèles de dentelle

... mais quels modèles !



Je vous ai déjà raconté que sous le protectorat français, la dentelle Chebka trouvait ses débouchés en France bien sûr mais il fallait pour cela qu'elle se plie au goût européen .... qu'elle renie un peu ses origines.

Pour que le dentelle Chebka plaise, on lui donnait un faux air de Venise ou de Cluny, comme le petit bavoir rose que je vous ai montré dans l'article précédent, ou comme ce napperon ovale que l'on peut vraiment prendre pour du Cluny.

chebkacluny p300




Oh oui, c'est joli ...  très joli ... mais tellement passe partout, ça ressemble tellement à toutes ces dentelles commerciales qui se sont faites par milliers au XIXème et début XXème siècle, 
ces dentelles qu'on voit ... et qu'on oublie.





Et puis j'ai découvert les modèles créés par Madame Seyrig.

Avec beaucoup de sensibilité,  avec un dessin assez moderne et innovant pour l'époque, cette dame a su garder à la Chebka toute ses spécificités techniques, ses motifs et points traditionnels,

mais surtout elle lui a laissé son âme,
sa culture,
ses racines,
ses paysages
.



Il y  d'abord
ce magnifique rideau des mille et une nuits
que j'ai mis en tête de ce billet.



et puis il y a ....

chebka52 p500


Mosquée Kairouan p300




Il y a par exemple ce grand chemin de table, dans lequel je vois la cour et les dômes d'une mosquée, 
la mosquée de Kairouan bien sûr.













chebka51 p350



chebka 031 p200
















  Il y a ce napperon aux rudes motifs anguleux, dans lequel je retrouve les motifs rouges des poteries  modelées et peintes par les femmes de Sejnane








chebka ksar p500Ribat Sousse p250






Il y a  cette grande nappe, où je vois des Ghorfas, ces greniers à étages qui servaient à garder le grain, les olives ...


ou bien j'y vois encore les rempart des vieilles citées, comme ceux du ribat de Sousse













il y a ... oh il y en a encore bien d'autres ....
mais si je mets trop d'images, mes lectrices se plaignent que l'article met trop de temps à s'afficher, alors ... 






Merci Madame Seyrig. vous avez su résister aux motifs stéréotypés, vous avez su, tout en lui gardant son âme arabe, créer pour cette dentelle des dessins nouveaux (comme d'autres l'ont fait pour d'autres dentelles en France ou en Allemagne à la même époque à peu près).

Je ne sais pas si vous avez pensé réellement à tout ça en faisant vos dessins, mais je suis certaine que vous deviez beaucoup aimer la dentelle ...  et beaucoup aimer la Tunisie 



Pardonnez moi la très mauvaise qualité des photos, mais je n'avais que ça : ce sont en fait des photocopies d'un livre de 1931 "Dentelles et Broderies Tunisiennes" par A Deplanche ..... livre que j'aimerais bien un jour trouver "en vrai" , livre qui m'a permis, entre autre de découvrir cette créatrice.


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14 octobre 2009 3 14 /10 /octobre /2009 17:10






Dans "l'Europe de la Dentelle", Martine Bruggeman fait allusion à la dentelle de Monóvar en quelques lignes :

"Certaines petites villes des provinces de Valence et d'Alicante avaient une industrie dentellière non négligeable: Monóvar, Alcoy et Novelda ... .... ...La spécialité de Monóvar était la dentelle d'incrustation pour le linge de maison".

Voilà tout ce que je savais de Monóvar il y a un mois, et puis un jour, mon amie Claudia qui habite dans ce  village, à 40 km d'Alicante, me dit dans un mail qu'à l'occasion d'une fête locale elle venait de faire de la dentelle toute la journée avec d'autres dentellières sur "le balcon" .... 

Le balcon ?  quel balcon ? qui sont ces dentellières ?   une association ?
Je lui ai donc demandé de me "raconter" la dentelle de chez elle.



Elle m'a raconté ...

j'ai beaucoup aimé ...

et je lui ai demandé la permission de vous faire partager l'histoire de la dentelle, et de l'école de dentelle de Monóvar.

J'insiste donc sur le fait que cet article est à 99% signé CLAUDIA, j'ai repris ses mails tels quels, sa façon de raconter est tellement vivante , j'ai juste fait la mise en page et rajouté 2ou 3 mots par ci par là.




La mairie de Monóvar essaie de reprendre les anciennes traditions de quartiers, et pour la fête locale, les dentellières se sont réunies pour travailler exactement là où se réunissaient leurs grands mères il y a 100 ans.
C'est un endroit très pittoresque qui s'appelle "El Balcon". C'est magnifiquement fleuri, devant des "grottes" qui sont encore habitées, il y a des figuiers de barbarie partout et on peut contempler tout le village .


Faire de la dentelle avec ce paysage sous les yeux !!!! vous imaginez ?




En 1949 s'ouvre à Monóvar une école pour les fillettes de 6 à 12 ans. Elles y apprennent les bases de la dentelle Torchon .
La plupart de ces fillettes ont une soixantaine d'années maintenant, et aucune n'a plus jamais fait de dentelle (Randa). Il faut dire que c'était un apprentissage obligatoire ... et donc cela n'incitait pas à retenir grand chose, et encore moins à aimer !



Elles y apprenaient d'abord une petite dentelle coquille, c'est la Peladilla (dragée en français).
En deuxième année elles y ajoutaient des grains d'orge (milano) et des points à la vierge (Punto de la virgen).
Elles n'apprenaient ni à commencer ni à terminer leur dentelle.
Elles savaient cependant "remonter" leur dentelle quand elles étaient arrivées en bas du carton : elles mettaient tous les fuseaux dans un petit sac bien serré, et repiquaient ensuite les épingles dans les trous en haut du coussin.

Pour leur communion, ces fillettes faisaient un petit mouchoir, mais c'est leur professeur qui tournait les angles, et une autre dame aponçait et cousait le tissu.



Bien sûr, les fuseaux étaient tournés par des artisans du village (on voit des fuseaux de Monóvar  sur la photo du coussin de Claudia un peu plus bas). 
Ces fuseaux on entre 15 et 17 cm, ils sont bruyants, d'où leur charme.
Il y a une dizaine d'années, quand on passait dans la rue, on entendait encore le bruit des fuseaux  maniés par les fillettes de l'école . Le "chant" des fuseaux de Monovar  avait même un nom : le "rebolica", et les fillettes chantaient en travaillant.

Maintenant il n'y a plus de petites filles dans cette école, mais il y avait encore 6 personnes adultes il y a encore deux  ans.... dont Claudia.
Et oui, Claudia a appris les bases de la dentelle dans la seule école officielle qu'il reste en Espagne (le professeur était payée par l'état).






A Monóvar , on travaille sur un coussin (bolillero ou mundillo) en paille bien serrée ,et recouvert d'un tissu.

On ne tient pas les fuseaux par dessous. Ils sont posés sur le coussin, et glissent sur un morceau de bristol.

Un petit morceau de tissu, accroché en haut du coussin est rejeté à l'arrière quand on travaille, et sert à protéger la dentelle quand on arrête.
En épinglant bien ce petit drap, cela permet de maintenir les fuseaux pendant le transport.


Il y a une petite vidéo qui permet de voir tout ça.
cliquez

Le fond Torchón se travaille en passées tordues ( CTCT.CTCT au lieu de CT.CT), c'est à dire qu'il correspond à ce qu'on appelle fond épingle close du Velay ou fond Bruxelles.










L'école était aussi un atelier qui donnait du travail à de nombreuses dentellières.

L'école fournissait les fils, les patrons sans dessins (seulement les trous) et les dentellières travaillaient chez elles pour l'école-atelier.

Elles étaient payées au mètre, mails il y avait aussi les chevronnées qui faisaient des napperons, des mantilles, des mouchoirs pour Santa Bárbara , la patronne de l'Ermitage (photo du début de l'article), et qui travaillaient même pour les rois d'Espagne (oui oui !!! Don Juan Carlos et Dona Sofia !!!).
Certaines ont même reçu des prix de "Meilleure Dentellière d'Espagne"




Les dentellières travaillaient dans les rues, face au mur contre lequel elles appuyaient leur coussin.
Il pouvait aussi être appuyé au dos d'une chaise ou sur un pied  .







Le mari de Claudia lui a raconté que les rues de Monóvar étant très escarpées, les dentellières d'antan avaient des chaises adaptées à leur coin de mur, c'est à dire des chaises avec des pieds plus courts d'un côté que de l'autre ! 



Claudia dit "Randa", moi je croyais que dentelle se disait "Encaje" en espagnol.
Elle m'a donc expliqué qu'on disait effectivement Encaje en Espagnol (ou plus exactement en Castillan) et Randa en dialecte local de Valence.
A Madrid, on dira donc Encaje.
A Valance, Alicante et Monovar, on dit Randa.

L'origine du mot Randa est d'ailleurs la même que celui du mot Dentelle.
Dentelle vient du mot "dent" (en référence au bord dentelé) et sa traduction exacte serait "Puntilla" .
Punta veut dire "bord dentelé" , si le bord est droit on dit "entredós", entre-deux en français.

Voilà, Claudia et moi esperons que ce petit voyage vous a plu !





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16 août 2009 7 16 /08 /août /2009 08:00

 



Mesdames et Messieurs,

nous allons assister aujourd'hui à un grand match opposant

l'équipe d'Argentan entraînée par le célèbre Lefébure,

contre l'équipe d'Issoire accompagnée de son entraîneur Lescure.



Dans ce match à l'aiguille, l'équipe d'Argentan est bien sûr donnée favorite, mais le challenger est bien décidé à se battre jusqu'au bout !



Dans une revue de 1909 (non, non, pas une revue sportive) il est question du 3ème concours organisé par "Dentelle de France".
"Dentelle de France" était une association, un groupe de "femmes de goût" dit l'article, qui s'était donné comme mission de sauver la dentelle à la main face à la dentelle mécanique.

Ce qui est tout à leur honneur, c'est qu'elles avaient compris qu'il était inutile de copier toujours et encore les dentelles anciennes, et les concours qu'elles organisaient visaient à utiliser les techniques classiques, mais à "les rénover en des compositions inédites" .

Elles voulaient des dentelles qui puissent être utilisées en décoration d'intérieur ou dans l'habillement, la mode de l'époque étant encore très consommatrice de dentelles.

Mais elles insistaient pour avoir  des compositions innovantes et modernes.

Vous souriez peut être à l'idée d'une composition "moderne" de 1909, et pourtant ....


Cette année là, les candidats pouvaient faire :

une écharpe,  une nappe à thé,  un mouchoir ou bien encore un dessus de coussin.






Pour les écharpes, le deuxième prix a été décerné à cette pièce à l'aiguille présentée par les célèbres établissements Lefébure en Normandie, et  exécutée par les ouvrières de l'école d'Argentan.

Comme toujours dans les dentelles Lefébure, c'est d'une virtuosité et d'une perfection technique indiscutable, on s'accorde pour dire que "c'est très joli" ....  mais là, je trouve que le résultat est banal.
Où est l'innovation ?

Nos "femmes de goût" lui ont quand même décerné un prix .... et un autre prix à un mouchoir que l'article lui même dit être très classique
(et dont je ne vous montrerai pas la photo .... par conviction personnelle )

Pfffff  les décisions de l'arbitre ne sont pas toujours compréhensibles !


Mais pour l'instant le score est donc en faveur d'Argentan :    

Argentan  2       Issoire 0

Issoire va-t-elle réussir à remonter le score en deuxième mi-temps ?


Ma belle découverte  dans cet article, ce sont les dentelles dessinées par un certain Monsieur Lauret, et exécutées par les élèves de la "Gergovia".

La Gergovia était une école de dentelle qui fut fondée en 1906 par M. Lescure, marchand de dentelle à Paris. On y enseignait aussi bien la dentelle aux fuseaux que la dentelle à l'aiguille. L'école a fermé en 1914 , à la mort de son fondateur.

Voici trois pièces proposée lors de ce concours, toutes trois dessinées par M. Lauret et exécutées par la Gergovia :


Une dentelle pour coussin (1er prix)
L'article dit qu'il s'agit d'une   "composition délicate et savante; ses ornements floraux sont élancés et déliés et les jours sont répartis avec bonheur"

Je  trouve effectivement qu'il est très élégant et a beaucoup d'allure. Moi qui ai la possibilité de regarder la photo (même mauvaise) à la loupe, je suis sous le charme. Il y a de l'élégance, du relief, de la force.





Cette  nappe à thé obtint le deuxième prix
et l'article dit :  "elle possède un décor archaïque très vigoureux".

Et bien oui, la dentelle, ça n'est pas forcément des petites guirlandes de fleurs et des petits papillons, une dentelle peut avoir de la VIGUEUR !






Enfin, voici la photo d'un deuxième coussin bien qu'il n'ait pas eu de prix.
Je trouve la dentelle, et notamment les motifs en croissants, magnifiques.
La bande de broderie au milieu va très bien avec l'ensemble, mais par contre je suis moins convaincue par la broderie qui est autour.
Cependant, on voit la broderie noire sur la photo, alors que l'article dit qu'elle est en soie jaune d'or, et peut être le rendu était-il très différent en réalité.


Alors, qu'en pensez vous de ces trois dentelles ?

Même si la qualité des photos ne permet pas d'apprécier le détail, on peut malgré tout juger de la composition.

Ca plait ....  ça plait pas ....  mais ce sont trois dentelles originales, uniques, elles ont un mouvement et une force indéniables.

Quand je vous disais qu'il ne faut pas sourire de la "modernité de" 1909
 Même en 2009, peut être certaines d'entre vous ont-elles eu un petit mouvement de recul devant ce type de dentelle inhabituel, très dense, notamment la nappe à thé ?
Mais regardez la encore, et vous verrez, plus on la regarde, et plus on l'apprécie.

Il y a peut être malgré tout des maladresses, quelques lourdeurs, mais au moins M. Lauret a osé.
Il a essayé de donner une nouvelle vie à la dentelle, de lui donner sa place dans les mouvements artistiques de son époque.
A une dentelle qui au XIXèmesurtout se contentait souvent d'être élégante, raffinée et jolie, il a voulu donner du caractère, de la personnalité, au risque de choquer.

Et je suis sûre que dans quelques temps, vous vous souviendrez de ces 3 dentelles d'Issoire, alors que le motif de l'écharpe Lefébure, c'est moins sûr .... d'ailleurs déjà là, maintenant, tout de suite, vous souvenez-vous de son dessin, de sa composition .... pas très bien, n'est-ce pas ?

Les "femmes de goût" ont décidé qu'il y avait match nul, elles ont décerné 2 prix à chacun

Argentan contre Issoire - Match nul : 2 partout

Je pense surtout qu'elles étaient fines politiques :
L'article dit que l'association était soutenue entre autre par le député de Normandie .... peut être sa présence et la célébrité des établissement Lefébure ....
D'autre part, M. Lescure, fondateur de la Gergovia, était président de la chambre syndicale des dentelles et broderies de Paris, alors  ....




En tout cas moi, sur ce match de 1909, 
 je donne Issoire gagnant haut la main
pour son effort de recherche et d'innovation évident !!!!!




Et vous, si vous aviez été une de ces "femmes de goût"
 (ce que vous êtes d'ailleurs    !),
pour qui auriez vous voté ?




Si vous voulez en savoir plus sur la dentelle à l'aiguille d'Issoire et l'histoire de la Gergovia, vous pouvez consulter ICI le livre "Dentelle de France" de M Fouriscot, un chapitre leur est consacré.

Ou encore
LA dans un ouvrage collectif sur l'Auvergne.



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1 mai 2009 5 01 /05 /mai /2009 09:30




Pour vous, un brin de muguet de mon jardin,
mais juste en photo, car il était tellement tendre, blotti dans la rosée, si bien caché ... que je n'ai pas eu le courage de le cueillir et je vais le laisser vivre sa vie de "brin de muguet libre".


Attendez d'avoir un petit moment de tranquillité devant vous pour suivre les liens proposés dans cet article, car je vous offre une ballade sur le net, à travers des blogues ou sites amis, à la recherche non pas du muguet, mais des dentelles contemporaines.


Vous êtes bien installé(e)s ?  La visite peut donc commencer.


Le Festival d'Honschoote (mars 2009)

Chez Rosanna, un reportage sur le festival d'Honschoote avec une page spéciale de créations contemporaines 
Pensez à cliquer sur "détail" pour admirer par exemple toutes les tonalités de l'éventail de Marie Paule Huyghe, ou les libellules de Muriel Verbrugghe. 

(un petit coucou perso à  Véro Zim , aussi bonne dentellière aux fuseaux qu'à l'aiguille !! )
ICI

D'autres photos sur le site des organisatrices (n'hésitez pas à cliquer sur les photos pour les agrandir )
ICI



L'exposition "Art mural textile : la dentelle contemporaine" au Musée textile de Haute Alsace.

Karine nous propose de la visiter avec de très belles photos (mais vous avez jusqu'au 6 septembre 2009 pour y aller vous aussi)
Cette exposition vous permettra d'admirer des oeuvres de Marie-Thérèse Bonniol, Didier Noisetier, Catherine Parfait-Mazé, Pierre Varenne et Danièle VanschelleMarie
ICI
Sur le site du Musée, en bas à droite, une autre oeuvre de Pierre Varenne
ICI



Le congrés des dentellières allemandes à Villingen (avril 2009)

La dentellière Mosane nous propose un petit reportage.
Regardez entre autre les deux dernières photos, avec l'interprétation d'une peinture en dentelle, j'aime beaucoup aussi la dentelle juste au dessus, ainsi que les deux dentelles de Flandre en haut, et  ..... enfin, bref, regardez TOUT, c'est plus simple ...
ICI

D'autres photos chez Roselyne
ICI

Et enfin bien sûr vous pouvez faire défiler les photos du reportage des organisatrices sur le site du Deutscher Kloppelverband
ICI
(j'ai vu qu'il ont édités de nouveaux livres .... dont un sur le Flandre .... vais pas tarder à me ruiner, moi, je l'sens ...)





Peut être n'êtes vous pas sensible à la dentelle contemporaine ?
Pour tout vous dire, je ne l'étais pas non plus pendant très longtemps, ce n'était pas pour ça que j'avais  voulu apprendre cette technique, c'était pour les dentelles d'autrefois.

Mais petit à petit , l'oeil s'habitue, devient réceptif à une oeuvre ...  et puis à une autre ....
Et surtout, quand on veut commencer à créer ses propres dentelles, on se dit à quoi bon refaire des modèles identiques à ceux faits dans le passé ? Nous vivons dans un autre siècle, nous avons d'autres choses à exprimer, nous devons parler notre propre langage, inventer la dentelle de NOTRE époque.

 Et c'est ce que ces artistes arrivent à faire, ils osent, ils retravaillent la dentelle, ils essayent de nouveaux matériaux, des techniques "folles" ....   quelle imagination !
Tout ne me plaît pas forcément pour autant, mais il y a des choses tellement belles ...  que je me sens toute petite.

Comme je le répète souvent, la dentelle est une permanente leçon d'humilité !

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26 avril 2009 7 26 /04 /avril /2009 12:12




A travers cet exemple d'angle réalisé selon le principe exposé dans l'article précédent ( Créer un angle pour une dentelle linéaire) , je voulais vous faire découvrir un petit livret que j'aime beaucoup et qui propose des dentelles Torchon Salzbourgeoise du 19ème siècle.



"Salzburger Klöppelspitzen Reihe"  de Monika Thonhauser (*)

C'est un livret (grand format !) qui propose 8 modèles de dentelles Torchon  du Musée Folklorique de St Gilgen.
Elles sont travaillées en lin 60/2 ou 80/2, font de 8cm à 20cm de large, et demandent de 35 à 94 paires de fuseaux.



Je me souviens qu'autrefois, je n'achetais pas certains livres, sous prétexte qu'il n'y avait pas les angles,  même si les dentelles proposées était superbes.
Et du coup, je préférais acheter des livres ordinaires, avec des modèles ordinaires, sous pretexte qu'il y avait des angles.
Avec ce principe, je serais passée à côté de l'ouvrage de Monika Thonhauser .

Ne vous laissez pas impressionner par le nombre de fuseaux, ce sont des dentelles très simples, à bord droit, avec juste les points classiques de la dentelle Torchon (mat, grille, fond à la rose, fond mariage et fond épingle close). Les motifs sont cernés d'un très gros cordon.

Bien sûr, plus il y a de fuseaux, plus c'est long à faire, mais ce n'est pas plus compliqué.
De toutes les façons, la dentelle .... c'est long à faire. 
Alors autant passer quelques heures de plus et faire une pièce exceptionnelle, originale, de qualité, plutôt que de passer un peu moins de temps et faire la dentelle banale que l'on retrouve partout, dans tous les couviges.
Croyez moi, votre satisfaction ne sera pas la même.

Pour en revenir à notre ouvrage, je trouve que, malgré, ou plutôt grâce à leur simplicité, ces modèles ont une très grande classe.
Ils sont loin de ces modèles de dentelle Torchon  "fourre tout" que l'on trouve aujourd'hui, où les créateurs se plaisent à faire des dessins très compliqués, pour montrer leur virtuosité et leur connaissance de centaines de fonds différents, avec comme résultat un dentelle "embrouillée", sans véritable dessin qui accroche le regard.


Bon ... ça, c'est ma vision personnelle ... chacun fait ce qui lui plait bien sûr.




(*) Salzburger Klöppelspitzen Reihe - Monika Thonhauser - Heimatkundliches Museum St. Gilgen
Le livret comprend de très belles et grandes photos, les cartons, les schémas en couleur . Il est en plusieurs langue, dont le français.
C'est loin d'être une nouveauté (1998) mais on le trouve encore chez Barbara Fay entre autre :  http://www.barbara-fay.de/j/

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6 mars 2009 5 06 /03 /mars /2009 19:50



Vous êtes sûrement très nombreuses à connaître le Musée de la dentelle de Retournac.


Vous le connaissez sans doute au moins pour ses pochettes de modèles anciens : de superbes modèles, une mise en carte parfaite, avec au dos l'histoire du modèle, son origine,  le tout très joliment présenté .






(Photo Musée de Retournac)


Mais Retournac, c'est d'abord un Musée abrité dans deux anciennes manufactures de dentelle,
Ce sont des collections de dentelles, de dessins, d'outils, de métiers à dentelles mécaniques, etc.
C'est la préservation des techniques, du savoir faire, de la mémoire de l'industrie dentellière.
Ce sont aussi des cours, des démonstrations, des colloques, des publications ...




J'ai découvert le travail de recherche de l'équipe de Retournac à partir d'une de leur publication : "Rose Ouilhon, leveuse de dentelle".
Je ne résiste pas à l'envie de vous en parler tellement la lecture de cet ouvrage a été un vrai moment de bonheur.
J'ai réalisé  tout d'un coup que l'industrie dentellière, ce n'était pas de la préhistoire, c'était hier, elle est encore toute chaude !
Une des dernières leveuses de dentelles faisait sa tournée ... en moto !!!

Un délice ce petit livre : on apprend beaucoup, on est touché (et on ri souvent) devant tous les témoignages, les objets, les documents présentés.




Si vous ne connaissez pas le Musée de Retournac, si vous voulez voir leurs nombreuses activités, et toutes les merveilles qu'ils nous proposent,

allez visiter leur très joli site    ici 



Mais personnellement, ce que j'admire le plus dans le travail de l'équipe de Retournac, c'est qu'ils ne sont pas uniquement les conservateurs de la dentelle ancienne : ils  ont une formidable énergie qui permet à la dentelle de rayonner, de s'exprimer de mille façons, de tisser des liens avec d'autres pays, d'autres artistes.
Ils accueillent à bras ouverts la dentelle actuelle, la dentelle moderne, à travers de superbes expositions d'art contemporain

Admirez par exemples ce qui est présenté dans ce document :  ici
(Avez vous vu la boite d'insectes en fil électrique ?)


Vous avez  tout vu ? la dentelle ancienne ? la dentelle contemporaine ?
Alors je suis tranquille, vous venez de passer un très bon moment !

Mais sachez maintenant que tout ce travail est en danger.
Oui, si je vous en parle aujourd'hui, c'est parce que je viens d'apprendre que cette formidable aventure, toutes ces recherches, ces projets, risquaient d'être stoppés, faute de financement.

J'espère que tous les intervenants trouveront une solution, qu'ils se rendront compte de la chance qu'ils ont d'avoir un tel patrimoine, et un patrimoine si intelligemment mis en valeur.

 (Pour plus d'explications sur la situation, vous pouvez regarder l'édition de France 3 du mercredi 4 mars en cliquant   ici  -  début du reportage à 2mn45  )



Ce petit article n'a d'autre but que d'apporter mon modeste soutien à l'équipe du Musée, de clamer haut et fort combien j'apprécie tout ce qu'ils font, et combien je compte continuer à en profiter !

N'hésitez pas à leur apporter votre soutien à l'adresse mail suivante :
musee@ville-retournac.fr


(photo Musée de Retournac)


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24 février 2009 2 24 /02 /février /2009 21:00



Je voudrais vous faire découvrir une grande dentellière : Leni Matthaei.

Si la dentelle allemande aujourd'hui est aussi vivante,  aussi créative, c'est un peu, c'est même beaucoup grâce à elle (1).

Leni Matthaei est née en 1873 , elle a donc commencé à faire de la dentelle à un moment où l'industrie dentellière était condamnée par la mécanique et par l'évolution de la mode.
Il fallait  donner une nouvelle vie à la dentelle, une autre chance.

Leni Matthaei a eu envie de "libérer" la dentelle, de la débarrasser de toutes ses couches, de tous les rajouts ornementaux accumulés à travers les siècles, de toutes les règles techniques contraignantes, il fallait retrouver la pureté des points de base et leur donner une expression nouvelle.
Avec elle (et d'autres) la dentelle qui ne pouvait plus être une industrie, a fait ses premiers pas dans l'artisanat d'art.
Terminés les motifs traditionnels, gracieux, élégants, mais si "standardisés", les dentelles allaient devenir des oeuvres uniques et expressives.

On aimera plus ou moins chacune des créations de Leni Matthaei, mais toutes témoignent de ses recherches : comment utiliser de façon novatrice les points de dentelles, même les plus simples .... et surtout les plus simples.




Sa dentelle nous interpelle, elle nous accroche, elle nous provoque, elle fait parler notre imaginaire.
Ce que je trouve extraordinaire dans ses oeuvres, c'est le mouvement , comme sur cette photo .
Le titre de cet ouvrage est "Strom".
Je ne connaissais pas la signification de ce mot, je viens de l'apprendre : "Courant " ; et pourtant, depuis toujours j'ai vu dans cette dentelle une coulée, la coulée d'un glacier, le lit d'un fleuve.  Preuve que le langage de la dentelle  est universel.


Pour une créatrice de dentelle, les ouvrages de Leni Matthaei sont une source d'inspiration et d'idées inépuisable (et beaucoup de créatrices actuelles sont ses "filles", je pense notamment à Brigitte Bellon que nous sommes nombreuses à apprécier et qui s'est beaucoup inspirée de Leni Matthaei).
Je ne peux pas mettre toutes les photos de ses oeuvres, j'espère seulement vous avoir donné envie d'aller à sa rencontre, d'aller voir les sites et les livres indiqués à la fin de l'article.

Vous aimerez, vous n'aimerez pas, mais vous ne pourrez pas être indifférente.



Voici une photo que j'aime beaucoup de Leni  : elle est là, droite, élégante, l'esprit vif, la répartie au bord des lèvres, le coup de crayon assuré et toujours aussi novateur, et elle a ..... 105 ans sur cette photo !

Oui, amies dentellières, Leni a continué à dessiner et à denteler jusqu'à sa mort, en 1981, à 108 ans !


Alors nul n'est besoin pour nous d'investir dans une console nintendo DS avec le "programme d'entraînement cérébral" d'un docteur inconnu : nous avons nos fuseaux, et visiblement ...  ça conserve ! 












Pour voir d'autres oeuvres de LM, vous pouvez aller sur le site de Rosanna, et voir qq photos du dernier congrès des dentellières allemandes (dont un des fameux napperons "corail"), cliquez      ici
Une autre dentelle de LM en cliquant ici
Et enfin voir les trois dernières photos de l'article que vous lirez en cliquant ici







Voici 2 livres consacrés à Leni Matthaei, les deux sont épuisés ... il faudra donc fouiner sur le net :
Leni Matthaei ein Leben für die Klöppelspitze. Auteur Inge Möhlensiepen. Editeur M & H Schaper- Hannover 1980.
Ce livre est en allemand, je ne connais pas l'allemand, les photos sont de très médiocre qualité .... et pourtant je ne me lasse pas de le regarder.

Deutsche Klöppel-spitzen von Leni Matthaei -  Editeur: Verlag für die Frau - Leipzig 1995
48 petits modèles de Leni Matthaei, avec les cartons (explications en allemand)

(1) un MAGNIFIQUE livre édité par le Deutscher Klöppelverband témoigne de l'extraordinaire créativité des dentellières allemandes de 1950 à 2000.
Encore un livre que je serais capable de feuilleter tous les jours. Vous y trouverez plusieurs photos de dentelles de Leni Matthaei.
Le titre de ce livre : Klöppelspitze in Deutschland ihre Weiterentwicklung von 1950 bis 2000
Vous pouvez vous le procurer sur le site du Deutscher Klöppelverband.
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